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18 janvier 2024

Marie-Christine Gaudreau - mcgaudreau@medialo.ca

Milieu communautaire : des retombées économiques sous-estimées

Étude d’impact

Corporation de développement communautaire MRC de L'Assomption

©Photo Marie-Christine Gaudreau

Les économistes Julien Mc Donald-Guimond et Cristina Ruscio de la firme AppEco ont réalisé cette étude pour la CDC MRC de L’Assomption.

Si on reconnaît naturellement le milieu communautaire pour sa valeur sociale, sa valeur économique, elle, tend à passer sous le radar. Pourtant, les retombées financières émanant des activités des organismes communautaires ne sont pas à négliger. C’est du moins ce qu’a contribué à démontrer l’étude d’impact commandée par la Corporation de développement communautaire (CDC) MRC de L’Assomption à la firme spécialisée en analyse économique AppEco.

Cette firme avait précédemment effectué, il y a deux ans, une grande étude sur le même thème en collaboration avec la table nationale des CDC. Ses conclusions, ayant démontré qu’avec un financement gouvernemental de 100 M$ dans le milieu communautaire, plus de 185,7 M$ étaient créés en retombées économiques totales, ont motivé Félix Rousseau-Martin, agent de développement à la CDC MRC de L'Assomption, à vouloir transposer l’étude à l’échelle locale.

De fait, plusieurs constats frappants sont ressortis de l’analyse des états financiers et des rapports d’activités de 41 des 48 organismes communautaires autonomes et d’économie sociale membres de la CDC.

Investissement payant

Réalisée en trois volets, l’étude a d’abord voulu chiffrer les retombées économiques des entités sociocommunautaires pour l’année d’exercice 2021-2022. Il a ainsi été estimé que pour des investissements de 22,6 M$ (subventions, autofinancement, dons, etc.) dans ces organismes communautaires, les retombées économiques totales s’élevaient à 41,9 M$. Ce chiffre peut être établi en additionnant les effets indirects et les effets induits aux effets directs (revenus).

Plus précisément, en 2021-2022, les organismes ayant participé à l’étude ont généré 10,6 M$ en effets indirects, représentant l’impact économique chez les fournisseurs alimentant ces organismes en biens et services. On parle ici entre autres de création d’emplois ou encore d’augmentation du volume de ventes au sein d’entreprises locales. Enfin, les effets induits, soit l’impact des salaires des travailleurs des organismes communautaires dans l’économie locale par l’achat de nourriture ou de vêtements par exemple, ont été chiffrés à 8,7 M$. « L’argent investi percole dans l’économie locale », explique Félix Rousseau-Martin, qui voit cette étude d’impact comme une opportunité de démontrer la plus-value du milieu communautaire à l’échelle économique.

Sous-financement

« L’idée c’est de dire que si on finance le milieu communautaire à sa juste valeur, selon les besoins, ultimement ça donne des retombées économiques totales qui seront presque doublées par rapport au financement initial », énonce-t-il. L’agent de développement espère par ailleurs que les résultats de cette étude puissent servir les organismes membres de la CDC en influençant positivement l’opinion des décideurs publics et autres bailleurs de fonds au moment de prendre des décisions quant à l’attribution des ressources disponibles.

En mettant en lumière « la valeur complète et complexe des organismes communautaires », la CDC MRC de L’Assomption désire également décrier le sous-financement chronique qui afflige le milieu communautaire.

« Alors que les organismes avaient déjà recensé en être à un point de rupture avant et pendant la pandémie des points de vue financiers, des ressources humaines et d’épuisement socioprofessionnels*, la prochaine année à venir et les autres qui s’en suivront risquent d’afficher des impacts économiques stagnants, voire décroissants si les financements multisectoriels ne sont pas rehaussés pour le milieu communautaire », cite l’étude rédigée par les économistes Julien Mc Donald-Guimond et Cristina Ruscio.

S’intéressant à l’enjeu du sous-financement, l’étude s’est dans un deuxième temps penchée sur les retombées économiques évolutives des organismes membres de la CDC. En tenant compte des états financiers de 30 organismes sur une période de trois ans, soit entre 2020 et 2023, période durant laquelle le financement aux organismes a été rehaussé dans le contexte de la pandémie, AppEco a été en mesure de constater un effet observable de ces bonifications sur les retombées économiques totales des organismes membres de la CDC. Effectivement, pour une majoration du financement de 7,7 % entre 2020-2021 et 2021-2022 et de 10,3 % entre 2021-2022 et 2022-2023, les organismes à l’étude ont vu leurs retombées économiques totales passer de 25 453 199 $ en 2020-2021 à 30 251 570 $ en 2022-2023.

Alors que les aides d’urgence aux organismes pourraient bientôt être laissées de côté, la CDC MRC de L’Assomption espère conscientiser le gouvernement et les bailleurs de fonds aux effets économiques inévitables d’un recul dans les subventions octroyées et ultimement de la nécessité de rehausser significativement le financement à la mission.

Travail invisible

Enfin, le dernier volet de l’étude s’est attardé à l’impact du bénévolat sur le PIB. À eux seuls, les 15 organismes ayant compilé les heures de leurs bénévoles ont déclaré 44 660,5 heures de bénévolat au cours de la dernière année. Selon un calcul quantifiant la valeur d’une heure de bénévolat à 30,79 $, ces heures représentent une valeur ajoutée de plus de 1 375 097 $ dans l’économie locale. « Et ce n’est qu’une pointe de l’iceberg de l’impact du bénévolat », a rappelé Félix Rousseau-Martin. Pour l’heure, peu d’organismes comptabilisent le travail effectué par leurs bénévoles. De plus, d’autres facteurs plus difficilement quantifiables ont un impact certain sur l’économie. « Il y a des bénéfices au nombre de personnes que l’on sort de la rue, au nombre de personnes qu’on aide à trouver un emploi, au décrochage scolaire que l’on prévient, aux suicides que l’on évite », a cité en exemples l’économiste Cristina Ruscio.

Afin de mettre en valeur les conclusions de cette analyse, la Corporation de développement communautaire MRC de L’Assomption a formulé 12 recommandations visant à assurer la pérennité des impacts économiques importants de ses membres communautaires dans son écosystème.

 

Pour consulter l’étude complète : https://rb.gy/azqy6a

 

* L’étude Point de rupture! a été réalisée par l’Observatoire de l’action communautaire autonome.

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