Jimmy Sévigny : de 450 livres au sommet de l’Everest

Déjeuner-conférence avec la Chambre de commerce Pierre-Le Gardeur de Repentigny

Olivia Nguonly olivia.nguonly@tc.tc
Publié le 20 avril 2011

Treize secondes. C’est le temps que le cœur du jeune Jimmy de Chicoutimi a cessé de battre. C’est aussi le nombre de secondes qui s’est écoulé lorsqu’il a choisi de réécrire le scénario de sa vie. Aujourd’hui, Jimmy Sévigny a 28 ans, il est bachelier en sciences de l’activité physique, conférencier et… survivant. Il a partagé son expérience de vie avec les membres de la Chambre de commerce Pierre-Le Gardeur de Repentigny le 12 avril.

Survivant, puisqu’à 8 ans, le petit Jimmy, pesait déjà 200 livres. À 11 ans, il avait atteint les 250 livres. « Roule, la boule », lui criait-on au primaire, tandis qu’au secondaire, Jimmy se demandait combien de fois par jour il serait battu ou combien de fois on lui cracherait dessus.

Ces épisodes d’intimidation, qui ont dominé toute son enfance et son adolescence, se sont ensuite transformés en épisodes de rébellion. « En troisième secondaire, j’ai répliqué à un prof et en voyant rire les élèves, j’ai compris ce que je devais faire pour cesser d’être ridiculisé : l’agressé est alors devenu l’agresseur », se souvient-il.

« Il n’y a jamais eu personne qui m’a dit que ce que je faisais n’était pas correct », continue Jimmy. À titre d’exemple, il enchaîne en énumérant les aliments qui composaient ses petits déjeuners… L’énumération est déstabilisante et au final, le repas est gargantuesque.

À 16 ans, il pèse 400 livres et à l’âge de la majorité, la balance affiche 25 livres de plus. Au sommet de son poids, Jimmy en pèsera 450. Il fait rire ses spectateurs en dévoilant la marque de sa toute première voiture : une « Festiva ». L’image est éloquente.

Le temps des constatations

À 18 ans, sa mère, qu’il considère comme son ange gardien, lui organise un rendez-vous pour une dérivation gastrique. Le médecin est catégorique : sa situation est primordiale et il sera placé sur une liste d’urgence… qui s’étend sur cinq années.

Pendant ce temps, Jimmy occupe un emploi de vendeur dans un magasin d’électronique, tout en continuant de manger ses émotions. Un jour, il vit un événement qui bouleversera sa vie : sa grand-mère décède.

Il touche le fond du baril et mange sa vie. « Ça commence demain », confie-t-il à sa mère avant de s’endormir et que son cœur ne cesse de battre, pendant 13 secondes.

Aujourd’hui, Jimmy Sévigny a complété des études en sciences de l’activité physique, perdu 270 livres, participé à des triathlons, escaladé l’Everest et plus récemment, il a participé à une série de projets aux côtés d’une femme qu’il admire : Chantal Lacroix.

« Peu importe qui vous êtes, vous pouvez faire ce que vous voulez », telle est sa maxime. Jimmy souligne qu’il faut toutefois procéder par étape : « D’abord, il faut faire un bilan, se fixer des objectifs et à travers ça, tasser les irritants dans sa vie, se construire des murs psychologiques, être capable de confronter ses peurs et garder le cap ».