« Unis en confiance » | Un projet qui fait du bien à Paul-Arseneau

Annick Perreault, éducatrice spécialisée; Lexie, paire aidante; et Samanta Shooner Guertin, intervenante pivot. 
(Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)
Annick Perreault, éducatrice spécialisée; Lexie, paire aidante; et Samanta Shooner Guertin, intervenante pivot. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Anxiété, solitude, violence, cyberintimidation, conflits avec les pairs; le passage au secondaire peut apporter son lot de difficultés pour plusieurs jeunes. À l’école secondaire Paul-Arseneau, à L’Assomption, l’équipe-école a uni ses forces à celles du milieu communautaire et de ses élèves afin de développer un programme qui permettrait à chacun de trouver le soutien dont il a besoin et d’évoluer dans un environnement à la fois bienveillant et valorisant. Depuis, Unis en confiance fait ses preuves.

« On observait une augmentation, entre autres, de la violence sous toutes ses formes. On avait un besoin à ce niveau-là et c’était difficile pour nous de faire de la prévention/sensibilisation parce qu’on travaille beaucoup au quotidien à atteindre des feux », contextualise l’éducatrice spécialisée Annick Perreault, responsable du projet Unis en confiance.

Avec la collaboration de l’organisatrice communautaire du CISSS de Lanaudière, Vanessa Dinelle, ont été jetées les bases d’une initiative par et pour les jeunes qui agirait tant sur le front de la prévention que celui de l’intervention. La formule créée est testée et peaufinée depuis l’an dernier.

Sensibiliser

Le premier volet du projet se traduit par l’organisation régulière de kiosques d’informations animés par les élèves impliqués et des partenaires des organismes communautaires du secteur. Sur l’heure du midi, ceux-ci abordent différentes thématiques susceptibles de toucher les jeunes. « La thématique la plus fréquente, qui a le plus suscité l’intérêt des jeunes, est celle des violences en contexte amoureux », révèle Roxanne Beaudet, intervenante à la Maison des jeunes de Repentigny. De nombreux autres sujets tels que l’activité physique, la diversité de genre et de sexe, la diversité culturelle, la santé mentale et les dépendances sont aussi au cœur des échanges.

Le second volet œuvre à mettre les élèves en relation afin de détecter et désamorcer des situations problématiques, d’assurer que chacun trouve le soutien dont il a besoin et ultimement que tous les élèves se sentent bien à l’école. « On a formé 17 pairs aidants cette année qui se rendent disponibles dans l’école sur les heures de dîner pour leurs collègues. Ils sont identifiés par leur chandail bleu », explique Samanta Shooner Guertin, intervenante au Carrefour jeunesse-emploi de L’Assomption et intervenante pivot pour le projet.

Une histoire d’entraide

Les pairs aidants ont le mandat d’être à l’écoute des pairs qui les approchent, mais aussi d’aller au-devant des élèves qui semblent vivre une difficulté : émotion négative, anxiété, conflit, etc. Avec Unis en confiance, les jeunes impliqués deviennent les yeux et les oreilles des intervenants scolaires et communautaires. Ils facilitent le lien avec les ressources. « Qui de mieux qu’un ado pour comprendre un autre ado ? », résume Annick Perreault.

À l’an 1 du projet, 9 pairs aidants se sont impliqués. Cette année, ils sont 17 à contribuer au bien-être de tous dans leur école. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Une fois le contact créé avec le jeune, le pair aidant est outillé pour lui offrir les premiers soins psychologiques. Il l’amène souvent aussi vers le local neutre, le quartier général du projet, où le jeune peut se déposer et surtout rencontrer différents intervenants capables de les accompagner en fonction de leurs besoins.

Samanta Shooner Guertin estime que plusieurs conflits ont pu être évités depuis le déploiement du projet l’an dernier. « C’est une courroie d’informations qui est plus rapide donc c’est plus facile de prévoir les conflits qui vont dégénérer », analyse l’intervenante.

Un projet gratifiant

Par ailleurs, Unis en confiance n’est pas seulement bénéfique pour les jeunes en difficulté. Il apporte aussi beaucoup de valorisation et un sentiment d’appartenance à leur milieu aux jeunes qui s’y impliquent, comme le décrit Lexie, une paire aidante en cinquième secondaire : « Ça m’apporte beaucoup d’estime. Je me sens heureuse, je me sens aimée et à ma place quand je suis dans le projet et que je porte mon chandail bleu ».

« [Le projet] me tient beaucoup à cœur parce que j’ai été quelqu’un qui a mangé seule pendant plusieurs années. Quand j’ai vu que ça aidait les gens qui étaient en situation d’intimidation ou d’isolement, j’ai directement voulu embarquer », poursuit la paire aidante. Depuis le début de l’année scolaire, l’étudiante mentionne qu’elle développe ses habiletés à détecter les personnes qui pourraient avoir besoin de soutien et à entrer en contact avec elles en délicatesse, sans les brusquer; des indispensables selon elle pour bien remplir son mandat.

Enfin, le jeune projet fait déjà du bruit autour de lui. La directrice du CREVALE, Ann-Marie Picard a rapporté : « … son impact est si fort qu’il suscite l’intérêt d’autres milieux […] Je demeure convaincue que Unis en confiance va pouvoir pérenniser des pratiques qui sont bonnes en réussite éducative ». L’équivalent du CREVALE dans la région des Laurentides ainsi qu’une école secondaire du Nord de Lanaudière auraient effectivement approché son organisation en raison de leur intérêt face à l’initiative développée à L’Assomption.

 

Le projet Unis en confiance est rendu possible grâce à la participation financière du Comité régional pour la valorisation de l’éducation (CREVALE), par l’intermédiaire du Fonds pour la persévérance scolaire et la réussite éducative du ministère de l’éducation et grâce à une aide financière issue du Fonds québécois d’initiatives sociales (FQIS), dans le cadre de l’Alliance pour la solidarité, en collaboration avec le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ainsi qu’avec le soutien de Centraide.

 

 

Le projet en chiffres

  • 17 pairs aidants impliqués en 2025-2026;
  • 157 interventions réalisées d’octobre 2024 à mai 2025;
  • 80 kiosques de prévention et de sensibilisation organisés l’an dernier;
  • Plus de 4587 visites des kiosques ont été comptabilisées.

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