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11 Septembre 2018

Nathalie Vigneault - nvigneault@lexismedia.ca

« Le don de soi n’est pas l’oubli de soi »

©Photo Frédéric Sincerny

Basée sur son expérience personnelle, Claudette Dion a rappelé aux proches aidants l’importance de demander de l’aide.

Trouver les proches aidants et les convaincre d’aller chercher de l’aide n’est pas une mince tâche. Pour faire un autre pas vers eux, l’organisme le Regroupement des aidants naturels de la MRC L’Assomption (RANCA) a fait appel à nulle autre que Claudette Dion, qui a livré son expérience d’aidante naturelle le vendredi 7 septembre à Repentigny, dans le cadre d’un café-rencontre.

Qui de mieux que quelqu’un qui a vécu la proche aidance pour en convaincre d’autres d’utiliser toutes les ressources disponibles pour les appuyer?

Qu’elle soit conjointe, enfant, parent et même amie, qu’elle passe 24 heures par jour avec l’aidé ou quelques heures par semaine, la personne proche aidante a, tôt ou tard, besoin d’être aidée.

« 50% des proches aidants finissent par souffrir d’épuisement, se présentent à l’urgence, souvent avec leur aidé, car ils n’y arrivent plus », souligne Michelle Dunn, coordonnatrice du projet INPAC du RANCA.

Claudette Dion RANCA

©Photo Frédéric Sincerny

Danielle Perreault de L'APPUI Lanaudière, Claudette Dion, Michelle Dunn du RNCA, la députée Monique Pauzé et Caroline Vadeboncoeur du RANCA.

Tous ensemble

La proche aidance, la famille Dion connaît puisqu’elle a vécu, comme d’autres familles, ses difficultés. « D’aussi loin que je me souvienne, c’était l’entraide à la maison, ça fait partie de nous. Puis, lorsque notre père est décédé, à la maison en compagnie de notre mère, nous étions là avec elle pour l’aider », raconte Claudette Dion, porte-parole de la Maison Adhémar-Dion.

« On n’est pas des « super women »! Et puis, de toute façon, je n’ai pas envie d’être une « super women », je veux juste être aidante! », poursuit celle qui a aussi aidé son frère Daniel, emporté par un cancer.

Chaque personne a ses forces et c’est aussi sa responsabilité de demander de l’aide. « À la Maison Adhémar-Dion, il y a plus de 150 bénévoles. Certains sont meilleurs à la cuisine, d’autre dans le ménage et d’autre s’occupent des communications. Tout seul on n’y arrive pas. C’est pas possible! », rappelle Claudette Dion.

Handicap, cancer et fin de vie

La proche aidance n’est pas un choix et elle touche les gens de toutes les sphères de la société. Avec le vieillissement de la population, le projecteur est plus souvent braqué sur la réalité des proches aidants, mais certains demeurent dans l’ombre.

Parmi les organismes venus à la rencontre des proches aidants lors de ce café-rencontre, on retrouve Les Amis de la déficience intellectuelle, dont la directrice Stéphanie-Claude Leclerc est venue expliquer que les parents d’enfant handicapé se retrouvent avec un trou de service lorsque leur enfant atteint l’âge de 21 ans.

Cancer-aide Lanaudière a souligné que l’organisme offre du support autant à l’aidé atteint d’un cancer qu’à sa famille, qui a aussi besoin d’être soutenue dans cette épreuve.

Précarité

Une autre réalité dont est témoin le RANCA à travers ses activités auprès des proches aidants, est la précarité dans laquelle ces personnes peuvent se retrouver, souvent parce qu’ils ont dû quitter leur emploi pour s’occuper de la personne aidée.

« Certains nous ont affirmé se contenter d’un seul repas par jour… c’est très peu, surtout lorsque l’on a besoin de toute l’énergie nécessaire », souligne Michèle Dunn.

Des organismes comme Fin à la faim sont là, offrant des denrées une fois par semaine. « On sait que les dépenses augmentent pour les proches aidants, qui parfois se retrouvent avec moins de revenu. À ceux qui ont honte ou peur de demander, je dirais « essayez », vous verrez. On sera là le temps que ça prendra pour vous aider là-dedans », fait valoir France Lemoyne de Fin à la Faim.

Proches aidants de la MRC en chiffres

-Plus de 8 proches aidants sur 10 (83%) offrent une aide quotidienne à la personne aidée, soit une moyenne de 9,9 heures par jour

-Le tiers des proches aidants d’aîné ne se reconnaissent pas comme tel

-65% des proches aidants d’aîné identifient la méconnaissance des ressources comme frein à l’utilisation des services.

- Le groupe des 65 ans et plus devrait dépasser 35 000 personnes en 2031 pour chacune des deux MRC de Lanaudière-Sud.

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