Sections

Une soirée entre amis qui tourne au drame


Publié le 25 septembre 2017

Dany Doiron.

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

JUSTICE. Une soirée entre amis dans un bar de Repentigny a connu une fin tragique au petit matin, le 30 juillet 2015, quand l'un des membres du groupe est mort en se fracturant le crâne dans une chute au sol qui aurait été provoquée par un violent coup de tête d'un client qu'il venait d'accuser de lui avoir volé son pichet de bière.

Ce client, Dany Doiron, 25 ans, a été arrêté dans les heures qui ont suivi le décès de Jason Santos, 23 ans, puis a été accusé d'homicide involontaire. Son procès s'est ouvert aujourd'hui, au palais de justice de Joliette, plus de deux ans après les évènements qui lui sont reprochés.

Pour célébrer

Vers 21h30, Jason Santos s'est rendu au Skratch, situé sur le boulevard Notre-Dame, en voiture, a témoigné son ami Frédéric Lallier qui était allé le chercher chez lui.

Les deux jeunes hommes devaient rejoindre des amis pour célébrer les vacances de la construction et c'était une soirée où il y avait un spécial sur la bière dans l'établissement, a-t-il expliqué. Lors de leur arrivée, ils ont pris place sur la terrasse non couverte du bar et leurs amis sont arrivés par la suite.

Au fil de la soirée, lui et Jason Santos ont bu amplement en se partageant des pichets de bière, en plus de se rendre à quelques reprises à la voiture d'un des membres du groupe pour prendre des gorgées d'une bouteille de Jameson (whiskey) cachée dans la valise, a-t-il dit.

Vers 2h, a-t-il poursuivi,  Jason Santos, lui-même, le propriétaire du véhicule, David Anctil, et possiblement un ami de ce dernier, sont allés boire à la voiture, avant de revenir sur la terrasse du bar.

Accusation portée

Une fois rendus sur la terrasse, Jason Santos a accusé Dany Doiron, assis près de leurs places, de lui avoir volé son pichet de bière, selon ce qu'a affirmé Frédéric Lallier dans son témoignage.

« Il a crié, a-t-il dit. Ensuite, je ne peux dire ce qui s'est dit, mais je suis sûr que l'accusé lui a répondu que c'était à lui. Cette fois-là, on n'est jamais retournés à nos places. »

Surpris

Il a dit avoir été surpris de l'attitude de son ami.

« Mais il avait l'habitude de parler fort avec le monde, alors je n'en ai pas fait de cas au début », a-t-il dit.

Selon lui, une altercation verbale comprenant des insultes a commencé à escalader entre Dany Doiron et Jason Santos.

« Au début, ils s'obstinaient pour le pichet, ensuite c'était des insultes hors pichet », a mentionné Frédéric Lallier, tout en admettant ne pas se souvenir  quelles insultes ont été échangées entre la victime et l'accusé.

« On voyait que c'était animé et qu'il y aurait pu avoir une dégénération, ce qui est arrivé », a relevé David Anctil, aussi venu témoigner au procès.

Tombé au sol  

Selon eux, Dany Doiron s'est levé de sa place et s'est dirigé vers Jason Santos. Les deux jeunes hommes ont dit se rappeler avoir entendu Jason Santos traiter Dany Doiron de « fif ».

Puis, les deux hommes ont raconté avoir vu Dany Doiron asséner un coup de tête à Jason Santos qui est tombé au sol et ne s'est jamais relevé.

« Il est tombé à terre comme dans un coma. On a entendu la tête cogner par terre », a affirmé Frédéric Lallier.

Quitter les lieux

Selon lui et David Anctil, Jason Santos était inconscient et a eu des convulsions. Ils ont dit avoir tous les deux vu Dany Doiron partir après l'altercation en sautant la clôture de la terrasse.

« Je voyais qu'il était un peu paniqué », a affirmé Frédéric Lallier.

Le décès de Jason Santos a été constaté à 3 h 36 à l'hôpital. Il est décédé d'un trauma craniocérébral contondant dû à une fracture derrière la tête, selon l'avocat de la poursuite, Me Marc-André Ledoux.

Quelques heures plus tard, vers 10 h 40, Dany Doiron a été arrêté par la police puis il a été accusé d'homicide involontaire.

Le jeune homme compte plaider la légitime défense dans le cadre de son procès qui doit se poursuivre demain avec la preuve de la poursuite.

Déjà condamné

Ce n'est pas la première fois que Dany Doiron doit faire face à la justice.

En juillet 2016, il a été condamné à une probation de 12 mois après avoir été reconnu coupable de voies de fait et de menaces de mort contre un homme de Mascouche en mai 2014. Il a aussi été reconnu coupable de méfaits.

En plus de sa probation, il a dû verser une amende de 1000 $ et un dédommagement de 500 $ à sa victime.