Une hausse de 3 650 % en six ans pour le service Vire-Vent

Claude-André Mayrand claude-andre.mayrand@tc.tc
Publié le 12 mars 2015

Esther Emilia Garcia, 8 ans (à gauche) profite du service Vire-Vent depuis son arrivée du Venezuela, en septembre 2013. Avec son enseignante Ève-Marie Lalonde (à droite), elle est parvenue à apprendre à parler le français parfaitement.

©Photo TC Media – Claude-André Mayrand

ÉDUCATION. Offert depuis 2009, le service Vire-Vent a vu sa fréquentation augmenter de 3 650 % en six ans. Le service d'accueil, d'intégration et de francisation des immigrants de la Commission scolaire des Affluents (CSA) est plus utilisé que jamais, avec 300 élèves à sa charge, alors qu'il n'en comptait que huit lors de son année inaugurale.

Vire-Vent est un modèle d'intégration hydride unique au Québec.

Alors qu'ailleurs, notamment à Montréal, les classes d'accueil sont fermées, à Repentigny, les élèves de Vire-Vent fréquentent les classes régulières les lundis et vendredis, et les classes de francisation du mardi au jeudi, afin de favoriser leur intégration à la société québécoise. Et c'est ainsi pendant un an, parfois deux.

« Le simple fait que l'élève soit dans son école de quartier et qu'il vive les mêmes activités que les autres élèves de sa classe, c'est un très bon moyen d'intégration. On veut les accueillir en plus de les franciser. Les classes fermées de francisation ne le permettent pas », précise Annick Lévesque, conseillère pédagogique pour Vire-Vent.

Actuellement, Vire-Vent offre son service à cinq classes de primaire et deux de secondaire, en plus de suivre « sur la route » plusieurs élèves pour assurer un suivi de leur francisation.

Les élèves bénéficiaires du service proviennent de partout, d'aussi loin que la Russie ou la Turquie, mais majoritairement d'Amérique du Sud, du Maghreb et d'Haïti.

S'il est difficile de quantifier à quel point Vire-Vent est une plus-value pour attirer les familles immigrantes à Repentigny, on peut affirmer sans trop se tromper qu'il gagne en popularité en raison de la hausse de l'immigration dans la région.

«On a cette réputation que des gens viennent s'installer dans la région en raison des services offerts par la CSA », croit Éric Ladouceur, directeur des communications de la CSA

Défi organisationnel

Interrogée à savoir quels ont été les plus grands défis de Vire-Vent au cours de ses six années marquées par une progression fulgurante, Annick Lévesque revient sur les premières années d'existence, alors qu'une seule classe était offerte.

«Il a fallu qu'on s'organise rapidement et trouver des façons de faire pour accueillir tout le monde, explique-t-elle. Les défis qu'il y a eu à relever ont permis de mieux comprendre les besoins des élèves allophones. »

Parmi ces défis, il y a l'enseignement des matières scolaires régulières aux élèves de Vire-Vent.

« Les enseignants du régulier ont eu à adapter leur enseignement. C'était plus difficile au départ », ajoute Mme Lévesque, en parlant de la gestion des jeunes qui ne comprennent pas le français dans leurs classes.

Nouveau programme

Dès septembre 2015, Vire-Vent présentera à ses élèves un nouveau programme, Intégration linguistique, scolaire et sociale.

« Le service de francisation n'avait pas beaucoup de balises avant et on veut un programme axé sur la lecture et  l'écriture. On avait misé beaucoup sur la communication orale, mais on s'est rendus compte que rendu à l'école de quartier, il y avait des petites lacunes. Il faut peaufiner ça, mais c'est normal, c'est un service qui évolue », croit Annick Lévesque.