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09 Juillet 2018

Deux apiculteurs amateurs procèdent à une captivante intervention à Repentigny

Près de 20 000 abeilles sont rescapées

Deux aliculteyrs amateurs procèdent à une captivante intervention à Repentigny

©Photo gracieuseté - Hebdo Rive Nord

Petits et grands ont eu la chance de regarder de près et même de toucher les abeilles. Autant les résidents que les apiculteurs amateurs ont adoré leur expérience.

Des résidents de la rue Gauguin, à Repentigny, ont eu droit à tout un spectacle il y a quelques jours alors que des milliers d’abeilles avaient élu domicile dans l’arbre de leur cour avant. Deux apiculteurs amateurs ont été appelés sur les lieux afin de prendre en charge l’inhabituelle situation. Ils en ont profité du même coup pour informer les spectateurs du rôle crucial de ces insectes en déclin sur notre planète.

Tout commence lorsqu’en route vers chez lui, après une longue journée de travail, Gabriel Carpentier reçoit un appel de sa conjointe en panique ; plusieurs abeilles rôdent sur leur terrain et elles semblent avoir implanté leur ruche dans l’arbre devant la maison familiale. Le père de famille ne perd pas de temps et se rend dans un grand magasin afin de se procurer des produits pour les éliminer.

À son arrivée chez lui, l’homme constate que les abeilles sont en effet nombreuses et décide de remettre à plus tard leur exécution pour minimiser les risques de piqûres. Une sage décision qui n’allait pas prêt regretter.

Son fils de quatre avait raconté leur péripétie à sa grand-maman qui, bien au fait de la disparition alarmante des abeilles sur la terre, lui avait dit de contacter un apiculteur et de ne surtout pas éliminer l’essaim. Eliot est ainsi parvenu à convaincre son père, qui a aussitôt fait appel à Pierre Pelletier, un apiculteur amateur de Saint-Paul, près de Joliette.

Un processus de reproduction naturel

Sa conjointe Nancy Blass et lui se passionnent pour ces insectes et disposent des ruches sur leur terrain depuis deux ou trois ans. Ils en récoltent le miel, la cire et la propolis, une substance résineuse qui peut être utilisée sous forme de teinture-mère par exemple.

« Un essaim se forme afin de répondre au besoin de reproduction naturelle des abeilles. Quand il n’y a pas assez de place dans une ruche, en 24 à 28 heures, les abeilles se gorgent de miel et la reine part avec la moitié de sa colonie dans un rayon de 100 à 800 mètres de leur ruche initiale », explique Mme Blass.

Dans ce cas-ci, les 20 000 abeilles ont ainsi établi leur essaim à même l’arbre de la famille Carpentier, en plein quartier résidentiel. Selon la spécialiste, elles auraient pu y demeurer jusqu’à deux semaines grâce à leurs réserves de miel et pendant ce temps, des éclaireuses auraient eu la tâche de repérer un lieu plus favorable à long terme.

 

Deux apiculteurs amateurs procèdent à une captivante intervention à Repentigny

©Photo gracieuseté - Hebdo Rive Nord

Deux apiculteurs amateurs ont été appelés sur les lieux afin de prendre en charge l’inhabituelle situation.

Soûles de miel

Même si leur présence était des plus impressionnantes, les apiculteurs amateurs évaluent que les risques d’attaque sont faibles. « Pendant cette période, les abeilles sont gavées de miel, comme si elles étaient soûles. Il ne faut pas oublier qu’elles ne peuvent piquer qu’une seule fois, pas comme les guêpes. Alors elles le feront seulement si elles se sentent menacées. Dans ce cas-ci, elles étaient dociles et calmes », continue Nancy Blass, qui en a même profité pour glisser sa main dans l’essaim doux et chaud, à l’instar d’autres curieux.

Son conjoint, Pierre Pelletier, avertit toutefois qu’il y a tout de même des précautions à prendre et des risques à ne pas négliger, surtout pour les personnes allergiques aux piqûres.

L’intervention des deux apiculteurs amateurs s’est poursuivie lorsqu’ils ont glissé une hausse, soit une boîte avec de petits grillages, sous l’essaim afin d’attirer la reine à l’intérieur. « Dès qu’elle sera dedans, les autres suivront », fait-il remarquer.

Une fois capturées, la reine et ses comparses sont conservées 24 heures dans cette boîte au frais et dans le noir avant de les transférer dans une nouvelle ruche qu’elles pourront rebâtir.

Deux apiculteurs amateurs procèdent à une captivante intervention à Repentigny

©Photo gracieuseté - Hebdo Rive Nord

Pierre Pelletier n’a pas hésité à se déplacer afin de recueillir l’essaim d’abeilles et il en a profité pour informer les gens présents de leur importance dans le cycle de la pollinisation.

Une inquiétante disparition

« La meilleure façon d’aider la nature, c’est de ne pas tuer les abeilles et d’appeler un apiculteur lorsqu’on a un essaim comme celui-ci », rappelle celle qui demeure à Saint-Paul. « Elles sont en quelque sorte un indicateur au niveau de l’environnement et le fait qu’elles soient en voie de disparition nous indique qu’il se passe quelque chose », renchérit son conjoint.

Les deux pointent du doigt la classe d’insecticides la plus utilisée dans le monde, le néonicotinoïde. Toxique pour les insectes, elle s’attaque au système nerveux des abeilles et celles-ci verraient le jour avec diverses malformations. Or, les abeilles jouent un rôle essentiel dans la pollinisation des plantes à fleurs. Par conséquent, 40 % des produits alimentaires que nous consommons proviennent du travail des abeilles par la pollinisation.

Au Québec, aux dernières nouvelles, les conditions d’utilisation de ce type de pesticide seraient présentement en révision, même si plusieurs pays européens en interdisent déjà l’usage.

« Si un essaim n’est pas récupéré ou s’il est éliminé, ce sont près de 20 000 abeilles qui disparaissent, lance M. Pelletier. Ce n’est pas connu, mais les gens peuvent contacter un apiculteur ».

Chez les Carpentier, toute la famille était heureuse du dénouement et des connaissances acquises à la suite de la visite des experts. Tandis qu’à Saint-Paul, Nancy et Pierre se réjouissent qu’en 36 heures, la reine avait déjà commencé à pondre et les abeilles avaient quant à elle donné cinq grandes galettes d’alvéoles.

Il y a quelques apiculteurs dans la région de Lanaudière. Pierre Pelletier propose aux gens intéressés de visiter les installations de Ste-Mélanie, Miel de chez nous. Des visites guidées sont proposées sur le site qui comprend plus de 200 ruches.

Pour infos : 450 889-5208 ou au miel.qc.ca

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