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Une mère écope de huit mois à purger dans la collectivité pour avoir enlevé son bambin


Publié le 4 avril 2017

Une mère déclarée coupable d'avoir enlevé son enfant à Mascouche en juillet 2013 a écopé d'une peine de huit mois à purger dans la collectivité le 4 avril 2017.

©Photo TC Media - Archives

JUSTICE. Une mère de 41 ans a écopé mardi d'une peine de huit mois à purger dans la collectivité pour avoir enlevé son bambin d'un an dans Lanaudière en juillet 2013 et l'avoir emmené dans sa famille dans les Caraïbes pendant 18 mois, privant ainsi le père de voir son fils.

L'accusée, dont on ne peut dévoiler l'identité pour protéger celle de son enfant, avait fait une fausse déclaration pour obtenir un passeport pour son fils parce le père, dont elle était séparée depuis l'automne 2012, refusait de donner son consentement pour qu'elle quitte le pays avec leur enfant aujourd'hui âgé de cinq ans.

Geste prémédité

« Malgré le refus spécifique du père, l'accusée a fait en sorte de faire une fausse déclaration et a fait preuve de préméditation », a estimé le juge Normand Bonin de la Cour du Québec.

En 2013, deux semaines après la Saint-Jean-Baptiste, le père devait avoir la garde de son fils pour la fin de semaine. Or, selon lui, l'accusée ne se trouvait plus à son appartement.

Il a été démontré en cour lors de son procès tenu en décembre 2016 qu'elle s'était envolée dans les Caraïbes avec l'enfant.

Une fois là-bas, a relevé le juge, elle a fait en sorte de ne pas informer le père de l'endroit où elle vivait exactement.

Pas de remords

L'accusée y est restée avec le bambin pendant plus d'un an. Même si elle permettait à l'enfant et au père se parler au téléphone, l'enfant était très jeune pour comprendre, selon le juge.

« Elle a gardé l'enfant à un âge où les liens avec les [deux] parents sont cruciaux pour son développement. En plus, l'accusée n'a pas de remords ou ne semble pas comprendre les effets [de l'éloignement] sur l'enfant », a-t-il soulevé.

L'accusée avait été arrêtée à l'aéroport à son retour à Montréal, il y a deux ans.

Elle était revenue de son propre chef au Canada, après que des démarches policières eurent été intentées pour la retrouver elle et son fils.

Coupable

Le 21 décembre 2016, après un procès de deux jours, elle a été reconnue coupable d'enlèvement, d'avoir fait une fausse déclaration relative à un passeport et d'avoir communiqué avec le père de son enfant, alors qu'il le lui était interdit.

La poursuite réclamait six mois de prison fermes ainsi qu'une probation de trois ans, alors que l'accusée voulait être absoute conditionnellement.

Situation familiale considérée

Malgré la préméditation de l'enlèvement et la « malhonnêteté » de l'accusée, le juge a plutôt tranché pour lui donner une peine de prison dans la collectivité. Le juge Normand Bonin  de la Cour du Québec s'est expliqué en mentionnant avoir pris en considération sa situation familiale.

En effet, l'accusée est mère de deux enfants.

Pendant les quatre premiers mois de sa peine, elle devra demeurer 24 h/24 h à son domicile. Puis, pendant les quatre mois suivants, elle devra se soumettre à un couvre-feu.

L'accusée devra aussi accomplir 150 heures de travaux communautaires, en plus de se soumettre à une probation de trois ans à la fin de sa peine.