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04 juin 2021

Jason Joly - jjoly@lexismedia.ca

Cri du cœur des organismes communautaires autonomes

Dédoublement des services

TROCL

©Photo gracieuseté - TROCL - Hebdo Rive Nord

Les intervenantes de trois organismes lanaudois ont exprimé leurs inquiétudes lors d’une conférence de presse de la TROCL.

Lors d’une conférence virtuelle, la Table régionale des organismes communautaires autonomes de Lanaudière (TROCL) a invité plusieurs intervenants de différents groupes afin de dénoncer un « dédoublement » de leur expertise.

La table ronde réunissait trois représentantes de divers organismes communautaires, qui ont pris tour à tour la parole pour partager leur mécontentement et leurs craintes. Le président de la TROCL, Pierre Lafontaine, a commencé cette discussion en résumant leur préoccupation principale : « On se questionne sur la visée du gouvernement, qui implante ces projets et qui calque des approches qui sont communautaires.[…] On a l’impression que ces projets sont pensés dans des bureaux lointains,[…] mais que les gens ne viennent pas dans les régions, sur le terrain.» 

Pour la coordonnatrice des enjeux sociaux de la TROCL, Maya Fernet, ces nouveaux projets « dénaturent le travail réalisé depuis des décennies ». Le regroupement se désole de voir le gouvernement investir dans de grands projets comme celui de Aire ouverte ou les éclaireurs alors que leurs organismes demandent depuis longtemps du financement. Selon elle, les 200 organismes communautaires se trouvant dans la région de Lanaudière ont besoin de 35 millions pour subvenir à ce manque.

Les éclaireurs

Le projet des éclaireurs a été annoncé à la fin de l’année 2020 par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Des citoyens sont sélectionnés et déployés pour venir en aide aux personnes plus vulnérables, comme des itinérants ou des personnes en détresse psychologique.

Marie-Ève Ducharme, présidente du Regroupement des organismes communautaires québécois pour le travail de rue (ROCQTR), s’est grandement opposée à ce projet lors de la conférence de la TROCL. Elle dénonce principalement son manque de clarté et de rigueur. Mme Ducharme déplore le fait que les éclaireurs n’auront qu’une courte formation pour venir en aide à des individus dans le besoin. « [Il n’y a] rien dans le programme qui prévoit du soutien pour les éclaireurs. Comme si accueillir la détresse psychologique des gens étaient une affaire de rien », déclare-t-elle.

Marie-Ève Ducharme ajoute que les travailleurs de rue déjà en action ont les compétences pour donner cette aide et qu’ils ont déjà une bonne relation avec la communauté vulnérable. Les intervenants de rue prennent en considération les besoins des personnes vulnérables, contrairement au projet. Elle mentionne également que ce dernier met en place des activités qui « ne peuvent être actualisées puisque les mesure socio-sanitaires ne le permettent pas ». 

 

Le projet Aire ouverte

En 2020, c’est au tour du projet Aire ouverte d’être lancé par le gouvernement du Québec. Il s’agit de points de service qui accueillent des adolescents ou des jeunes adultes de 12 à 25 ans afin de leur donner l’aide dont ils ont besoin.

Chloé Champagne-Gagné, représentante des Maisons des jeunes de Lanaudière, se questionne sur la pertinence de ce projet : « C’est assez semblable à ce qu’on peut faire en maison de jeunes. » Elle énumère plusieurs inquiétudes qui sont partagées par l’ensemble des Maisons des jeunes, dont « le dédoublement » des services, « l’accessibilité vu l’étendue du territoire », « l’enjeu du recrutement » et plusieurs autres.

Pour permettre une meilleure accessibilité, les Maisons des jeunes ont proposé de mettre en route des services mobiles qui, jusqu’à présent, n’ont pas été approuvés par le gouvernement. Mme Champagne-Gagné déclare qu’à cause du partenariat avec le projet Aire ouverte, les intervenants sont pressés et ne peuvent prendre le temps de créer des bonnes relations avec les jeunes. « Les échéances gouvernementales ne favorisent pas la co-construction réelle et les comités en place ont des mandats et des objectif plutôt nébuleux. »

Le rapport Laurent

L’avis d’Isabelle Leblanc, coordonnatrice des Ateliers éducatifs les Petits Mousses, va dans le même sens que ceux de ses collègues. Elle trouve aussi que les projets du gouvernement Legault pénalisent les services et les organismes communautaires déjà en place. Elle s’inquiète pour les projets qui seront potentiellement mis en place à la suite du rapport Laurent.

Mme Leblanc revient sur l’objectif de prévention qu’a la Direction de la protection de la jeunesse pour le bien-être des enfants. « Si le gouvernement désire agir en prévention, d’abord et avant tout, il a le devoir d’intégrer et de mettre de l’avant les intervenant(e)s du communautaire », impose-t-elle.

Elle espère que le gouvernement ne fera pas que « collaborer » avec les organismes, mais plutôt « travailler et construire » pour le bien-être des enfants et des familles. 

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