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14 août 2019

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

Entre Tom et son organe masculin

Fous de théâtre

Conversation avec mon pénis

©Photo gracieuseté - Cath Langlois - Hebdo Rive Nord

On fait la rencontre de Tom et son pénis. À travers la pièce, on voit l’évolution de ce dernier entre 15 à 55 ans.

THÉÂTRE. Assis dans un petit théâtre en Nouvelle-Zélande, le directeur artistique du Théâtre Bistouri, Marc-André Thibault, est sous le charme. On est en 2015, l’idée lui vient à l’esprit. Pourquoi ne pas adapté la pièce de Dean Hewison, ici, au Québec. Un peu plus tard, « Conversation avec mon Pénis » est traduite et la pièce de théâtre connaît le succès. Si elle devait être présentée que quelques fois, le public accroche sur le concept.

Le public fait d’abord la rencontre de Tom, âgé de 15 ans. Puis, on le suit jusqu’à l’âge de 55 ans. Parsemée de quelques blagues, la pièce explore différentes avenues. Le texte comprend des moments humoristiques, touchants et humains à la fois. « On voit à travers les âges c’est quoi sa relation avec son pénis, comment ça avance, c’est quoi son rapport à la sexualité, aux femmes et à tout ce qui l’entoure », explique celui qui porte plusieurs chapeaux pour le spectacle, Marc-André Thibault.

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De 15 à 35 ans, le personnage vit ses premières relations. Avec un excès de confiance, il vit différentes expériences et doit un peu plus tard faire face à son infidélité. Vers sa quarantaine et cinquantaine, Tom fait face à des problèmes de santé qui viennent avec l’âge.

Conversation avec mon pénis

©Photo gracieuseté - Cath Langlois - Hebdo Rive Nord

Une relation se développe entre Tom et son organe au fil du temps et à travers les années.

Question d'équilibre 

Sans tomber dans la vulgarité, on réussit à parler de sexualité par le biais d’un texte écrit avec tac. Rentrant rapidement dans le vif du sujet, on passe à un autre niveau.

On a octroyé le mandat à Leïla Dufour Forget pour créer de toute pièce le costume de pénis. Sans exagération, le costume a été pensé pour créer un effet naturaliste.

« Les gens oublient à un moment qu’il y a un pénis devant eux. Après une dizaine de minutes, tu en reviens et tu suis l’histoire », ajoute le principal intéressé.

Un pénis en féminin 

Par choix et pour ajouter à la pièce, c’est une comédienne qui interprète le rôle du pénis. Son organe interagit avec Tom, développe une relation et l’amène ailleurs.

Pour lui, laisser la place à une femme pour interpréter le pénis apporte une légitimité. « Le pénis a une identité propre aussi, une certaine féminité et c’est très payant pour le personnage », admet-il.

Par ailleurs, le public féminin se retrouve également dans le spectacle. Les femmes prennent le temps de mieux comprendre la réalité masculine, celle de leur partenaire et de leurs adolescents. Au fil du temps, les rapports de vie changent, l’homme et son pénis évoluent.

« Ce qui est particulièrement intéressant d’avoir une fille qui joue le pénis, c’est que parfois, c’est une relation d’amitié, parfois on dirait que c’est un couple, une relation père/fille et vice-versa», raconte-t-il. Au-delà des blagues, il y a des réflexions, des questionnements et on fait référence aux inquiétudes, puis à la pression d’être un homme.

Conversation avec mon pénis

©Photo gracieuseté - Cath Langlois - Hebdo Rive Nord

On a privilégié d’offrir le rôle à une comédienne pour interpréter le rôle du pénis de Tom.

Ampleur inattendue

Après une quarantaine de représentations, le directeur de production, traducteur et interprète, Marc-André Thibault a pris conscience des réactions du public et des échanges après les spectacles. On doit la force et la réussite à son avis à l’auteur. L’équipe derrière ce projet sillonnera une grande partie du Québec et l’Ontario. Une vingtaine de dates s’ajoute pour l’équipe qui se rendra aux Îles de la Madelaine, au Vermont et au Témiscamingue permettant au costume d’avoir visité les quatre coins de la province.  

Sachant le concept intéressant, le traducteur n’aurait pas imaginé que la pièce susciterait autant les adeptes de théâtre et ceux le fréquentant peu. « Je pense qu’on a plus joué la pièce que l’équipe en Nouvelle-Zélande », s’exclame-t-il. Ayant du plaisir à incarner son personnage, il réussit à concilier ses différents mandats.

Selon M. Thibault, le Théâtre Bistouri attire les femmes qui décident d’inviter les hommes voir des pièces. « Les chums qui se font traîner se rendent compte que le théâtre, ça peut être le fun, accessible, drôle, touchant. Bref, on réussit à rejoindre un peu le couple de cette façon-là », souligne-t-il.

Conversations avec mon Pénis » sera jouée dans le cadre de Fous de théâtre, à L’Assomption le 16 août à 20h30. La pièce sera présentée au Café coopératif Desjardins au Cégep à L’Assomption. Coût du billet, 23 $. Téléphone : 450 589-9198 poste 5.

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