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04 août 2019

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

30 ans à accompagner les femmes violentées, les enfants et à briser les tabous

Regard en elle

30 ans Regard en elle

©Photo Sarah Elisabeth Aubry - Hebdo Rive Nord

Pour célébrer les 30 ans de Regard en Elle, on a accueilli deux conférenciers Simon Lapierre et Mylène Bigaouette qui ont présenté « Les enfants c’est urgent ». Ces derniers sont entourés d’une partie de l’équipe de l’organisme en présence de la directrice générale, Nathalie Lemieux.

ORGANISME. Dévoué à la cause féminine, aux luttes, à la mobilisation et constituant une ressource d’aide, d’hébergement, de support, l’organisme Regard en Elle accueille des femmes violentées, seules ou accompagnées d’enfants depuis 30 ans. À travers les années, on tend à dénoncer un fléau, répondre à des besoins spécifiques et permettre à des femmes de reprendre leur vie en main. Lancé il y a 30 ans, Regard en Elle a continué ses démarches pour éradiquer la violence et donner la chance aux femmes de se libérer.

Afin de mettre en lumière les 30 ans d’engagement, l’organisme a tenu dernièrement son assemblée générale annuelle et spéciale en début d’après-midi. Les horizons de la mission prennent de l’expansion pour souligner autant d’années de services.

Le projet de transformer sa première propriété en Maison Deuxième Étape se réalise. Située à Repentigny, six logements seront mis sur pied permettant d’accueillir six femmes, dont une famille. Les résidents pourront bénéficier de services, de sécurité et auront le temps nécessaire de se reconstruire.  

Vers 14h30, les invitées ont pu assister à une conférence « Les enfants c’est urgent. »Grâce à la participation de deux conférenciers, du professeur titulaire de l’École de services sociaux de l’Université d’Ottawa, Simon Lapierre et de la coordonnatrice liaison et formation de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF), Mylène Bigaouette, ces derniers ont abordé la violence conjugale, les enjeux compromettant la sécurité des enfants, les impacts sur les femmes violentées, les défis au quotidien, etc.

Au cours de leur présentation, on a fait état des lacunes observées sur le terrain, des stratégies de survie au stress et la détresse psychologique chez les femmes et particulièrement, les enfants. « Il faut commencer à avoir des mots différents et d’arrêter de parler qui sont exposés ou témoins, mais comprendre qu’ils vivent et subissent la violence conjugale », exprime la directrice générale de Regard en Elle, Nathalie Lemieux. À travers la conférence, on démystifie la violence conjugale, les conséquences et la complexité autour de la problématique.

Enjeux

Comme l’ajoute Nathalie Lemieux, il y a encore des pas à faire, notamment pour changer les mentalités et les perceptions. « Il faut faire en sorte que le regard de la société ne soit pu porteur de honte pour les femmes. Elles ne sont pas responsables de quoi que ce soit », affirme la directrice de Regard en Elle.

Il n’y a pas de discrimination quand il est question de violence conjugale. Au fil du temps, l’organisme s’est adapté à la réalité et a ouvert ses horizons. Au final, la lutte n’est pas terminée. « C’est de la méconnaissance. C’est difficile pour les femmes de prendre la parole en public. On commence à le faire en agression sexuelle », observe Mme Lemieux.

Il peut arriver qu’une femme victime de violence conjugale réussisse à s’en sortir. Pour certaines, elles revivent une situation similaire avec leurs enfants. « Si on ne s’occupe pas des enfants rapidement, les enfants peuvent devenir victimes, agresseurs ou avoir d’autres problèmes », partage-t-elle.

L’un des problèmes cernés est le manque de place d’hébergement. On refuse beaucoup de demandes. « Il faut que ça arrête un jour. Quand la femme est prête à quitter les lieux et se retrouver dans un milieu sécuritaire, il faudrait qu’on soit capable de répondre », soulève la principale intéressée.

Contexte

Tel que mentionné lors de la conférence, les enfants subissent les effets de la violence conjugale, même s’ils ne sont pas témoins des situations. « Ils sont toujours affectés par le climat de violence », précise Mylène Bigaouette. Les agresseurs faisant subir la violence ne vivent pas des pertes de contrôle, au contraire, ils utilisent leur pouvoir pour dominer sous différentes formes.

À travers un projet de recherche effectué, Simon Lapierre a participé aux côtés d’Isabelle Côté à réaliser un livre « Il se prenait pour le roi de la maison! ». Ce dernier témoigne des expériences auprès des enfants, de leur compréhension et leur perception dans un contexte de violence conjugale. On leur donne la parole, on se questionne sur ce qui les aide ou pas et l’apport des services.

« Les enfants nous ont dit de manière générale, les adultes ne comprenaient pas ce qu’ils vivent. L’exemple le plus donné était en milieu scolaire. Les adultes, le personnel, les enseignants, les directions, les éducateurs en milieu scolaire souvent ne comprenaient pas bien ce qu’ils vivaient. Au lieu de les soutenir et de les accompagner, ils se retrouvaient punis parce qu’ils avaient de la misère à se concentrer. Ils avaient l’impression qu’on ne les écoutait pas assez », a détaillé M. Lapierre. Le livre fait référence aux paroles, aux témoignages et à la réalité vécue par des enfants de 6 à 18 ans.  

Ce qui est aussi perçu grâce au projet de recherche est le manque de ressources à l’interne et l’impuissance chez les intervenantes. « Ce qui ressortait c’était le manque d’expertise et les formations pour intervenir en violence conjugale », fait-il part.

Pour plus de renseignements sur l'organisme, on téléphone au 450 582-6000 ou on consulte le https://www.regardenelle.org/

30 ans d'engagement 

Regard en Elle se consacre à offrir des services et se mobilise dans la communauté depuis 30 ans.

  • L’organisme représente une ressource d’aide et d’hébergement
  • Différents services sont disponibles pour les femmes et les enfants à l’externe et en hébergement
  • On vise une société plus égalitaire, juste et sans discrimination
  • On comptabilise depuis le début 69 672 appels sur la ligne 24/7
  • 3641 femmes et 1903 enfants ont eu recours à des services d’hébergement et externes
  • On a pu compter sur l’aide et la générosité de 521 donateurs et donatrices
  • Regard en Elle, c’est une équipe dévouée, à l’écoute avec des membres et bénévoles impliqués

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