De mère en fille, les mêmes combats

Deux athlètes de pointe en athlétisme


Publié le 24 janvier 2017

Chantal Desrosiers, Annie Leblanc et l'entraîneur José Sant.

©(Photo TC Media – Pierre Chartier)

ATHLÈTES D'EXCEPTION. Elles ont régné sur leur sport de façon différente, mais combien appréciable. La mère, Chantal Desrosiers, est une Olympienne qui a été privée de son rêve en 1980 lors du boycott des Jeux olympiques de Moscou par le Canada. La fille, Annie Leblanc, revient des États-Unis où elle a remporté plusieurs titres dans la National Collegiate Athletic Association (NCAA) pour les Ducks de l'Université d'Oregon. Maintenant, cette dernière veut obtenir le titre olympique. La mère et la fille sont unies par la même passion, soit celle de gagner.

Chantal Desrosiers a roulé sa bosse jusqu'aux Jeux olympiques de 1980. D’ailleurs, elle détient encore aujourd'hui les records québécois et canadiens sur les distances de 100 mètres et 200 mètres. Elle se souvient très bien de ses débuts en athlétisme.

«J'avais du talent en course et j'ai été présentée à l'entraîneur José Sant, qui enseignait à la polyvalente Jean-Baptiste-Meilleur. José m'a entraînée et j'ai accumulé les succès. D'ailleurs, après ma troisième semaine d'entraînement, je participais à mes premiers Jeux du Québec et j'ai remporté la médaille d'or. Un bon début pour une belle carrière», se souvient la Repentignoise.

Le sport est un monde d'hommes et, selon ses propos, jamais au cours de sa carrière Chantal a senti le besoin de se surpasser parce qu'elle était une femme. «Le milieu des athlètes, que ce soit du côté masculin ou féminin, est un monde dur. Prendre sa place, en tant que femme est aussi difficile qu'en tant qu'homme. Des Danièle Sauvageau et des France St-Louis [hockey féminin], il n’y en a pas des tonnes, mais je pense que dans tous les secteurs d'activité, y compris dans le sport, ça évolue autant que dans la société. Quand j'étais à l'école secondaire, je me suis battue pour avoir des cours d'éducation physique supplémentaires. Donc, la lutte pour avoir les mêmes droits que les hommes fait partie des choses que j'ai dû faire comme pas mal toutes les athlètes», d’expliquer Chantal.

Une histoire de famille

Sa fille Annie Leblanc s'est aussi dirigée vers l'athlétisme, mais plus tard, car elle a commencé à jouer au soccer à l’âge de 4 ans et c’est dans cette discipline qu’elle a entrepris le programme de sport-études à l'école secondaire Félix-Leclerc.

«En première secondaire, il y avait des activités obligatoires en éducation physique en course et c'est là que j'ai réalisé tout le potentiel que j'avais dans ce sport. Je battais les garçons et puis j’aimais vraiment ça. En troisième secondaire, j'ai changé d'école et je suis allée pratiquer mon sport de prédilection à l'école Jean-Baptiste-Meilleur avec le même entraîneur que ma mère, José Sant», raconte Annie.

Après de nombreux succès sur la scène nationale et internationale, elle a choisi la voie de la NCAA pour finaliser son parcours sportif: «Avec les performances que j'ai eues dans ma carrière j'ai reçu plusieurs offres des universités américaines. J'ai choisi d'aller à l'université d'Oregon et je ne regrette pas mon choix. En terme d'encadrement et de disponibilité des équipements, la NCAA représente un rêve pour chaque athlète peu importe le sport que tu pratiques.» Toutefois, depuis qu’elle est rentrée au bercail, à la fin de ses études aux États-Unis, Annie caresse un autre rêve, soit celui de prendre part aux Jeux olympiques de 2020.

Pour sa mère, le rêve olympique de sa fille reste toujours possible, mais c'est à elle de le réaliser. «Je vais l'encourager et la supporter dans toutes les étapes, mais ça reste son rêve à elle, et c'est elle qui va le réaliser. Il n'est pas question de la pousser là-dedans. Je suis là pour l'appuyer, c'est tout», d'affirmer Chantal Desrosiers.

Pour ce qui est des conseils qu'elles donneraient à une jeune qui désire s'investir dans le sport, les deux réponses se rejoignent. «Pour ma part, je lui dirais d'aller au bout de ses rêves et de ne jamais abandonner même s’il y a des obstacles», conseille Annie.

Pour Chantal, l'importance c'est que le jeune le fasse pour lui et personne d'autre. «On voit souvent dans plusieurs sports, pas seulement en athlétisme, que les jeunes pratiquent le sport pour plaire aux parents ou pour faire partie d'un groupe d'amis. Mais c'est tellement important que le jeune le fasse pour lui, c'est le seul conseil que je pourrais lui donner», d’ajouter l’athlète olympique.