Sections

Une lueur d'espoir pour les parents d'enfants différents

Projet d'habitation pour jeunes adultes avec une déficience intellectuelle


Publié le 14 mai 2017

Monique Blouin et son grand garçon, Mathieu Hétu, espèrent qu'un projet d'habitation adaptée verra le jour sous peu dans la région.

©TC Media - Olivia Nguonly

LOGIS. « On ne peut pas les mettre dans un CHSLD. Ce n'est pas leur place; ils ne sont pas rendus là », exprime Monique Blouin, mère de Mathieu, âgé de 26 ans et présentant une déficience intellectuelle. C'est à son fils auquel fait référence la résidente de Repentigny lorsqu'elle songe à un milieu de vie adapté pour ces adultes différents. Mme Blouin et près de 20 familles lanaudoises trouvent espoir dans le projet d'habitation du Pas de Deux.

L'organisme a un plan déjà mis en branle dans le Sud de Lanaudière où aucune maison accueillant de jeunes adultes présentant une déficience intellectuelle, un trouble envahissant du développement (TED) ou un autre profil similaire n'existe.

« Si nous ne sommes plus là, qui prendra le relais? », se questionne la mère de Mathieu, à l'instar de plusieurs autres parents démunis devant une telle interrogation.

Pour elle, les centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) ne constituent pas une réponse devant les horaires déjà surchargés des professionnels qui y travaillent.

« Il faut continuer de les accompagner. On a passé notre temps à les stimuler et il ne faut pas que cela arrête pour qu'ils continuent à progresser », plaide Mme Blouin, détaillant au passage l'horaire de son fils, qui fréquente un milieu scolaire adapté où il a la chance de pratiquer le karaté, un sport qui le passionne.

Après son passage à l'école secondaire Paul-Arseneau de L'Assomption, où il a fréquenté une classe spécialisée jusqu'à l'âge de 21 ans, « avec des enseignants extraordinaires », souligne sa mère, le jeune homme a fait son entrée dans un programme d'intégration sociale au Centre La Croisée à Repentigny.

Pour celui à qui on a diagnostiqué une agénésie du corps calleux, la socialisation et les notions abstraites constituent des défis de tous les jours. « Ça lui prend du concret et il faut toujours voir à sa gestion du temps. La routine est très importante pour lui. C'est du 24 heures sur 24 », explique Monique Blouin en ajoutant que Mathieu ne sait ni lire ni écrire.

Pour Mathieu, qui n'a pas de notion du temps, la routine est primordiale.

©TC Media - Olivia Nguonly

Deux maisons à construire

Les deux projets d'habitation que projette d'implanter Le Pas de Deux pourraient accueillir chacun 16 à 20 adultes vivant avec une différence et ne présentant aucun risque pour eux-mêmes ni pour autrui. Les jeunes ciblés doivent être semi-autonomes et une personne ressource sera en poste sur place 24 heures sur 24.

Si l'un des deux logis a déjà son emplacement de connu, soit à l'entrée du secteur Urbanova de Terrebonne, l'autre reste toujours à être déterminé. « Au départ, nous voulions nous établir à Repentigny, mais devant l'absence de terrains disponibles, nous nous sommes tournés vers L'Assomption, puis L'Épiphanie », explique Johanne Loyello, coordonnatrice pour l'organisme Le Pas de Deux.

À Terrebonne, la livraison de l'habitation devrait se faire à la fin de l'année 2018.

La proximité avec une bibliothèque et un CHSLD représentent des atouts majeurs, selon les deux femmes, puisque les jeunes adultes pourront y effectuer du bénévolat, une manière de favoriser l’estime d'eux-mêmes et de les stimuler.

« Les terrains sélectionnés pour les constructions doivent aussi être localisés à proximité des services essentiels, tels que des arrêts d'autobus et des épiceries, afin que les résidents présentant une limitation fonctionnelle puissent préserver leur autonomie », précise la coordonnatrice.

Un manque de 300 000 $

Pour pouvoir réaliser un tel projet, Le Pas de Deux estime qu'un montant de 300 000$ doit être accumulé pour chacune des maisons à travers différentes levées de fonds. La balance du montant total a été comblée par des subventions et un engagement financier de la municipalité d'accueil.

Pour une quatrième année, l'organisme invite ainsi la population à s'inscrire à son événement annuel: le défi cycliste « Rouler le Pas » qui se tiendra le dimanche 4 juin. Déjà, à travers les éditions précédentes du défi et autres collectes, Le Pas de Deux a réussi à amasser 140 000 $ pour ses projets de construction d'habitation adaptée.

« Chaque parent a son histoire, mais nous avons un point en commun: nous voulons le bien de nos enfants », conclut Monique Blouin, le regard tourné vers l'avenir de son fils.

Le défi cycliste « Rouler le Pas » propose deux circuits: l'un de 40 km et l'autre de 60 km sur le bord de l'eau. Pour informations et inscription: 514 293-5536 ou au www.lepasdedeux.org