Changer nos habitudes de consommation un vêtement à la fois

Le magasin de simplicité volontaire de l'ESPA ouvre ses portes


Publié le 16 mars 2017

Les élèves de cinquième secondaire s'affaireront bientôt à mettre en place le magasin de simplicité volontaire.

©TC Media - Olivia Nguonly

RÉCUPÉRATION. Les élèves de cinquième secondaire de l'école Paul-Arseneau de L'Assomption auront du pain sur la planche la semaine prochaine alors qu'ils auront la responsabilité de transformer un local de classe en friperie. Pour une cinquième année, le magasin de simplicité volontaire accueillera le grand public le jeudi 23 mars, de 16h30 à 19h.

Le concept du magasin qui gagne en popularité année après année n'a rien de compliqué: tout ce qui s'y trouve se détaille au coût de 1$. Et celle qui est à l'origine du projet, l'enseignante Cathy Thibeault, mentionne que les élèves en difficulté y magasinent gratuitement.

On est plus sensibilisés à ça. Nos profs portent des vêtements usagés et nous le disent. Nous on trouve ça beau, ça aurait pu être neuf Laurianne, élève à l'ESPA

« Chaque année, on parvient à amasser près de 1000$ qui nous servent ensuite à venir en aide à nos familles qui éprouvent des difficultés financières, et nous en donnons environ pour une quantité équivalente », explique-t-elle en ajoutant que près de 5000 vêtements pour toute la famille seront mis en vente le 23 mars.

À ses débuts, Mme Thibeault reconnaît que le concept du magasin n'était pas facile à vendre. « On avait récolté 350$ et on était bien contents, mais il y avait beaucoup de jeunes qui avaient en tête que c'était juste les pauvres qui achetaient des vêtements usagés. Moi, je leur disais que ce sont plutôt les gens intelligents qui magasinent ainsi.»

Changer les mentalités

En peu de temps, les jeunes ont grandement cheminé dans leurs habitudes de consommation croit l'enseignante. « On est plus sensibilisés à ça, exprime Laurianne, une élève à ESPA. Nos profs portent des vêtements usagés et nous le disent. Nous on trouve ça beau, ça aurait pu être neuf.»

Quant à Titiana, elle est passée outre son préjugé pour le linge de seconde main car elle estime que c'est une manière de magasiner qui est devenue à la mode et elle est bien heureuse de dénicher des articles de marque à bas prix.

« Avec ce qui se passe dans le monde en ce moment, je réalise qu'on fait juste toujours acheter et consommer, mais je pense qu'on peut changer les choses et contrer ce mouvement», illustre Maude, qui organise avec ses amies des soirées durant lesquelles les filles échangent leurs morceaux de linge, plutôt que de courir les boutiques.

Les jeunes interrogés avouent aussi que depuis qu'ils paient eux-mêmes leurs vêtements, ils font davantage attention aux prix et apprécient particulièrement les soldes.

Au programme

Ce ne sont pas seulement les familles moins bien nanties qui gagnent au change avec la mise en place du magasin de simplicité volontaire, puisque les élèves impliqués abordent toute une thématique ce rattachant au projet dans leur cours de Monde contemporain.

« Nous avons vu une vidéo dans notre cours qui montrait une chaîne de vêtements bien connue qui exploite ses travailleurs. On sait que ça se fait, mais en le voyant, ça nous rentre plus dedans et c'est plus percutant », relate Florence.

Si récemment plusieurs pratiques douteuses de compagnies reconnues ont été mises à jour, notamment la destruction volontaire des vêtements invendus, les jeunes veulent plus que jamais faire des achats responsables, mais consentent que ce n'est pas un virage évident à effectuer.

Le magasin de simplicité volontaire sera ouvert le jeudi 23 mars, de 16h30 à 19h, à l'école secondaire Paul-Arseneau de L'Assomption. Argent comptant seulement.