Compteurs intelligents : le maire de L’Assomption en colère

« La demande de moratoire n’est pas respectée » - Jean-Claude Gingras

Publié le 7 février 2014

Compteurs intelligents

©Photo: Caroline Mireault

Par Caroline Mireault

Depuis le lundi 3 février, on retrouve plusieurs camions de Cap Gemini sur le territoire de la Ville de L’Assomption qui avait fait une demande de moratoire sur l’installation des compteurs de nouvelle génération (CNG) en novembre dernier. Le non-respect de cette demande irrite le maire de la municipalité, Jean-Claude Gingras, mais il se dit aussi outré de voir l’information qui est transmise à ses citoyens.

La question du moratoire

Le maire de L’Assomption dit avoir été interpellé par des résidants, qui ont appelé Hydro-Québec et qui se sont fait dire par le géant de l’électricité que le moratoire n’existait pas. M. Gingras explique : « Les informations données par le service à la clientèle d’Hydro-Québec aux citoyens sont erronées. On a bel et bien demandé un moratoire qu’Hydro ne respecte pas ». Il ajoute : « Que les gens d’Hydro-Québec s’assument et disent la vérité aux gens. Le moratoire existe, mais ils s’en fichent carrément ».

Chez Hydro-Québec, la vision est un peu différente. Patrice Lavoie explique : « Nos employés ont bien répondu, car bien qu’il existe des résolutions demandant des moratoires, il n’y a pas de moratoire proprement dit nous empêchant de procéder à l’installation de CNG à L’Assomption ou dans toute autre municipalité du Québec. Nous ne sommes pas régis par les règlements municipaux et nous avons l’autorisation de procéder des autorités compétentes, soit la Régie de l’énergie, dans ce dossier ».

Les frais liés à l’option de retrait

Pour Jean-Claude Gingras, le non-respect du moratoire constitue un manquement grave aux articles 1 et 5 de la charte des droits et libertés de la personne. Il ajoute : « Hydro-Québec fait aussi peur aux citoyens en leur donnant les montants des frais actuels pour l’installation d’un compteur non intelligent et pour les frais de relève. Nous savons pertinemment que ces frais sont appelés à baisser. On pourrait au moins dire aux citoyens qu’ils seront éventuellement révisés ».

Le porte-parole d’Hydro-Québec admet que les frais seront appelés à baisser, mais il préfère donner des données factuelles aux abonnés en ce qui concerne les tarifs pour le moment. M. Lavoie explique : « Hydro-Québec demandera à la Régie de l’énergie d’autoriser une réduction des frais associés à l’option de retrait, dont peuvent se prévaloir les clients qui ne souhaitent pas que soit installé un compteur de nouvelle génération à leur résidence. Conformément au processus réglementaire, c’est cet organisme qui devra autoriser la révision des frais de l’option de retrait et en fixer les conditions. L’entreprise saisira donc la Régie d’une requête à cet effet ».

M. Lavoie poursuit en expliquant les raisons de cette demande à la Régie de l’énergie. « Le taux de refus du nouveau compteur se maintient à un niveau inférieur à 0,4 %. Comme ce taux est en dessous de l’hypothèse initiale de 1 % de refus, Hydro-Québec souhaite saisir la Régie d’une demande qui lui permettrait de refléter le coût réel prévu et lié aux frais de l’option de retrait ».

Charte des droits et libertés du Québec - Article 1 : Tout être humain a droit à la vie, ainsi qu'à la sûreté, à l'intégrité et à la liberté de sa personne. Article 5 : Toute personne a droit au respect de sa vie privée.