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30 Mai 2018

Pierre Chartier - pchartier@lexismedia.ca

Un travail de collaboration, de planification et avant tout de passion

Semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial

Par Olivia Nguonly - equiperedaction­@lexismedia.ca  

Un travail de collaboration, de planification et avant tout de passion

©Photo Hebdo Rive Nord - Olivia Nguonly

ÉDUCATRICES.  Il est à peine 8h30 et les petits grouillent déjà dans tous les coins du local. Dans un groupe double multi-âge du centre de la petite enfance (CPE) Au Petit brin de foin, certains dessinent, d’autres s’amusent avec des jeux de manipulation et un finissant emboite les pièces d’un casse-tête. Choisir le métier d’éducatrice, c’est être témoin de ces petits moments doux, mais c’est aussi s’adapter au développement de chacun, jongler avec la planification et la formation.

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Il est à peine 8h30 et les petits grouillent déjà dans tous les coins du local. Dans un groupe double multi-âge du centre de la petite enfance (CPE) Au Petit brin de foin, certains dessinent, d’autres s’amusent avec des jeux de manipulation et un finissant emboite les pièces d’un casse-tête. Choisir le métier d’éducatrice, c’est être témoin de ces petits moments doux, mais c’est aussi s’adapter au développement de chacun, jongler avec la planification et la formation.

Pour Marie-Ève, qui est aussi maman de deux garçons de six et huit ans, il est clair que dans son métier, il n’y a pas moyen de tricher. « Si un matin je ne suis pas de bonne humeur, je dois laisser ça de côté, je dois chanter des chansons et taper des mains quand même. Ici, on ne peut pas se permettre d’être moyenne, ça ne serait pas juste pour les enfants », image-t-elle.

« La charge émotive n’est donc pas pareil que dans un travail de bureau », continue l’éducatrice.

Entre une intervention auprès de deux amis qui se disputent un même camion et la gestion d’un bambin qui a le nez qui coule, Marie-Ève montre une série de pictogrammes à un petit de trois ans.

« Il a un retard de langage et de cette manière, ça l’aide », confirme-t-elle en dévoilant un dessin illustrant un bonhomme qui range son jeu. Doucement, le garçon s’exécute et remet un à un les blocs dans un bac.

« Il n’y a pas un matin où je n’ai pas envie d’aller travailler. La journée où je n’aurai plus le goût, je vais m’en aller », souffle celle qui a déjà opéré son service de garde à la maison avant de se réorienter en CPE.

L’importance du jeu

Quelques pas plus loin, à la pouponnière, Consualo parle à un bambin en langage signé pendant que d’autres pianotent sur un instrument. Éducatrice depuis cinq ans dans le local qui accueille les petits de six à 24 mois, elle se sent privilégiée d’assister à une part cruciale du développement de l’enfant.

©Photo Hebdo Rive Nord - Olivia Nguonly

Un ami s’improvise un moment de lecture à l’abri des autres petits.

« C’est ici qu’on fait les plus belles observations : le développement va tellement vite et il faut être créative. À la pouponnière, on doit être très présentes et répondre à leurs besoins : les enfants ne parlent pas, mais le non-verbal est très important », explique Consualo.

Pour elle et ses deux autres collègues, Mélissa et Chantal, il est indéniable que le développement de l’autonomie, une valeur-clé du CPE, passe par le jeu libre. « On les soutient là-dedans et on leur permet d’explorer. Nos interventions sont donc centrées sur la confiance en soi et l’autonomie. »

« C’est aussi par le jeu qu’on va chercher un contact avec l’enfant et qu’on apprend à le connaitre », renchérit Chantal, qui continue à se former et à adapter ses interventions, même après 11 ans à la pouponnière.

Mamans et éducatrices

Pour Mélissa et Shaddy, deux éducatrices et mamans de jeunes enfants, leur travail a pris une toute autre tangente depuis qu’elles sont revenues de leur congé de maternité. Elles aiment autant leur métier, mais avouent l’envisager sous un œil nouveau.

« Je me mets plus à la place des parents et j’adapte mes interventions. Mais je ne me suis jamais posée la question si le fait d’être maman allait m’amener à moins aimer mon travail, car je ne me voyais pas faire autre chose : j’ai simplement adapté ma vie en conséquence », partage Mélissa.

Même son de cloche pour celle dont la belle-mère opérait elle-même un service de garde à la maison. Shaddy a ainsi grandi dans une maison remplie d’enfants et ayant exercé une autre profession avant de devenir éducatrice, la jeune femme sentait qu’il lui manquait quelque chose dans sa vie.

« Je comprends mieux les parents depuis que je suis moi-même une mère, remarque la maman d’un enfant de quinze mois. À cause de l’énergie que ce travail demande, ça peut toutefois influencer le nombre d’enfants que j’aurai. »

La surcharge de travail

Passionnées par leur métier, plusieurs éducatrices reconnaissent cependant que certaines exigences gouvernementales ainsi que l’affluence d’enfants à besoins particuliers augmentent considérablement leur charge de travail.

« Les cas sont de plus en plus lourds », confirme Céline Précourt, directrice du CPE, lorsqu’il est question de l’accueil des enfants à besoins particuliers. Elle ajoute que le ministère vient d’augmenter la capacité d’accueil dans le réseau pour chaque service de garde. Au CPE de la rue Philippe-Goulet, cela représente 20% de la clientèle.

L’overbooking, une pratique relativement récente née à la suite de l’imposition d’un seuil de fréquentation de 80%, apporte aussi son surplus de travail aux éducatrices, et pour certaines d’entre elles, la qualité du service est donc en jeu.

« Avec 83 enfants inscrits sur une capacité d’accueil de 80, la tâche d’observation est plus élevée, les suivis et le travail pédagogique aussi », explique la directrice.

Afin de parvenir à garder la tête hors de l’eau, la communication est essentielle, autant avec les parents qu’entre les éducatrices. Avec des groupes doubles comme au CPE Au Petit brin de foin, le travail d’équipe est bénéfique.

« Chaque mardi, je rencontre toutes les équipes pour échanger sur les observations et la planification. Sinon les filles n’ont pas le temps d’échanger en présence des enfants et c’est important qu’elles confrontent leurs idées ; en équipe, pas question de travailler en vase clos. Ces moments de réflexion sont essentiels », tranche Mme Précourt, qui consent que le temps représente un enjeu majeur dans tous les services de garde.

Malgré tous les défis du quotidien, celle qui dirige le CPE depuis plus de 20 ans estime que le travail d’éducatrice est plus valorisant que jamais il ne l’a été. « Avant, il n’y avait pas autant de réflexion autour de chaque enfant pour réussir à répondre à tous ses besoins. Aujourd’hui, on prend le temps de faire le travail et de réfléchir, nous ne sommes plus juste des exécutantes. »

La Semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial se tient du 27 mai au 2 juin 2018 et le thème de cette année est « Hop ! Je grandis ! », qui reflète à la fois l’énergie débordante de l’enfant qui apprend par le jeu, et notamment le jeu libre et actif, et à la fois l’importance de la petite enfance dans le développement global d’un individu, et ce, pour toute sa vie.

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