Immigration | La Zone Agtech perdra 3 employés

À la Zone Agtech, 4 des 9 employés sont issus de l'immigration. Seul un d'entre eux détient sa résidence permanente. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
À la Zone Agtech, 4 des 9 employés sont issus de l’immigration. Seul un d’entre eux détient sa résidence permanente. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

À la Zone Agtech, quatre des neuf employés en poste sont issus de l’immigration. Pour un écosystème international comme celui qui déploie progressivement ses ailes à L’Assomption, il s’agit d’une véritable richesse, note la directrice générale Marilou Cyr. Or, trois d’entre eux quitteront bientôt le Québec; conséquence des déboires actuels en immigration.

Dans les deux prochains mois seulement, l’organisme perdra son directeur Programmes d’accélération et son analyste-conseils marketing. Tous deux venus de la France avec un riche bagage et une foi en la mission de la Zone Agtech, Yves et Hugo ont chacun expérimenté des difficultés pour l’obtention ou le renouvellement de leur visa de travail.

« À la base, ils voulaient rester », soutient Marilou Cyr. Pourtant, ils ont récemment annoncé leur départ à l’équipe. « Le Québec ferme le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et l’an passé c’est le fédéral qui reconduisait très lentement ou très peu les visas de travail. Ça devenait trop compliqué de poursuivre. Ils n’avaient plus d’ouverture, ils ne se sentaient plus bienvenus », relate la directrice générale.

À contrecœur, les deux professionnels en sont venus à la conclusion qu’il vaudrait mieux rentrer à la maison, une fois leur visa actuel échu. Ces deux mauvaises nouvelles, coup sur coup, sont arrivées comme des ondes de choc pour Marilou Cyr.

« Au début, tu en perds un. Après, tu en vois un autre qui a de la misère dans ses démarches d’immigration. Tu en perds un autre. Un moment donné, tu te dis : bon, on les a tous perdus », se désole-t-elle.

Qualifiés, intégrés, mais tout de même rejetés

Car, en plus des deux collègues français qui plieront bagage, une troisième joueuse se fait montrer la porte du Québec. Venue du Maroc pour étudier ici dans l’objectif clair de s’installer de façon permanente par la suite, la jeune femme fondait beaucoup d’espoir dans le PEQ, rapporte Mme Cyr. « Elle a investi beaucoup d’argent pour venir étudier au Québec en pensant que ce serait plus facile pour devenir résidente. »

Sa demande au PEQ n’a toutefois pas abouti en invitation de la part du gouvernement québécois. « Elle a reçu une invitation du fédéral et elle a décidé de poursuivre avec eux. Mais, avec le fédéral, il faut que tu ailles habiter hors Québec », mentionne la directrice générale. Ainsi, il s’agit d’une troisième perte pour Agtech. Bien qu’Imane puisse poursuivre sa relation de travail à titre de conseillère aux entreprises à distance, sa présence physique manquera à l’équipe.

Pour Marilou Cyr, Imane était l’exemple parfait de la personne immigrante intégrée. À la fin de ses études à Québec à la maîtrise en stratégie de l’innovation, celle-ci avait fait le choix de déménager à Repentigny pour s’imprégner pleinement du milieu où elle s’investirait professionnellement.

« Je trouve ça difficile parce qu’on n’a jamais eu une aussi belle équipe qu’en ce moment à la Zone Agtech », poursuit la directrice générale. En plus de la synergie exceptionnelle entre ses employés, la Zone Agtech avait trouvé en Yves et Hugo des profils qualifiés et spécialisés qui représentaient des atouts majeurs pour le rayonnement de l’organisme. Leurs postes, craint Marilou Cyr, pourraient être difficiles à combler.

Une richesse dont on ne peut se passer

Car, si la belle province fait bien en recherche fondamentale en science et innovation, Mme Cyr admet que la commercialisation des technologies demeure un point faible. « Il y a des pays qui avancent très rapidement […] Je trouve dommage que tous ces profils-là qui font avancer le Québec, on soit prêts à les laisser aller si facilement. »

La directrice générale explique notamment que leur directeur Programmes d’accélération a fondé huit entreprises, en plus de valoriser l’une d’elles à 60 M$. « On a besoin de gens qui ont accompli des succès, insiste la directrice […] Des gens qui s’y connaissent assez pour pouvoir accompagner des entreprises et donc amener une plus-value aux entrepreneurs. » Son départ laissera un vide certain.

Et si les enjeux en immigration font présentement grand bruit aux quatre coins de la province, Marilou Cyr estime que les dommages seront bien plus importants que ce qu’on peut entrevoir. « Ce sont des gens qui ne font pas de vagues », dit-elle au sujet de ses collègues qui s’exileront de la province. « Combien il y en a qui ne font pas de vagues comme ça en ce moment au Québec et qui se préparent à partir ? » questionne-t-elle.

Pour le secteur de l’innovation, perdre de l’expertise internationale pourrait s’avérer critique, réitère Marilou Cyr. Alors que Québec a misé sur la Zone Agtech pour placer la province sur l’échiquier mondial en matière d’innovation scientifique et technologique, celle-ci estime qu’en rejetant ceux qui ont le pouvoir de nous enrichir de ce qu’il se fait de meilleur ailleurs, on se prive d’avancer. « Le gouvernement nous demande de faire de l’attraction internationale. Si c’est difficile pour nos propres employés de rester, comment on va attirer des entreprises ? » laisse-t-elle finalement tomber.

Articles les plus consultés

(Photo archives)
Actualités
Faits divers

Fabrication d’armes à feu | Un homme arrêté à Repentigny

Une perquisition sur la rue Lévesque, à Repentigny, a permis de saisir une arme à feu imprimée en 3D et de procéder à une arrestation.
Le territoire surnommé Ceinture verte par les citoyens représente une bande de terrains, longeant le boulevard Le Bourg-Neuf, entre la piste cyclable et les terres agricoles. (Photo gracieuseté)
Actualités
Environnement

Une consultation publique dédiée à l’avenir de la Ceinture verte demandée

Le groupe Citoyens pour un projet collectif à Repentigny souhaite la tenue d'une consultation publique dédiée à la Ceinture verte.
(Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Actualités
Éducation

À 32 ans, Vincent Beauregard vise la médecine

Au tournant de la trentaine, Vincent Beauregard réalise qu'il n'est pas allé au bout de ses rêves. Il espère aujourd'hui faire sa médecine.