Suivre les pas de son imagination

Premier roman de Maxime Ferguson

Valérie Houle valerie.houle@tc.tc
Publié le 15 décembre 2013

Malgré sa dyslexie, Maxime Ferguson, âgé de 21 ans, a publié son premier roman.

©Caroline Mireault

À 21 ans, Maxime Ferguson de L'Assomption a publié récemment son premier roman, La Nuit des loups, une histoire de fantaisie horreur. Jusque-là, on peut qualifier Maxime de chanceux étant donné son jeune âge. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que l'écrivain est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette en plus d'être dyslexique. Malgré tout, il a écrit plusieurs romans, des idées plein la tête et d'autres projets à mettre sur papier. Et d'ici quelque temps, son éditeur lui a confirmé qu'il publiera son deuxième roman, La légende de Karaka. Qu'est-ce que vous en dites?

Mieux encore, Maxime Ferguson a commencé à écrire et à transcrire son imagination dans des histoires dès l'âge de 11 ans. « Aujourd'hui, j'écris comme il faut, mais à 11 ans, j'avais beaucoup de travail à faire », consent Maxime. C'est pourquoi il s'est sérieusement fait aider par sa mère afin de reconnaître les mots et de bien les écrire. « J'ai évolué », assure-t-il. Toutefois, la dyslexie reste un défi quotidien pour lui, bien qu'il puisse noircir plusieurs pages par jour de ses écrits. « À force d'écrire, on finit par apprendre à mieux écrire, croit l'auteur. Quand on connaît la base, ça va mieux et on peut se perfectionner. J'ai fini par vaincre ma dyslexie, mais le problème, c'est que je ne vois pas mes fautes. Je dois donc travailler fort. »

Une imagination débordante

La dyslexie n'a toutefois jamais été un obstacle pour Maxime. À cinq ans, Maxime avait déjà des idées d'histoires à raconter, sans savoir qu'elles deviendraient des années plus tard des sujets de roman. C'est à 11 ans que le jeune écrivain s'y met sérieusement, afin de se défouler d'une façon non-violente. « J'étais très proche de mon frère et quand son ami venait le voir, ça me frustrait, alors je me défoulais sur l'ordinateur, raconte-t-il. J'écrivais des méchancetés sur l'ami de mon frère à travers des histoires. » Sa mère lisait alors le résultat, sans rien y comprendre, et passait beaucoup de temps à le corriger. « J'ai écrit comme ça une quarantaine d'histoires d'une page », se souvient le jeune homme.

Puis, Maxime Ferguson a eu envie d'aller plus loin et d'écrire sa propre histoire, plus longue et plus étoffée que ses précédentes nouvelles. Ensuite, il s'est inspiré de son propre environnement pour créer des mondes aux univers différents des nôtres. « Je jouais assez aux jeux vidéo, dont Zelda. Ça me donnait des idées pour des romans, et j'ai commencé à les prendre en note. Je me suis écrit un aide-mémoire de 72 pages, qui aujourd'hui est rendu à 300 pages », se targue l'auteur. Ça, c'est sans compter le roman qui fait plus de 400 pages.

En fait, en seulement quelques années, l'écrivain écrit plusieurs romans dans plusieurs styles, tels que le fantastique, l'horreur, la science-fiction et l'amour. « J'insère souvent des éléments surnaturels à mes histoires réalistes, admet Maxime. Je suis un adepte de magie et je ne veux pas que mes personnages aient une vie sans pouvoir, c'est trop commun. Alors j'ajoute toujours un truc qui fait la différence dans la vie de tous les jours et qui n'est pas banal. »

L'auteur s'inspire davantage de ce qu'il vit et de ce qu'il voit pour créer ses univers, que ce soit des émissions, des jeux vidéo, des films. « Je m'en inspire, mais il ne faut pas qu'on fasse de lien entre mon histoire et celle qui existe, prévient Maxime. Je modifie le tout et ça devient ma propre histoire », souligne-t-il, ajoutant qu'il réfléchit souvent à ses histoires lorsqu'il est tranquillement sur la route à distribuer les journaux en tant que camelot.

Se démarquer grâce à la persévérance

À 16 ans, le jeune écrivain termine finalement son premier roman, qui aura des suites, pour totaliser quatre tomes. Il envoie son premier tome dans une maison d'édition, qui qualifie son style d'écriture « d'horrible » et qui lui conseille d'arrêter d'écrire.

« Au contraire, je me suis surpassé et j'ai persévéré, lance Maxime Ferguson. Je l'ai envoyé à d'autres maisons d'édition, qui m'ont refusé aussi, mais qui m'ont expliqué pourquoi. Elles m'ont dit que j'avais du potentiel, mais que mon style d'écriture n'était pas facile à comprendre. » L'écrivain s'est donc remis à l'écriture, écrivant de nouvelles histoires, tout en peaufinant celles qui existaient déjà. Le style de Maxime s'est considérablement amélioré et ses efforts ont été récompensés, puisqu'il a enfin été publié aux éditions Première Chance, axées sur le partenariat et l'autoédition. « Le comité de lecture a vraiment aimé mon histoire et il a été impressionné par mon écriture malgré ma dyslexie », s'enchante l'auteur.

Mais le jeune homme doit continuer à déployer ses efforts, puisqu'il travaille à compte d'auteur et il doit faire connaître son livre par lui-même. Plus encore, une autre de ses histoires, La légende de Karaka, sera publiée éventuellement. Entre temps, Maxime termine son cinquième secondaire au Centre La Croisée et bien sûr, il est loin d'avoir terminé d'écrire, puisque des tonnes d'histoires foisonnent dans son imagination débordante.