Jacques Marier vit à 200 km/heure

Pierre Chartier pierre.chartier.a@tc.tc
Publié le 20 octobre 2015

COURSE. Dans son local de la rue Lanaudière de Repentigny, Jacques Marier est bien assis dans son siège. Il parle avec passion de son métier peu banal, car à 67 ans il est toujours pilote de course. Et à l'écouter parler, il sera pilote pour encore longtemps.

Jacques Marier a fait ses débuts dans les courses d'accélération, en 1967, au volant d'un Chevy Nova 1962. Il a rejoint les professionnels en 1971 avec une victoire lors du Grand National IHRA à St-Eugene dragway avec sa Camaro Z/28 302 p.c. ainsi qu'un record mondial dans la catégorie stock.

Il avoue d'emblée adorer le monde des courses automobiles : « Je viens d'une famille nombreuse et mes frères m'amenaient toujours aux courses. Pour moi, c'était une passion, un rêve de courir aux quatre coins du pays et aux États-Unis. Alors, quand j'ai eu l'âge je me suis acheté ma première voiture et je n'ai jamais arrêté de courir. J'adore la sensation de se retrouver derrière le volant, c'est un moment que je chéris beaucoup. »

Jacques Marier ne vit pas de ses courses, il fait ça par plaisir, mais il n'y a pas une fin de semaine du mois d'avril au mois d'octobre où il n'arpente pas les circuits canadiens et nord-américains. « Chaque fin de semaine, c'est pour moi la même routine, on installe les trucs et on part pour une course. C'est vraiment plaisant de revoir les pilotes avec lesquels j'ai eu du fil à retordre sur les pistes. »

Le 10 octobre dernier, Jacques Marier s'est vu introduire au Gala inaugural du Temple de la renommée en course d'accélération, moment qui l'a touché au plus haut point. « C'était une soirée bien spéciale pour moi, devant tous mes amis, car les gens ont reconnu mon apport à la course automobile. C'était vraiment spécial de vivre ça », dit-il d'un ton qui ne laisse personne indifférent.

Une carrière remplie d'honneurs

Jacques Marier revient en force avec sa nouvelle Trans Am SD455 en établissant deux nouveaux records mondiaux dans la catégorie Pure stock au New Hampshire en 2003 et 2005, au sein de l'organisation IHRA.

En 2011, il fait l'acquisition d'une Firebird Trans Am 2000 fabriquée par F. J. Smith Performance, et réalise un autre record mondial NHRA dans la catégorie B/SA en 2014. Il participe aussi au prestigieux événement US National à Indianapolis en 2012, où 200 compétiteurs de cette catégorie se disputent les moments de gloire; un des rares Québécois présents à cet événement.

Marier est propriétaire d'un garage de performance et de distribution de pièces de performance depuis 1971, JM RACING. Il a débuté sur la rue Victoria à Pointe-aux-Trembles et il a déménagé à Repentigny dans les années 1990. Ce dernier peut aussi se vanter d'avoir un des plus vieux speed shop du Québec. On l'appelle de partout pour avoir ses conseils ou des pièces de voitures qui vont faire en sorte que les bolides vont performer davantage.

D'ailleurs, il met toute son expérience à profit en aidant les autres coureurs à utiliser les bonnes pièces. « C'est important pour moi d'aider les plus jeunes à se réaliser dans ce domaine », d'ajouter le pilote.

Malgré ses 67 ans, Jacques Marier continue de travailler dans son commerce, six jours sur sept, afin de partager sa passion pour ce sport qu'il adore. D'ailleurs, une visite ne peut pas se finir sans un tour du propriétaire qui nous amène à son bolide; bien installé dans le fond du commerce celui-ci est là, et le casque aussi.

Jacques Marier parle avec entrain de son bolide lettré JM Racing, c'est sa marque de commerce et c'est ce qui le démarque sur les pistes d'accélération au Québec et aux États-Unis. Malgré ses 67 ans, il entend poursuivre son rêve pendant bien des années. « Je ne suis pas prêt de m'arrêter de courser, je pilote avec passion et je vais continuer de le faire, ça, c'est certain. »