Le multiculturalisme à la CSA, un travail d’équipe et d’intégration

La Commission scolaire propose un modèle unique au Québec

Olivia Nguonly olivia.nguonly@tc.tc
Publié le 4 mars 2011
Les membres du comité interculturel de l'école secondaire Jean-Baptiste Meilleur de Repentigny. Photo : gracieuseté

En 2008, lorsque le partenariat entre la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île et la Commission scolaire des Affluents (CSA) prend fin, les nouveaux arrivants que l’on dirigeait autrefois dans l’est de Montréal se retrouvent sans ressource. Joanne Lapointe, aujourd’hui conseillère pédagogique, responsable du service Vire-Vent à la CSA, prend en charge le dossier et met sur pied un projet unique au Québec.

« À l’époque, il y avait deux modèles existants au Québec : la classe d’accueil et l'intégration en classe régulière avec service de francisation à la leçon, les deux ne me convenait pas pour différentes raisons. J’ai donc inventé le modèle transitoire : le service Vire-Vent », raconte Mme Lapointe.

Son « bébé », comme le qualifie la responsable du service, voit le jour en février 2009 et accueille aujourd’hui 300 élèves qui éprouvent des difficultés avec la langue française. « On y retrouve entre autres un haut pourcentage d’Haïtiens, des enfants dont la langue maternelle est l’espagnol et des enfants adoptés. Nous avons une belle clientèle.»

La mission du service est d’apprendre à l’élève à vivre en français. Dans cette perspective, Mme Lapointe apporte une précision : « Vire-Vent n’est pas seulement une question de langue, mais aussi une question d’intégration. Bien intégrer les nouveaux arrivants, c’est s’assurer d’une belle société et de réussites sur le plan académique. »

Vire-Vent au quotidien

Au niveau primaire, l’élève fréquente la classe Vire-Vent trois jours par semaine, de 10h à 14h environ. Il est ainsi présent dans sa classe d’origine environ une heure le matin et une heure à la fin de la journée pour lui permettre de poursuivre son intégration à son milieu de vie. Les élèves sont voyagés par la commission scolaire.

« À l’école secondaire Jean-Baptiste-Meilleur c’est différent, puisqu’on intègre l’élève au fur et à mesure dans des cours où son niveau de français ne lui nuit pas, en éducation physique par exemple, explique l’instigatrice du projet, on y va selon leur besoin. »

Deux comités interculturels à JBM

Constitués de membres issus de différents secteurs de l’enseignement et de nationalités multiples, les membres des comités interculturels cherchent à valoriser l’ouverture à la différence, la tolérance et le partage.

Afin d’y parvenir, un enseignant a été dégagé de sa tâche pour favoriser l’intégration des jeunes provenant de pays différents et plusieurs projets sont organisés en ce sens.

« Nous avons préparé une dégustation de mets de différents pays, une parade de drapeaux, une activité de poésie, un spectacle de musique cubaine, etc. », énumère Martine Turnier, directrice adjointe à l’école JBM, secteur de l'adaptation scolaire (groupes en soutien émotif) et classe de francisation (Vire-Vent).

« Il y a une belle ouverture sur la différence dans notre école et si on a à intervenir, on le fait. Souvent ce genre de conflits découle d’un manque d’information et le message que l’on souhaite transmettre est qu’il est riche de connaître autre chose », poursuit-elle.

La directrice adjointe ajoute que le nombre de nouveaux arrivants connaît un boom depuis deux ans. Mme Turnier croit que ces derniers recherchent une certaine qualité de vie qu’ils ne retrouvent pas en ville.

« Ici, nous sommes dotés de bonnes écoles et la vie y est plus paisible qu’à Montréal par exemple. Les nouveaux arrivants y découvrent donc l’équilibre qu’ils cherchaient.»