Claude Prégent admire la riche histoire du Collège de l'Assomption

Valérie Houle valerie.houle@tc.tc
Publié le 9 août 2013

On passe souvent devant, mais on ne le voit pas. Il fait partie de notre paysage depuis 181 ans, mais on ne le remarque pas tout le temps. Des adolescents y entrent et y sortent chaque année, mais il sert à bien plus que cela. Avez-vous deviné de quel bâtiment il s'agit? Bien sûr, c'est le Collège de l'Assomption, qui est le coup de cœur régional de Claude Prégent, comédien vedette de la pièce de théâtre d'été, Motel des Brumes, et résidant de Repentigny depuis 20 ans.

Quand on demande à Claude Prégent, qui se trouve devant l'entrée principale, ce qu'il aime du Collège de l'Assomption, il se retourne, ouvre les bras, regarde dans les airs et montre tout ce qui se trouve devant lui. « Il y a plein d'endroits dans la région qui sont magnifiques, mais j'ai un gros faible pour ça », partage-t-il, faisant référence à l'imposant bâtiment historique qui définit le paysage du centre-ville de L'Assomption.

Un Collège qui « veille » sur L'Assomption

Claude Prégent ne tarit pas d'éloges pour ce bâtiment maintenant âgé de 181 ans. « Je ne suis pas connaisseur d'architecture, mais je trouve ça tellement beau, tellement bien intégré à l'environnement – ou plutôt, depuis le temps qu'il est là, c'est l'environnement qui s'est intégré à lui – et j'aime son histoire », affirme le comédien.

Depuis plus d'un siècle, plusieurs personnalités connues au Québec, qui sont issues de tous les domaines, ont marché sur les planchers de bois polis et un peu croches, frôlé les murs épais et emprunté les escaliers de ce collège privé. « De Wilfrid Laurier à Camille Laurin, en passant par plein d'amis acteurs avec lesquels je joue, s'enchante le résidant de Repentigny. Je pense entre autres à Albert Millaire, Anne-Marie Cadieux, Martin et Isabelle Drainville, Paul Guèvremont, Hector Charland… » Le comédien se dit aussi fasciné par l'histoire que l'édifice contient, une histoire riche et éducative. « Les endroits qui ont du vécu me touchent beaucoup », confie-t-il.

Mais surtout, ce bâtiment qui a du vécu n'a jamais changé de vocation en 181 ans. « Chaque année, il y a une "trâlée" d'élèves angoissée, anxieuse, enthousiaste à l'idée de fréquenter cette école-là, de la même manière qu'il y a 180 ans », imagine Claude Prégent, qui n'a jamais fréquenté le Collège de l'Assomption, mais qui a eu l'occasion de le visiter, puisque sa plus grande fille vient d'en sortir et que sa plus jeune s'apprête à y entrer.

Vue du Collège… de l'autre côté de la rue

Tout au long de l'été, Claude Prégent a la chance d'admirer le Collège de l'Assomption de l'autre côté de la rue, puisqu'il joue dans la pièce de théâtre d'été, Motel des Brumes, au Théâtre Hector-Charland avec Pauline Martin à ses côtés.

Il s'agit de la troisième tournée de la troupe pour cette pièce de théâtre, menée par André Robitaille, écrite par Jacques Diamant et qui inclut des effets magiques orchestrés par Luc Langevin. « C'est un grand plaisir de reprendre cette pièce, car nous avons une "gang" remarquable », approuve l'artiste. Les propriétaires du motel, joués par Claude Prégent et Pauline Martin, ont perdu leur fille unique dans un incendie il y a trois mois. « La prémisse est triste, mais c'est traité de façon intéressante et sereine », considère le comédien. Certaines choses bizarres s'y déroulent, surtout à l'arrivée des touristes interprétés par Bernard Fortin et Martine Francke.

Ironiquement, les comédiens de Motel des Brumes ont accepté de jouer dans cette pièce avant même qu'elle ne soit écrite. « Nous sommes tous des amis, alors c'est une partie de plaisir. Il s'avère que c'est une pièce solide et c'est facile quand ça repose sur des assises qui se tiennent », prétend Claude Prégent.

Mais la pièce de théâtre comporte aussi son lot de défis, comme les effets spéciaux qu'il a fallu bien maîtriser pour en mettre plein la vue au public. « C'est un défi supplémentaire, mais ça s'intègre très bien, rassure le comédien. C'est une pièce tellement solide qu'on est en sécurité, sans toutefois s'asseoir sur ses lauriers. »

Ce dernier précise qu'ils ne peuvent se la couler douce, puisque pour faire une comédie comme Motel des Brumes, ça prend une énergie particulière. « Tu ne peux pas être en dessous, tu ne peux pas être mou. C'est très mécanique, mathématique. Ce n'est pas drôle s'il n'y a pas de rythme », explique Claude Prégent.

Pourtant, l'habitué des comédies, qu'on a entre autres pu voir dans l'émission Caméra café, ne se décrit pas comme un comique. « Je ne suis pas un drôle, je ne suis pas un boute-en-train, mais j'aime beaucoup les comédies. Motel des Brumes est mon 27e théâtre d'été », laisse-t-il savoir.

Le résidant de Repentigny prend un plaisir à jouer des comédies, à travailler à retourner la balle à ses acolytes, à ressentir le jeu. « La comédie, c'est sérieux, dit-il. Il y a toutes sortes de rires au théâtre, mais pour faire rire, il faut travailler, il n'y a aucune improvisation. Je suis très sérieux dans ce que je fais parce que je veux que les gens s'amusent », raconte Claude Prégent qui, visiblement, même après plusieurs décennies de carrière, ressent toujours la passion du jeu. Il sera d'ailleurs possible de le revoir cet automne à l'écran, de retour pour la douzième saison de L'auberge du chien noir à Radio-Canada.