Métiers de la construction | Les femmes s’imposent… de plus en plus

Gaëlle Berthelot et Jennifer Desmarais.  (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Gaëlle Berthelot et Jennifer Desmarais. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

En 2024, le portrait statistique « Les femmes dans la construction » de la Commission de la construction du Québec statuait que la gent féminine représentait 3,98 % de la main-d’œuvre active totale dans ce milieu à prédominance masculine. Bien que l’écart homme-femme demeure colossal, une progression constante de la présence féminine sur les chantiers est observée.

D’ailleurs, la région de Lanaudière compte plusieurs exemples de femmes qui osent suivre leur voie et mettre leurs compétences à profit dans divers corps de métier de la construction.

Globalement, d’un bout à l’autre de la province, les chantiers de construction pouvaient compter sur l’apport de 7 885 femmes en 2024, soit une hausse de 380 femmes par rapport à 2023. De plus, 4 658 des 27 798 entreprises en construction actives au Québec embauchaient des femmes.

Les métiers qui attiraient le plus grand nombre de femmes étaient ceux de peintre (1911), charpentière-menuisière (1460), manœuvre (1321) et électricienne (762). À eux seuls, ces quatre métiers rassemblent 69,2 % de la main-d’œuvre féminine de l’industrie. Jennifer Desmarais et Gaëlle Berthelot, propriétaires de l’entreprise H-Tag peintres, à L’Assomption, font partie du compte.

Les femmes à l’honneur

Devenue peintre il y a une douzaine d’années, la première s’est découvert une passion et un talent qui l’ont gardée accrochée à la profession. En quête de nouveaux défis à relever, la jeune professionnelle a fondé sa propre entreprise en 2021. Quelques mois plus tard, Gaëlle Berthelot, formée en dessin de bâtiment, s’est initiée à la peinture en se joignant à Jennifer Desmarais. Elle n’a plus quitté le métier non plus.

Depuis cinq ans, H-Tag peintres répand ainsi ses couleurs dans la région. Selon les saisons, l’entreprise embauche jusqu’à 28 employés. Plus de la moitié de ceux-ci sont des femmes. Les entrepreneures constatent cet engouement dont parlent les chiffres pour la profession de peintre chez les femmes. « On reçoit plus de candidatures de filles que de gars », exprime Gaëlle Berthelot. « Sur 10, c’est peut-être 8 femmes », renchérit Jennifer Desmarais.

Depuis leur entrée sur le marché de la peinture, les deux femmes ont vu une réelle évolution de la place des femmes dans l’industrie. Particulièrement pour le métier de peintre, où la mixité s’impose de plus en plus.

Jennifer Desmarais et Gaëlle Berthelot sont en affaires depuis 5 ans dans la région. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Faire ses preuves

Pour autant, leur cheminement n’a pas été exempt d’embuches. « Tu pars déjà à -1, jusqu’à ce que tu prouves ta valeur », analyse Jennifer Desmarais. Si certaines personnes démontrent beaucoup d’ouverture et d’enthousiasme à faire affaire avec des femmes, en tant que jeunes entrepreneures en construction, Jennifer et Gaëlle ont connu leur lot de jugements.

« On venait d’engager un homme d’une cinquantaine d’années. Il m’a dit : je ne me ferai pas dire quoi faire par une petite fille de 26 ans! », se rappelle Gaëlle Berthelot. Heureusement, dit-elle, ce genre de mésaventures demeurent isolées. Mais, étant appelées à côtoyer une majorité d’hommes sur les chantiers, Jennifer et Gaëlle conviennent qu’elles doivent parfois hausser la voix pour se faire entendre et rappeler que c’est elles qui mènent la barque au sein de leur propre équipe.

Assumées

L’expérience acquise au fil des ans leur permet néanmoins aujourd’hui d’être épanouies professionnellement et d’assumer les décisions à prendre pour y parvenir. « Il faut faire un tri quand même parce que si je sens que la personne ne me respecte pas parce que je suis une femme, ça bloque déjà », explique Gaëlle Berthelot. En ce sens, Jennifer et elle n’hésitent plus à refuser une candidature ou une collaboration avec un client si le respect mutuel n’y est pas.

En tant que cheffe d’entreprise en construction, Jennifer Desmarais souligne une situation anecdotique vécue à plusieurs reprises. « Ce qui me fait toujours rire, c’est quand on m’appelle et qu’on me dit : Passe-moi ton boss. » Sans mauvaises intentions, Jennifer Desmarais remarque que les gens qui contactent son entreprise la prennent à tort pour une réceptionniste. « Ils s’attendent à ce que ce soit un gars [l’entrepreneur], mais non », lance Jennifer Desmarais sur un ton amusé.

Somme toute, à travers les anecdotes et les accrochages ponctuels, Jennifer et Gaëlle sont ravies de leur expérience. Leur petite entreprise prend du gallon tandis qu’elles, gagnent en assurance; pavant ainsi la voie à d’autres jeunes femmes qui souhaiteraient suivre leur trace.

 

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