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02 février 2020

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

De nouveaux défis attendent le Bloc Québécois

Prêt à s’opposer à l’ACEUM

Monique Pauzé

©Photo Renée-Claude Doucet - Hebdo Rive Nord

Monique Pauzé s’est arrêtée dans les nouveaux bureaux du journal L’Hebdo Rive Nord pour aborder les priorités et les projets de lois qui seront présentés par le Bloc Québécois.

Les élus des différents partis politiques ont repris du service à Ottawa depuis le 27 janvier. À l’heure de la rentrée parlementaire, la députée fédérale de Repentigny, Monique Pauzé, fait le point sur la rencontre qui a permis aux élus du Bloc Québécois de s’attarder aux priorités. L’Hebdo Rive Nord a accueilli Mme Pauzé avec son attachée politique, Caroline Mireault, dans ses nouveaux bureaux, question d’en savoir plus sur le sujet. 

Les 32 députés du Bloc Québécois ont pu se retrouver le 22 janvier lors de leur plus récent caucus, à Montréal. C’est dans une ambiance agréable que la députée fédérale de Repentigny a pu renouer avec ses collègues. Fière de son équipe, cette dernière entrevoit avec confiance le début des activités à la Chambre des communes. Dans un contexte d’un gouvernement minoritaire, le Bloc aura l’opportunité de faire valoir ses idées et de se faire entendre, souligne-t-elle.

Tout d’abord, les partis devront débattre, puis ratifier le nouveau traité de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM). « Le gouvernement voudrait que ça passe rapidement et que ça se fasse à l’unanimité, voire la majorité en Chambre. Pour y arriver, il peut mettre plusieurs stratégies de l’avant, mais il sait que le Bloc Québécois va être contre », affirme Monique Pauzé. Il en découle une injustice à son avis, quant aux travailleurs de la région, aux producteurs laitiers, à l’industrie de l’aluminium, du bois, etc.

« On pourrait laisser aller sur le bois, le lait et la gestion de l’offre pour favoriser d’autres provinces. Mais encore une fois, on laisserait tomber les Québécois d’une industrie importante dans une région donnée pour favoriser la scie dans une autre province? Non », a-t-elle exprimé. Le Bloc Québécois, Québec Solidaire et le Parti Québécois s’opposeront à cette proposition pour l’ACEUM.  

Monique Pauzé

©Photo Renée-Claude Doucet - Hebdo Rive Nord

La bloquiste a affirmé que le parti deviendra une opposition importante avec 32 députés à Ottawa.

Priorité budget 

Dans un autre ordre d’idée, le budget constitue également une priorité. Le Bloc Québécois souhaite bonifier la pension de la sécurité de la vieillesse pour les aînés à partir de 65 ans, la garantie de versements des compensations aux producteurs sous gestion de l’offre, puis la hausse des transferts en santé comme demandé par les provinces et le Québec.

« Québec et toutes les provinces veulent une hausse en santé et il n’y a aucun engagement jusqu’à présent de la part du gouvernement Trudeau », fait-elle part. Mme Pauzé affirme que le parti est prêt à négocier et tient à intervenir pour faire valoir leurs trois objectifs.

Également, plusieurs enjeux sociaux amènent le parti à inclure d’autres exigences au sein du budget, telles que l’approvisionnement en eau potable au robinet pour les communautés autochtones, l’accès à 50 semaines de prestations d’assurance-emploi en cas de maladie grave et le déblocage des dossiers de logement social attendus par Québec et les villes.

« Tout le monde est prêt. C’est l’argent qui nous manque, parce que le fédéral veut imposer sa vision à lui pour sortir de la pauvreté ou de l’itinérance », explique-t-elle.  

Monique Pauzé

©Photo Renée-Claude Doucet - Hebdo Rive Nord

Monique Pauzé a fait le point sur les priorités du Bloc Québécois qui ont été discutées tout récemment en caucus.

Projets de loi 

Le Bloc Québécois déposera en priorité un projet de loi pour créer une déclaration d’impôt unique administrée par Québec et une loi afin d’obliger le gouvernement à respecter ses cibles concernant l’Accord de Paris. « On veut qu’il mette des actions précises et il serait évalué tous les six mois », indique-t-elle. Le parti maintient également des discussions sur l’environnement.

Par ailleurs, comme autre projet de loi, il sera question de faire entendre la souveraineté environnementale. Il modifie huit lois fédérales entre autres sur la radiocommunication, la Loi sur la Banque de l’infrastructure du Canada, la Loi sur la capitale nationale, la Loi sur l’aéronautique, etc. À ce jour, les ports, aéroports, quais, infrastructures de télécommunication, propriétés fédérales, pipelines interprovinciaux relèvent d’Ottawa qui a tous les pouvoirs à l’intérieur de ces champs de compétences. Or, avec le projet de loi, Ottawa se verrait obliger à respecter les lois provinciales et les règlements municipaux s’appliquant avec le territoire où il intervient.

Comme le souligne la députée fédérale de Repentigny, les lois plus sévères devraient primer. Si ce projet de loi était accepté, le Parlement forcerait le gouvernement à s’assurer de respecter les lois des provinces et les règlements municipaux, avant d’autoriser une activité ou une infrastructure. Présenté auparavant, ce dernier avait été rejeté par le gouvernement, mais appuyé par le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti Vert du Canada.

Les autres projets de loi consistent à soustraire le Québec à la Loi sur le multiculturalisme canadien, faire de la connaissance suffisante du français une condition pour l’obtention de la citoyenneté à partir du Québec et exclure la gestion de l’offre de futures négociations commerciales.

« On envoie un message à la population de dire qu’on est très sérieux dans nos engagements électoraux. On a tout de suite la possibilité de faire entendre un certain nombre de projets de lois. On envoie un message aussi aux autres partis. Ils savent tout de suite où l’on s’en va dans nos demandes et nos projets de lois », ajoute-t-elle.   

Monique Pauzé

©Photo Renée-Claude Doucet - Hebdo Rive Nord

La porte-parole en matière d’environnement du Bloc Québécois souhaite avec les autres députés du parti faire entendre le projet de loi sur la souveraineté environnementale.

Plus de possibilités 

Avec un gouvernement minoritaire, Monique Pauzé estime que le Bloc aura plus de chances de se faire entendre. Avant, avec un gouvernement majoritaire, les projets de lois étaient directement rejetés. Aujourd’hui, ils pourront être présentés. « Avec 32 députés, le Bloc devient une opposition importante », déclare-t-elle.

Pour Mme Pauzé, c’est une rentrée parlementaire motivante qui l’attend. Avec un gouvernement minoritaire, le Bloc Québécois aura une voix pour faire valoir ses idées. « On va peut-être être capable de faire avancer les choses pour le Québec et peut-être même pour le Canada », dit-t-elle avec fierté.

En terminant, la porte-parole en matière d’environnement du parti ajoute que les bloquistes veulent constituer une opposition constructive pour le bien-être des citoyens.

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