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Allaiter au-delà de deux ans, toujours tabou?

Une maman partage son expérience


Publié le 10 octobre 2017

Martine est fière de promouvoir ce qu’elle appelle non pas l’allaitement prolongé, mais plutôt l’allaitement non écourté.

©Gracieuseté: Photography by Katie-Marie

MATERNITÉ. «Tu allaites encore…»; voilà une remarque avec laquelle doivent souvent composer celles qui font le choix d’allaiter leur bébé au-delà d’un an. Mais ce genre de commentaire n’affecte en rien Martine Filiatrault, une maman qui concilie à merveille l’allaitement de son bambin de deux ans et son métier d’enseignante.

Pour Martine, l’allaitement s’est toujours avérer le choix d’alimentation le plus naturel qui soit pour son bébé. Elle était certaine de vouloir allaiter depuis sa grossesse. «Je ne me suis jamais fixé d’objectif, je me disais que c’était mon enfant qui allait être maître de ça. Souvent, le sevrage naturel se fait entre trois et sept ans.»

Martine est fière de promouvoir ce qu’elle appelle non pas l’allaitement prolongé, mais plutôt l’allaitement non écourté.
Gracieuseté: Photography by Katie-Marie

Il faut dire que dès le départ, l’expérience d’allaitement s’est avérée fort positive. «La prise de bébé a toujours été bonne, je n’ai jamais manqué de lait et j’ai une bonne production. C’est certain qu’il y a des moments où bébé boit plus souvent; on appelle ça les tétées groupées. À trois jours, trois semaines et trois mois, c’est un peu plus difficile, mais je me suis adaptée.»

La place de papa

Puis, quand le bébé devient bambin, la relation avec l’allaitement change. «Ce qui est l’fun d’allaiter un bambin c’est que la communication est différente. Lorsqu’on allaite un bébé, on se fie aux expressions. Plus bébé vieilli, plus on peut discuter ensemble. C’est plus facile de négocier.»

Pour Martine, l’allaitement devient aussi une façon d’aider son garçon à gérer ses émotions. «Lorsqu’il ressent de la colère ou de la tristesse, c’est intense pour son petit corps, il n’a pas encore la maturité émotionnelle pour gérer tout ça. L’allaitement ça aide, en générant  l’ocytocine et l’endorphine. Il peut ainsi calmer ses émotions.»

Et papa dans tout ça? «Moi, j’ai la chance d’avoir un mari d’accord d’aller jusqu’au sevrage naturel. Il y a tellement d’autres façons pour papa de participer au développement de bébé; le peau à peau, le portage… et lorsque maman tire son lait, papa peut donner le lait au gobelet.»

Allaiter et travailler

Celle qui enseigne à Repentigny ne voit aucun problème à poursuivre son allaitement tout en travaillant.

«Les mamans peuvent penser que le retour au travail est un obstacle à l’allaitement. Elles ont l’impression qu’elles doivent faire le sevrage avant d’aller travailler parce qu’elles se disent qu’avec la garderie, ça va être trop demandant; mais concilier allaitement-travail est beaucoup plus facile que l’on croit.»

Martine précise que son garçon mange et boit de l’eau à la garderie. Il se reprend pour le lait à la maison.

Le jugement des autres

Martine est fière de promouvoir ce qu’elle appelle non pas l’allaitement prolongé, mais plutôt l’allaitement non écourté.
Gracieuseté: Photography by Katie-Marie

Même si allaiter un bambin de deux ans peut être considérer comme atypique pour certain, Martine n’accorde pas d’importance aux remarques du public ou même de son entourage.

«Je trouve ça drôle que l’on considère ça comme étant atypique parce qu’autant Santé Canada que la Société canadienne de pédiatrie et l’Organisation mondiale de la Santé recommandent l’allaitement jusqu’à deux ans. C’est plate de voir que les gens se permettent de nous dire que l’on est bizarre.»

Et depuis deux ans, la famille de Martine s’habitue aux choix de cette dernière. «Mon conjoint, mon fils et moi, sommes adeptes du cododo et du portage… nous sommes beaucoup dans la proximité. Nous avons donc déjà confronté la façon de voir de nos proches. Maintenant, ils savent que peu importe ce qu’ils vont dire, on est à l’aise avec nos décisions.»

Martine est fière de promouvoir ce qu’elle appelle non pas l’allaitement prolongé, mais plutôt l’allaitement non écourté. Elle prenait d’ailleurs part au Défi allaitement, organisé récemment par Nourri Source, un fidèle organisme allié des mamans et des familles.

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