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23 Octobre 2018

Le fabuleux destin de Benjamin Brouillard

Un jeune pâtissier s’illustre malgré sa différence

Le fabuleux destin de Benjamin Brouillard

©Photo gracieuseté

Benjamin a fait son stage de fin d’études à la pâtisserie du célèbre chef Patrice Demers, qui ne tarit pas d’éloges à son égard.

AUTISME. Benjamin vient de souffler ses 21 bougies. Il y a quelques mois, il terminait ses études en pâtisserie/boulangerie et s’achetait sa première voiture. Aujourd’hui, il concocte des desserts dans l’un des plus prestigieux restaurants de Montréal. Depuis les dernières années, le jeune homme atteint d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) a cheminé à grands coups de persévérance.

À quelques jours de Noël, il y a près de trois ans, le jeune Benjamin venait de terminer ses études secondaires et se cherchait un emploi. Doué et passionné par la pâtisserie, il se butait pourtant la plupart du temps à des portes closes.

Marc-André Brouillard, son père, le décrivait alors comme un garçon timide et travaillant. Établir un contact visuel avec les gens en général demeurait toutefois un enjeu de taille pour son fils. M. Brouillard avait alors lancé un cri du cœur dans les pages de l’Hebdo Rive Nord afin de demander aux employeurs de faire preuve d’ouverture d’esprit à l’égard des candidats différents.

Peu de temps après, Benjamin était engagé au IGA Crevier du boulevard Iberville, à Repentigny, dans le département de la boulangerie/pâtisserie. « J’y ai travaillé pendant deux ans, en même temps que je faisais mes études à Calixa-Lavallé. Je me souviens de Diane, la pâtissière, qui était très gentille », sourit-il.

Le jeune homme ajoute que, depuis, il a vaincu en partie sa timidité et s’adresse davantage aux autres.

Un stage avec Patrice Demers

À la même période, Benjamin a fait un stage d’un jour avec le célèbre pâtissier Patrice Demers. « Il m’avait offert de revenir faire mon stage avec lui à la fin de mes études », relate-t-il. Une invitation à laquelle il a répondu avec plaisir.

« Benjamin est très sérieux et méticuleux dans son travail. Il s’est bien intégré à notre équipe, qui s’est prise d’amitié pour lui. Nous sentions son grand intérêt pour la pâtisserie et il a toujours suivi le rythme », témoigne M. Demers, qui encourage les employeurs à donner la chance à des candidats différents.

Suivant les conseils du chef copropriétaire de Patrice Pâtissier, après l’obtention de son premier diplôme en pâtisserie, Benjamin décide de poursuivre ses études en boulangerie.

« Parmi tous les finissants de sa cohorte, Benjamin a obtenu une bourse grâce au dépassement de soi dont il a fait preuve », raconte son père. Marc-André Brouillard rappelle que lorsque le médecin a posé un diagnostic d’autisme à son fils, alors âgé de cinq ans, le professionnel a mentionné du même souffle que l’enfant ne fréquenterait probablement jamais une école régulière. « Nous avons mis beaucoup de choses en place pour l’aider », précise M. Brouillard, la voix nouée par l’émotion. L’homme est par ailleurs père de trois enfants, dont un autre garçon également atteint d’un TSA.

Benjamin Brouillard

©Photo gracieuseté

Benjamin Brouillard n’a jamais abandonné son rêve de devenir pâtissier.

Europea, rien de moins!

Après avoir travaillé dans une pâtisserie dans l’est de Montréal pendant quelque temps et avec ses diplômes professionnels en poche, Benjamin décide de tenter le tout pour le tout ; il convoite un poste dans les cuisines du grand chef Jérôme Ferrer.

« Lors de sa première soirée d’essai au Europea, j’étais tellement stressé que je n’ai pas dormi et je l’ai attendu », confie son père. Heureux de tout ce que vit son fils, M. Brouillard reste tout de même craintif face à la méconnaissance de certaines personnes en ce qui concerne le TSA.

Pour sa part, Benjamin explique qu’il n’aborde pas la question de sa différence d’entrée de jeu avec un nouvel employeur. « À force d’être là, je lui dit. Souvent, il est ouvert d’esprit, comme au Europea, et il voit des fois que je suis plus dans ma bulle ou timide. »

Le jeune pâtissier avoue qu’il a déjà fait face à un employeur qui ne connaissait pas les enjeux liés à sa condition et que le portrait n’avait pas été optimal. Loin de se laisser décourager par ce type d’expériences négatives, Benjamin regarde toujours vers l’avant en nourrissant sa passion.

« Je veux vraiment apprendre et je suis très précis. Quand je fais un dessert, je veux que ce soit beau. Je sais que je dois travailler vite, mais je prends quand même mon temps pour faire une belle finition. Je suis vraiment perfectionniste », analyse celui qui prépare une centaine de desserts par soir au restaurant Europea.

Le jeune homme chérit toujours le rêve d’ouvrir sa propre pâtisserie. « Je sais que ça représente beaucoup de travail, mais j’ai 21 ans et j’ai le temps d’apprendre encore beaucoup de choses », conclut Benjamin.

Pour suivre le parcours culinaire de Benjamin Brouillard, visitez sa page Facebook au « Mets Péché/Pâtisserie ». 

Commentaires

24 octobre 2018

Angèle Lord

Bravo Benjamin et à toutes les personnes qui ont eu confiance en la vie ❤️

25 octobre 2018

Stéphane Côté

Wow, mais quelle belle histoire, Je suis vraiment émerveillé a chaque foie que je constate la belle réussite de jeune TSA. L'amour et le support (encouragement) de sa famille et entourage sont certainement un facteur très significatif. Bravo.

26 octobre 2018

Nicolas Lecours

Quelle belle réussite. Bravo Benjamin. Je partage la fierté de tes parents. Tu es la plus belle preuve que nous avons tous une place dans ce monde. Vive la différence!

26 octobre 2018

Sylvie Bibeau

Bravo Benjamin!Tu es un modèle de persévérance Benjamin! Je te souhaite une belle et longue carrière! Bravo à tes parents qui t'ont accompagné dans ton cheminement et qui ont cru en toi. Bon succès!

31 octobre 2018

Luc Favreau

Félicitations Benjamin! Tu es un exemple pour nous tous. Tu as toujours été travaillant, persévérant et combien sympathique. La meilleure des chances dans toutes tes entreprises!

5 novembre 2018

Georges L. Beauchamp

Bravo Benjamin ainsi qu'à tes parents. La beauté de ton histoire c'est la persévérance dans un domaine qui carbure ta passion.

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