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24 janvier 2020

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

Monique Pauzé souhaite agir maintenant face à l’urgence climatique

Retour sur la COP25 à Madrid

Cop25

©Photo gracieuseté - Hebdo Rive Nord

La porte-parole en matière d’environnement pour le Bloc Québécois a participé à la COP25 qui s’est déroulée à Madrid du 2 au 15 décembre dernier.

La Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP25) a réuni cette année des délégués provenant de 200 pays. En raison du climat social, l’événement qui devait se dérouler au Chili, s’est finalement tenu à Madrid, du 2 au 15 décembre. La députée de Repentigny, Monique Pauzé, qui était sur place, dresse un bilan de la rencontre.

Près de 25 000 personnes représentantes des pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies étaient présentes sur place pour échanger sur les changements climatiques. Ce sont tout d’abord les équipes de négociation qui se sont présentées la première semaine. Par la suite, les ministres de l’Environnement des différents pays se sont ajoutés. Plusieurs grands enjeux étaient au coeur des débats, dont le marché du carbone.

« Cet objectif de la Cop25, ça n’a pas fonctionné, pas du tout, fait savoir Monique Pauzé.  En 2009, les partis s’étaient engagés à mettre de l’argent, tel qu’un milliard de dollars par année en vue de 2020. L’aide au pays en voie de développement n’a pas progressé non plus. Les organisateurs souhaitent que les pays s’engagent à avoir des objectifs plus ambitieux de leur réduction de gaz à effet de serre. Il y a 80 pays je pense qui se sont engagés à le faire, mais ils ne polluent à peu près pas », soutient-elle.

Le Canada a annoncé vouloir atteindre le carbone neutre d’ici 2050.  C’est quoi leur plan d’action pour y arriver? On va intervenir en Chambre pour qu’ils se donnent des cibles et que le Canada s’engage à être plus ambitieux dans la réduction de gaz à effet de serre ».

Cop25

©Photo gracieuseté - Hebdo Rive Nord

Lors de son passage à Madrid, Monique Pauzé a pris part à différents ateliers et conférences.

Problématique au Canada

Comme le dénonce Monique Pauzé, le problème pour le Canada est l’exploitation des sables bitumineux et la subvention aux énergies fossiles. À son avis, il existe deux mondes opposant les manifestants dénonçant les conditions climatiques et les politiciens à la COP25 qui ne s’entendent pas sur la façon d’affronter ces enjeux.

« Honnêtement, je ne compte plus sur les COP. Ce ne sont pas les grands pays qui vont réussir à faire quelque chose. Je compte sur les états sub nationaux, les villes et les individus pour faire avancer les choses », déclare-t-elle.

Toujours selon la députée, ce sont aussi les mouvements créés par les groupes écologiques, les pressions politiques et les interventions en Chambre qui pourront faire une différence. Elle met de l’avant la marche historique qui a rassemblé près d’un demi-million de personnes manifestant pour le climat en septembre dernier.

La bloquiste a rejoint le comité environnemental et avec le Bloc Québécois, ils veulent mettre en place une loi contraignante pour obliger le Canada à respecter ses ambitions. Le parti souhaite que le Canada adopte une posture cohérente face aux changements climatiques, tout en se fixant de nouvelles cibles de réduction des GES et demande de mettre fin aux subventions des énergies fossiles.

Cop25

©Photo gracieuseté - Hebdo Rive Nord

Monique Pauzé en compagnie de Benoît Charrette, Matthew Levin, Jean Lemire et des représentantes canadiennes à la COP25.

Urgence climatique

Si l’ensemble de la COP25 s’avère un échec selon Mme Pauzé, la députée fédérale de Repentigny y voit quelques avantages de pouvoir propager le message que l’urgence climatique est à nos portes. Les projecteurs se dirigent vers les organisations et les personnes engagées.

La porte-parole en matière d’environnement a d’ailleurs trouvé encourageant de percevoir tout ce qui se fait au sein des ateliers proposés durant plusieurs journées. On retrouve des entreprises présentant des projets favorables pour l’environnement et des petits gestes qui peuvent faire la différence pour la planète.

Autre aspect pertinent, elle met en lumière la transition juste pour les travailleurs pour accéder au changement énergétique. Elle illustre ce fait avec l’exemple du Manitoba qui a procédé à la fermeture de mines de charbon.

Grâce à un travail de collaboration avec le gouvernement et les syndicats, on a été en mesure de les accompagner pour se trouver un autre emploi. « Les travailleurs du pétrole ou du gaz n’ont pas à subir les coûts de la transition juste », détaille-t-elle.

Cop25

©Photo gracieuseté - Hebdo Rive Nord

La bloquiste compte sur les états sub nationaux, villes, municipalités et individus pour poser des gestes en faveur de l’environnement.

Appel à la mobilisation

Différents intervenants ont pris la parole lors de conférences et d’ateliers, dont la militante écologiste suédoise, Greta Thunberg, qui a sensibilisé la population sur l’urgence climatique. C’était l’occasion pour Monique Pauzé d’être à l’écoute des acteurs du changement.

Ces derniers ont tenu un discours rappelant l’urgence climatique, tout en rappelant d’hausser les cibles de réduction. La députée souligne enfin avoir été touchée par le discours de Bertrand Piccard, le premier à avoir fait le tour du monde à l’aide d’un avion solaire.

Par ailleurs, plusieurs catastrophes se font sentir un peu partout dans le monde avec des inondations, la pollution, les sècheresses, etc. La crise impacte l’agriculture, y compris dans le bas du fleuve au Québec.

Monique Pauzé a pu remarquer cet enjeu en discutant avec des agriculteurs de cette région qui ont vécu de grandes périodes de sècheresse occasionnant des difficultés à nourrir les animaux. Certains ont dû se départir de leurs bêtes, puisqu’ils ne pouvaient pallier à leurs besoins. Du côté des Îles-de-la-Madeleine, ces dernières s’effritent et l’espace habitable diminue peu à peu, ce qui demeure inquiétant pour Monique Pauzé. 

Ainsi, malgré les bons coups engendrés par la COP25, Mme Pauzé croit que la dernière édition avait davantage eu des répercussions positives avec les règles à suivre, notamment celles pour calculer les émissions de gaz à effet de serre.

« Les politiciens sont sous pression de la part des grands lobbys du pétrole et du gaz pour qu’il n’y ait pas de contraintes. Mais à un moment donné, il faut considérer la population et l’urgence climatique », explique-t-elle. La prochaine COP devrait être plus politique, car les pays devront se pencher sur les cibles de l’Accord de Paris.

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