Michel Gautier : harmonie avec lui-même et la nature

Publié le 20 septembre 2016

Michel Gautier se dévoile dans sa nouvelle exposition qui témoigne de sa foi envers la nature.

©Photo TC Media - Stéphane Grégoire

ARTS VISUELS. Pour Michel Gautier, tout est une histoire de foi. Foi envers la nature, foi envers son environnement, foi en lui, foi dans le changement, foi dans la pensée de l’être humain. Et cette fois, il l’offre aux autres dans son exposition Il était une foi… Michel Gautier, présentée jusqu’au 30 octobre au Centre d’art Diane-Dufresne.

« C’est évident que ça prend une foi énorme pour faire ça pendant autant de temps, parce que ça ne me fait pas vivre! », lance d’emblée Michel Gautier avec une bonne dose d’humour. Selon l’artiste, qui se consacre à son art depuis plusieurs années, les artistes en arts visuels sont les plus « mal lotis » de toutes les catégories d’artistes. « C’est pour ça que je dis que ça prend de la foi pour faire ça, mais je le fais pour moi, et si les autres embarquent, j’en suis ravi. »

Une prolongement de soi

Avec ses œuvres, Michel Gautier présente son propre chemin. « Ça occupe ma vie, c’est complètement méditatif pour moi, et ça me rend heureux », témoigne-t-il. Sans vouloir donner de leçon à personne, il tient à partager ce qu’il a à raconter.

« Tout est relié à ce qu’on est et nous ne sommes pas différents d’avec la nature, réfléchit l’artiste. Il n’y a pas de différence entre nous et la planète. Et que se passe-t-il si on empoisonne l’eau qu’on boit, la bouffe qu’on mange? On meurt. Moi, je l’exprime, je lance ce message avec ce que j’ai. »

Michel Gautier tient à remettre l’humain en perspective. « On n’est ni plus ni moins important que la nature », rappelle-t-il, lui qui croit qu’il y a une prise de conscience à faire. « On apprend l’inverse à l’école et on nous vend ça comme une réussite. Mais le monde est une matérialisation de ce qu’on pense. On est ce qu’on pense. Et tout ce que l’on pense, on l’a. Il suffit donc… de penser autrement. »

S’inspirer de cette nature

Michel Gautier est né en Afrique. Il a vécu pendant vingt ans dans les îles, puis s’est installé au Québec il y a 12 ans. Il a travaillé très fort pour obtenir son visa, difficile à obtenir étant donné son métier d’artiste. « J’ai choisi où j’ai voulu vivre. Alors je ne peux pas faire autrement que d’être sensible aux lieux où je vis », exprime l’artiste.

Le milieu où il vit, c’est le bois. Et le bois en hiver, c’est blanc. C’est de là que vient toute cette blancheur, cette pureté qui met en évidence les reproductions et les gravures qui elles, sont majoritairement composées à partir de photos d’arbres sous plusieurs formes. « Ça m’est venu comme ça. Quand on vit dans un pays où c’est blanc pendant cinq mois au lieu du turquoise des vingt dernières années, ça s’impose. »

Que ce soit les arbres blancs, lépreux, munis de chalumeaux, ou bien les totems qui font référence à la culture autochtone, ou bien encore l’autoportrait de Gautier étiré de haut en bas, toutes les œuvres de l’artiste sensibilisent, envoient un message, tentent de nous faire comprendre l’état du monde. « On naît, on grandit, on pense, on meurt. On est un cycle », conclut Michel Gautier, nous laissant tous à nos réflexions.