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11 mars 2020

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

La force de parler franc pour préserver l’égalité homme-femme

Conférence de Nadia El-Mabrouk

Nadia El-Mabrouk

©Photo Sarah Elisabeth Aubry - Hebdo Rive Nord

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, on a accueilli l’auteure et la militante féministe, Nadia El-Mabrouk.

C’est devant une salle comble que l’auteure et militante féministe, Nadia El-Mabrouk s’est adressée au public à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes le 2 mars, au Centre à Nous. Avec sa conférence intitulée « Femme et laïcité », elle a abordé l’importance de la laïcité dans le combat des femmes pour l’égalité.

Fière d’avoir rassemblé de nombreuses femmes pour souligner cette journée, la députée fédérale de Repentigny, Monique Pauzé a invité la communauté à se joindre à la conférence. Elle a rappelé l’importance de continuer à militer pour arriver à une égalité entre les hommes et les femmes.

En lien avec son livre Notre laïcité, la conférencière s’est exprimée sur la laïcité et comment celle-ci peut aider à émanciper les femmes. D’origine tunisienne, la militante féministe a fait une partie de son parcours scolaire dans son pays et a poursuivi ses études universitaires en France. Cette dernière s’est finalement installée au Québec après avoir complété son doctorat.

Faisant un retour en arrière sur l’histoire de la Tunisie, l’auteure affirme que l’islamisme a commencé à être plus présent autour des années 80. Cinq ans plus tard, elle se remémore que le voile était de plus en plus présent autour d’elle et même au sein de sa famille. « Les restrictions à la liberté se sont multipliées », constate-t-elle.

Conférence

©Photo gracieuseté - Caroline Mireault - Hebdo Rive Nord

Le policier Jean-François Fortier, les conseillères de la Ville de Repentigny, de L’Assomption, Nadia El-Mabrouk et la députée fédérale de Repentigny, Monique Pauzé tout sourire.

Grande perte de liberté 

Observant les gestes menant à des restrictions, la conférencière se rappelle des conséquences qui s’appliqueraient si les femmes ne portaient pas le voile. «  Jamais je n’ai entendu parlé du voile comme étant une liberté. Il s’agit plutôt d’obligation et d’une série de restrictions », fait-elle part.

Arrivée au Québec en 1997, c’est à ce moment qu’elle a le plus apprécié de pouvoir vivre dans une société égalitaire. Elle ressent une belle liberté. Cependant, Nadia El-Mabrouk estime qu’avec les différentes religions qui s’installent au Québec, elle croit qu’il y a encore des pressions qui se sont sentir sur les femmes et les enfants.

« Pour les musulmanes au Québec, je pense que la pression est double. Il y a la communauté et la religion qui imposent une certaine conception de la pureté de la femme. Il y a aussi un certain exotisme qui conçoit une femme comme une authenticité culturelle. Il y a aussi la gauche qui la valorise comme un symbole de résistance contre l’Occident », explique-t-elle.

Conférence

©Photo Sarah Elisabeth Aubry - Hebdo Rive Nord

La salle était pleine au Centre à Nous. Les participants ont été ravis d’en apprendre plus sur la laïcité dans le combat des femmes pour l’égalité.

Débat déséqulibré 

L’auteure a commencé à écrire en 2015 à la suite de la charte des valeurs et le fait que le Parti Québécois n’a pas été réélu. Se lançant dans l’écriture de son roman comme une philosophe, Mme El-Mabrouk s’est intéressée au concept de liberté. Misant sur des messages positifs, elle a voulu faire ressortir la laïcité comme une évidence dans une société libre, puis démocratique. 

À son avis, le débat avec le Québec remonte à plusieurs années avec notamment la Révolution tranquille et au vote effectué en 1998 à l’Assemblée nationale permettant de délaisser les droits constitutionnels et  remplacer les commissions scolaires religieuses aux commissions scolaires linguistiques.

Par ailleurs, Nadia El-Mabrouk se questionne à savoir si on a assimilé le concept de liberté de conscience. Elle illustre le cas d’une petite fille dont les parents ne voulaient pas qu’elle entende de la musique et chanter ses camarades. L’école a donc offert des coquilles antibruits.

«  Si on avait pensé à la liberté de conscience de la petite fille, on n’aurait jamais fait ça », ajoute-t-elle. Pour l’auteure, il n’y a pas de liberté de conscience sans émancipation.

Également lors de la conférence, la militante a souligné que le rôle de l’État n’est pas de reconnaître les religions ni les dogmes. C’est pourquoi il se doit d’être neutre. « C’est au contraire fonctionner en dehors des religions », dit-elle.

Réalité biologique

Les discriminations faites aux femmes sont basées sur le sexe et la biologie. Mme El-Mabrouk s’interroge sur le fait qu’il n’y a pas eu de débat pour changer le mot sexe pour celui de genre à l’Assemblée nationale. « Les femmes sont protégées sur la base du sexe en vertu des chartes. On fait comme si le débat avait eu lieu », déclare-t-elle.

Conférence

©Photo Sarah Elisabeth Aubry - Hebdo Rive Nord

Nadia El-Mabrouk a présenté la conférence intitulée « Femmes et laïcité. » Celle-ci s’inspire de son premier livre « Notre laïcité. »

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