Compteurs intelligents: les candidats à l'élection provinciale se prononcent

Par Caroline Mireault

Publié le 27 mars 2014

L'installation des compteurs intelligents continue de se faire dans la Ville de L'Assomption et TC Media Hebdo Rive Nord a demandé aux candidats à l'élection provinciale 2014 de cette circonscription ce qu'ils pensent de l'installation des compteurs de nouvelle génération (CNG).

François Legault, Coalition avenir Québec

Le chef de la CAQ, François Legault, explique que lire les compteurs à distance est nécessaire quand il est question de rentabilité mais qu'Hydro-Québec devrait tenir compte de l'opinion des citoyens et que la Régie de l'énergie devrait être plus ferme à l'égard de la société d'état. Il explique: « Le problème avec les compteurs intelligents, c'est qu'on manque d'informations. Il n'est pas normal qu'en 2014, 1000 employés d'Hydro-Québec marchent dans la neige pour aller lire des compteurs derrière les maisons. Cependant, quand on décide de remplacer les compteurs traditionnels par des CNG, il faut s'assurer que ceux-ci soit sécuritaires. Hydro-Québec appartient à tous les Québécois, ce n'est pas une compagnie privée qui peut faire ce qu'elle veut. Il faudrait que la Régie de l'énergie oblige Hydro-Québec à rendre public toutes les études existantes, car de toute évidence, il y a des gens qui sont inquiets ».

Pierre Paquette, Parti québécois

En entrevue avec TC Media Hebdo Rive Nord, le candidat du Parti québécois, Pierre Paquette, a été clair, il n'est pas opposé à l'installation des compteurs intelligents, mais souhaite que ce virage vers les CNG se fasse dans le respect des consommateurs. Il explique: « Dans ce dossier, ma principale préoccupation est la question de choix, les utilisateurs devraient avoir des alternatives qui ne les pénalisent pas. L'option de retrait offerte par Hydro-Québec n'est pas très accessible financièrement, les frais exigés [137$ pour un compteur non intelligent et des frais de relève de 206$ par année] sont un peu comme un incitatif financier amenant le consommateur à accepter l'installation du CGN malgré lui. Bien que des études démontrent que les compteurs ne sont pas dangereux, je sais que plusieurs citoyens sont sensibles quant à cet enjeu et ces gens devraient avoir un choix et, en attendant d'avoir des alternatives abordables, le citoyen devrait être en mesure de garder son compteur classique sans pénalité. »

Sylvain Fournier, Québec solidaire

Candidat de Québec solidaire dans L'Assomption, Sylvain Fournier explique: « Québec n’a pas démontré la pertinence économique d’investir un milliard de dollars pour remplacer ses compteurs résidentiels par des compteurs achetés à l’étranger et munis d’une technologie sans fil qui sème l’inquiétude. Qui plus est, alors, qu’une vague de fermetures d’usines frappe le Québec et que l’emploi recule, environ 700 emplois directs de releveurs et 300 emplois indirects seraient éliminés par l’implantation des compteurs intelligents. Nous souhaitons donc un moratoire sur l’installation des compteurs intelligents d’Hydro-Québec. En attendant, il faut offrir la possibilité aux usagers de refuser la mise en place des compteurs intelligents sans pénalité financière. Avoir le choix de conserver son compteur actuel est une demande légitime qui ne doit pas s’accompagner de pénalité financière ».

Gabriel Gauthier, Option nationale

Gabriel Gauthier croit aussi qu’une compagnie qui appartient à ses citoyens ne devrait pas l’obliger à quoi que ce soit ou à en payer les frais : « Option nationale n'a pas pris officiellement position sur les compteurs intelligents. Pour ma part, pourquoi Hydro-Québec devrait-elle nous forcer à changer pour des compteurs intelligents? Un article du Devoir stipulait que si l'on ne désirait pas avoir de compteur intelligent, nous devions nous rabattre sur l'option de retrait qui coute environ 100$ plus des frais de 206$. C'est absurde, quand on pense que cette ressource nous appartient. Plusieurs citoyens craignent des erreurs qui pourraient gonfler la facture des comptes. Il y a aussi un risque lié à la santé, car les citoyens sont exposés à des ondes électromagnétiques qui peuvent provoquer des maux de tête, vomissements, etc ».

Malgré nos tentatives de joindre Jean-Marc Bergevin du Parti libéral, ce dernier n’a pas retourné nos appels et courriels.

L'installation des CGN se poursuit

©Caroline Mireault