Investir dans le communautaire pour économiser en santé

  • Publié le 2 déc. 2025 (Mis à jour le 2 déc. 2025)
  • Lecture : 2 minutes
Julien McDonald Guimond, économiste de la firme AppEco, et Félix Rousseau-Martin, agent de développement à la CDC MRC de L'Assomption. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Julien McDonald Guimond, économiste de la firme AppEco, et Félix Rousseau-Martin, agent de développement à la CDC MRC de L’Assomption. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

La Corporation de développement communautaire (CDC) de la MRC de L’Assomption présentait récemment les résultats de sa 3e analyse d’impacts économiques des organismes sociocommunautaires, réalisée par la firme AppEco, devant une partie de ses membres. De nouvelles données intégrées à l’étude ont permis d’estimer à 14,23 M$ les économies potentielles dans le réseau de la santé sur 6 ans générées par le rehaussement du financement de 38 organismes membres de la CDC.  

Cette somme a été calculée à partir des conclusions de la récente étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), signée par Raphaël Langevin. Celle-ci stipule « qu’augmenter de 1$ le financement des organismes communautaires au Québec permet, en moyenne, de générer des économies dans les dépenses publiques de santé d’environ 12 $ sur 6 ans ». La régionalisation des résultats a par ailleurs statué que ces économies grimpaient à 19 $ dans la région des Laurentides-Lanaudière, soit le ratio le plus élevé de la province.

Partant de ces données, la CDC de la MRC de L’Assomption a pris en considération les 748 547 $ en rehaussement du financement à la mission globale de ses membres entre 2023-2024 et 2024-2025 pour calculer les économies potentielles sur les finances en santé publique dans la région. En poussant l’exercice plus loin, la CDC et AppEco ont conclu que « dans la version la plus ambitieuse, les 43 organismes membres de la CDC financés adéquatement pourraient théoriquement permettre des économies de plus de 411 M$ sur six ans, soit plus de 68,5 M$ annuellement ».

Des coupures lourdes de conséquences

Ces projections se basent sur la documentation de la Table régionale des organismes communautaires autonomes de Lanaudière (TROCL) établissant à 74,32 M$ le manque à gagner en financement récurrent pour les 203 organismes communautaires de la région.

« Au niveau du financement à la mission, on a une baisse dans l’augmentation du financement qui est accordé à la mission globale des organismes membres », prévient toutefois Félix Rousseau-Martin, agent de développement à la Corporation de développement communautaire MRC de L’Assomption. Celui-ci souhaite que les nouvelles données mises en lumière contribuent à renverser la vapeur et que les organismes soient financés de façon plus concrète, durable et pérenne. Car, selon le constat actuel, une baisse dans le financement des organismes ne rimerait pas avec économie pour le gouvernement, mais bien avec hausse des dépenses en services rendus en santé et services sociaux.

Un impact plus grand qu’il n’en paraît

Julien McDonald Guimond, vice-président et économiste chez AppEco, a vulgarisé l’étude de Langevin, en expliquant notamment les déterminants sociaux de la santé : « Se faire aider à trouver un emploi, ça va aussi aider notre santé parce qu’on va avoir des sous, donc on s’achète de la meilleure nourriture, on a peut-être une meilleure santé mentale, on rencontre des gens, etc. » Celui-ci a ajouté que l’impact financier des organismes était probablement beaucoup plus grand que celui présenté, en tenant compte des effets à long terme de l’action communautaire et de son caractère multifactoriel sur la vie des usagers. « Votre apport est beaucoup plus grand que celui des retombées, mais aussi très différencié selon qu’on agisse en employabilité, en alimentation, en acquisition de compétences. Il n’y a pas une recette qu’on peut appliquer pour obtenir un chiffre à la fin. Ça prend des études au cas par cas. »

 

Pour consulter l’étude complète : www.cdclassomption.org/impactcdc.

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