Corine et Valérie sont des passionnées de voyages d'aventure. Elles ont participé à la Grande randonnée autour du Mont Blanc, un trajet qui comprend les zones frontalières de l'Italie, la Suisse et la France.
(Photos: Courtoisie)
Trophée Roses des sables
Deux Lanaudoises remportent la 3e place du rallye
Corine Trudel et Valérie Coutu. Deux noms mais une même passion : le voyage d’aventure. Et quelle aventure! Le dernier les a mené en 4x4 jusqu’au désert du Maroc à l’occasion du rallye organisé pour décrocher le Trophée Roses des sables. Elles reviennent avec la troisième place. Tout un exploit pour ces deux jeunes femmes originaires de Lanaudière!
Quand action et aventure s’accordent au féminin! Tel est le leitmotiv trouvé par Désertours, l’organisation française chargée d’inscrire des volontaires à ce rallye qui impliquant une vingtaine d’équipes de filles qui franchiront obstacles et épreuves pendant six jours. Près de quatorze jours sont toutefois nécessaires pour participer à cette folle randonnée dont la sixième édition avait lieu du 10 au 21 octobre. Les filles, en équipes de deux, partent de la France et se rendent au Maroc avec leur 4x4. Pour Corine et Valérie, les choses se compliquaient un petit peu plus car elles partaient du Québec alors que la plupart des concurrentes sont Françaises tout comme l’organisation de l’événement annuel. Les deux compères devaient donc se rendre en France, puis à Bordeaux, d’où chacune des équipes démarrait avec bagages et réserves alimentaires. Puis, en une journée et demie, Corine et Valérie devaient atteindre Algéciras, au Sud de l’Espagne. Le lendemain, elles prenaient le traversier jusqu’à Ceuta, au Maroc. Une fois arrivées, elles se rendent à Erfoud et c’est là que débuteront les épreuves le lendemain.
Début du rallye. C’est à partir d’un « roadbook » et d’une boussole que les filles établissent le plan de match de leur journée. Elles ont trois étapes à franchir et doivent trouver le chemin toutes seules à partir d'un « roadbook », peu d’entre elles étant familières avec l’environnement désertique du Maroc. Elles risquent de se perdre en plein désert, d’avoir de mauvaises surprises mécaniques et même de se retrouver complètement hors piste, ce qui les mettrait hors compétition. Les participantes doivent donc faire preuve de beaucoup de présence d’esprit et travailler en partenariat. « C’est un travail d’équipe tout au long. La copilote doit diriger la pilote sans qu’elle doive s’arrêter », explique Corine qui occupait justement le poste de copilote, rôle tout aussi important que celui de pilote car une seule erreur ou un simple arrêt en plein milieu du désert pourrait hypothéquer le reste de la course.
L’événement relativement récent fait de plus en plus d’adeptes au Québec. Sur les 28 équipes participantes en octobre dernier, huit provenaient du Québec. Les deux compères de 27 ans étaient, quant à elles, rassurées sur le sérieux de l’aventure du Trophée Roses des Sables, Jean-Jacques, le principal organisateur, l’ayant lui-même réalisé dix fois en plus d’avoir participé à la célèbre course Paris-Dakar.
« Il faut aimer l’aventure et ne pas avoir peur d’être déstabilisé pour faire ça », raconte d’entrée de jeu Corine Trudel.
Lever quotidien à 5h30 pour Corine et Valérie qui déjeunent rapidement et assistent ensuite au « briefing » journalier où leur est remis le plan de match de la journée avec trajet et épreuves à franchir. Puis, les équipes se mettent en file et décollent au signal.
Le soir, Corine et Valérie retrouvaient les autres filles pour partager le seul repas chaud quotidien avant de tomber dans un profond sommeil bien à l’abri sous le bivouac, la tente berbère.
Bien sûr, l’aspect aventure a fortement pesé dans la balance pour décider les deux amies à s’inscrire à ce rallye. De tempérament actif avec un petit côté impulsif, Corine et Valérie avouent avoir adhéré à ce projet sur un coup de tête. Immédiatement à la fin d’une soirée d’information expliquant le Trophée Roses des sables, elles se sont inscrites, faisant par le fait même un immense pari puisqu'elles devaient réunir la somme 18 000$ pour y participer. Rien de moins. Elles y sont parvenues. Et deux fois plutôt qu’une puisqu’elles en sont à leur deuxième rallye. Corine et Valérie ont participé à celui de 2003. Et contre vent et marées, les pluies et le vent faisant rage sur la région désertique cette année-là. Malgré cela, elles ont eu la piqûre dès la deuxième journée et se sont dit qu’elles le referaient. Cette année, en plus d’y participer, elles sont les représentantes pour le Québec. Les deux amies organisent des soirées informatives et répondent également aux questions qui leur sont posées par le biais de leur site web : canadassistanceroses@hotmail.com Elles organisent aussi des ateliers au Mécagliss où l’on transmet quelques rudiments sur les particularités de conduire dans le sable. Elles sont aussi à l’origine du tournage diffusé sur Canal Évasion principalement centré sur la participation des comédiennes Geneviève Laroche et Geneviève Néron. Corine a suivi l’équipe du tournage et a préparé les deux comédiennes. « Nous les avons prévenues à 48 heures d’avis qu’elles participeraient au rallye, se souvient Corine, ça les a placé dans une situation hors du commun. »
Corine et Valérie tiennent à souligner le volet humanitaire rattaché au rallye et qui comptait beaucoup dans leur décision d’adhérer au projet. Désertours demandent aux participantes d’amener 50 kilos de matériel destiné aux enfants du désert dans le besoin. Le matériel est remis directement aux familles et aux écoles. « Un soir, 45 enfants sont venus nous rejoindre et on leur a remis un sac à dos rempli de matériel et un repas leur a été offert. C’était la première fois qu’ils sortaient de leur village, raconte Corine. On ne parlait pas la même langue et pourtant on a eu du plaisir ensemble. » Une soirée marquante pour les filles. Le Trophée Roses des sables leur a laissé des souvenirs intarissables.
Valérie va repenser longtemps aux sensations qu’elle a vécu tout au long du parcours. « L’adrénaline qui dure toute une journée et l’interaction entre les deux partenaires. C’est merveilleux le sentiment d’avoir franchi toutes les étapes de la journée », répond t-elle lorsqu’on lui demande ce qui l’a marqué dans cette aventure. «Trouver le financement, c’est aussi une grosse partie de l’aventure et c’est une fierté pour nous que d’avoir réussi à le faire. »
« Le Maroc, c’est tellement beau, on y a vu des paysages impressionnants et tellement changeants », lance Corine. « On a fait de belles rencontres », ajoute-t-elle. « On a même mangé du foie gras en plein désert avec d’autres participantes», lance Valérie en rigolant.
Qu’est-ce que ça prend pour réussir ce rallye? « Beaucoup de détermination. Il faut avoir le goût de l’aventure », affirme Valérie. «Il faut accepter d'avancer sans savoir où l’on s’en va. Ça reste tout de même une compétition », affirme pour sa part Corine avant de préciser qu’on n’a pas la chance de participer souvent à un tel projet dans une vie.
Et la récompense de toute cette aventure? « De l’avoir réussi, répondent-elles en coeur. On est parti avec l’idée de relever le défi et on revient avec la troisième position. C’est la cerise sur le sundae. »
(Photos: Courtoisie)