D’un heureux hasard à 50 ans d’histoire

L'équipe de Voyages Robillard. (Photo gracieuseté)
L’équipe de Voyages Robillard. (Photo gracieuseté)

Comptable de profession, rien ne prédestinait le Repentignois Jacques Robillard à une carrière dans le domaine du voyage. Concours de circonstances, il se retrouve à la tête d’une agence en 1976. Voyages Robillard célèbre son 50e anniversaire cette année. Le fondateur et son fils Claude racontent l’histoire de l’entreprise familiale bien ancrée à Repentigny depuis cinq décennies.

« C’est bien drôle! », lance spontanément Jacques Robillard lorsqu’on lui demande comment l’aventure Voyages Robillard a débuté. L’homme aujourd’hui âgé de 91 ans explique qu’à l’époque, il était propriétaire d’une bâtisse sur la rue Notre-Dame, où il avait son bureau de comptable. « J’avais des locaux à louer », poursuit-il en se remémorant le fil de l’histoire.

Deux hommes auraient alors cogné à sa porte. « Ils vendaient des voyages, commence Jacques Robillard. Mais, ils n’avaient pas de permis, rien! » Néanmoins, les discussions avec ces jeunes entrepreneurs ont su éveiller une petite étincelle dans l’esprit de M. Robillard. « En jasant avec eux autres, je me suis dit que c’est quelque chose qui m’intéressait, le voyage. »

Pourtant, à l’époque, Jacques Robillard n’avait jamais vraiment voyagé. Il n’y connaissait pas grand-chose. « C’était compliqué dans le temps, commente Claude Robillard, actuel président de l’entreprise et représentant de la 2e génération de Voyages Robillard. Aller en Floride, c’était deux changements d’avion. »

Sauter à pieds joints dans l’aventure

L’inconnu n’a toutefois pas refroidi l’intérêt naissant de Jacques Robillard pour l’industrie du voyage. Il se joint aux deux hommes, fait ses devoirs pour se familiariser avec le domaine et complète les démarches nécessaires pour obtenir les permis essentiels à l’émission de titres de transport aérien. Rapidement, les associés de M. Robillard quittent le navire et ce dernier s’unit à sa femme Monique pour poursuivre l’aventure. Voyages Robillard est officiellement fondé en 1976. L’entreprise accueille alors ses clients au centre commercial.

Si les gens voyageaient moins à l’époque, les agences de voyages avaient toute leur pertinence. « Le monde n’était pas habitué à voyager encore il y a 50 ans. Ça fait qu’ils passaient par les agences », se rappelle Jacques Robillard.

« Les vols nolisés comme on connaît aujourd’hui, point à point, ça n’existait pas. Les réservations se faisaient beaucoup par Télex [l’ancêtre du fax] », raconte Claude Robillard en riant. Ainsi, Jacques et Monique ont accompagné d’innombrables voyageurs à planifier leurs vacances à Miami et Acapulco, les destinations tendances de l’époque, et partout ailleurs dans le monde. Alors que tout devait être pensé et réservé à la carte, le soutien de professionnels était un incontournable.

Claude Robillard, président, et Jacques Robillard, fondateur. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Un monde en constante évolution

Quelques années plus tard, avec l’arrivée des tout-inclus et surtout l’essor d’internet, l’industrie a retenu son souffle. « Tout le monde disait : « c’est la fin des agences de voyages». Ce n’est jamais arrivé et ça n’arrivera pas », affirme aujourd’hui Claude Robillard. Si le rôle des agents de voyage a changé, il demeure tout aussi essentiel, de l’avis du président.

Lorsque vient le temps de naviguer parmi la multitude d’offres dont le web bombarde les consommateurs, l’expérience des agents permet de s’y retrouver, estime M. Robillard. « C’est aussi la protection, la confiance d’avoir quelqu’un à qui tu peux parler », ajoute le président, en faisant allusion aux aléas des voyages, comme les intempéries, les vols annulés ou les grèves dans les aéroports.

Alors que les gens voyagent de plus en plus, que les possibilités se multiplient et que les défis d’organisation subsistent, Claude Robillard est assuré que les agences sont là pour rester. « Les gens sont résilients dans le voyage », remarque-t-il.

Après une pandémie qui a cloué les voyageurs au sol pendant près de deux ans, les grèves des compagnies aériennes, les perturbations politiques aux États-Unis, la crise qui sévit à Cuba et la hausse du coût de la vie qui oblige plusieurs familles à revoir leur façon de voyager; les gens veulent continuer à voyager. « Au lieu de faire deux voyages, ils vont en faire un, ou ils sautent une année, parce que les prix ont monté », constate Claude Robillard.

Les gens sont toujours là et c’est ce qui le motive à poursuivre son œuvre à tête de Voyages Robillard. « Le voyage, c’est une industrie qui bouge tout le temps. Il arrive toujours quelque chose. Les fleuves tranquilles, on ne connaît pas ça trop.  Ça va bien et le lendemain, il arrive un événement mondial et on peut être affecté parce qu’on a des clients à destination ou on en a qui vont partir », énonce-t-il avec passion.

Lorsqu’ils regardent le chemin parcouru, autant Jacques que Claude Robillard sont fiers d’avoir traversé une à une les crises et les embûches de l’industrie avec leur équipe et d’avoir contribué à la création de souvenirs mémorables à travers le monde pour des milliers de voyageurs.

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