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Il aurait pris la fuite après une querelle fatale

Le jeune homme subit un procès pour avoir causé la mort d'un autre jeune homme après une dispute au Skratch de Repentigny


Publié le 26 septembre 2017

Dany Doiron.

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

JUSTICE. Le jeune homme  de 25 ans accusé d'avoir asséné un violent coup de tête qui aurait entraîné la chute mortelle d'un autre jeune homme, à cause d'une dispute au sujet d'un vol de pichet de bière sur la terrasse du bar le Skratch de Repentigny en juillet 2015, aurait fui après l'altercation, selon les témoignages rendus par deux portiers de l'établissement, mardi, à son procès.

« Ça fait 45 minutes qu'il me gosse, ce n'est pas de ma faute », aurait dit Dany Doiron au portier Rémi Gauthier qui l'aurait rattrapé dans le stationnement du bar de la rue Notre-Dame après la querelle fatale qu'il aurait eue avec Jason Santos, vers 2 h 30, dans la nuit du 30 juillet 2015.

Jason Santos aurait d'abord accusé Dany Doiron de lui avoir volé son pichet de bière et une altercation serait survenue entre eux au cours de laquelle Jason Santos aurait reçu un violent coup de tête de Dany Doiron. Le garçon de 23 ans serait tombé au sol, sans jamais se relever et il est décédé.

Dany Doiron aurait quant à lui tenté de prendre la fuite après l'altercation.

« Quand [il] a enjambé la clôture [de la terrasse], il s'en allait vite », a témoigné Rémi Gauthier.  

Un « brouhaha »

Rémi Gauthier faisait de la surveillance aléatoire au bar le Skratch ce soir-là. À un moment, il aurait entendu son collègue de la sécurité Martin Gagné lancer une demande d'assistance immédiate pour un « brouhaha » sur la terrasse non couverte de l'établissement.

« Passé 2 h, en faisant mon balayage visuel vers la terrasse depuis mon poste à la porte principale de l'établissement, j'ai vu des têtes se tourner […] J'ai eu un sentiment. On le sait quand ça commence à être chaud », a raconté Martin Gagné qui était à l'époque portier depuis près de dix ans.

Il a expliqué s'être rapidement faufilé vers le lieu de « la bousculade » et avoir aperçu une personne « couchée de tout son long » et inconsciente au sol. Il a indiqué avoir reconnu le jeune homme qu'il avait averti un peu plus tôt dans la soirée au sujet de son fort ton de voix.

Puis, a-t-il ajouté, il a vu une personne « s'enfuir » par la terrasse.

Au pas de jogging

« À mon arrivée, la personne était en train d'enjamber la clôture, a-t-il dit. Je reconnais la personne, je sais que c'est Dany [Doiron]. »

Selon lui, l'accusé est ensuite parti au « pas de jogging ».

« Je vois qu'il veut se sauver, s'en aller », a-t-il relevé.

Il a dit avoir averti son collègue Rémi Gauthier qu'il s'agissait de Dany Doiron qui fuyait.

Il a expliqué que l'accusé était un client qui « venait régulièrement » au bar, d'une fois par mois à une fois par deux mois, et qu'il le connaissait depuis deux ans parce qu'ils avaient déjà travaillé ensemble comme portiers dans un établissement de Montréal.

Une claque sur la joue

Rémi Gauthier aurait rapidement poursuivi Dany Doiron en sautant aussi par-dessus la clôture de la terrasse.

« Rendu là, je l'ai reconnu, a-t-il dit, sans mentionner dans quel contexte il le connaissait. J'ai dit son nom, il a arrêté et il est venu me voir et je lui ai donné sa claque sur la joue et je lui ai dit de partir. Il avait du sang sur le front. »

Rémi Gauthier a expliqué qu'il avait une « entente » avec Dany Doiron.

« [C'était] que s'il refaisait du trouble, je lui donnais une claque », a-t-il dit.

De la grosseur du petit doigt

Dany Doiron serait rentré vers 4 h à l'appartement de sa copine de l'époque, Cristina Arcoite, qui avait déjà travaillé comme barmaid au Skratch de Repentigny.

Selon elle, l'accusé avait une « fendure » (sic) de la grosseur du petit doigt au front qu'ils ont soigné avec des papiers essuie-tout, de l'eau et du savon.

Elle a indiqué avoir reçu des informations brèves de la part de Dany Doiron quant à la querelle dans laquelle il aurait été impliquée.

« Il m'a dit qu'il y avait eu une chicane de pichet, que le ton avait monté, que la chicane avait déboulé », a-t-elle témoigné.

Voix forte

Selon son témoignage, la victime alléguée de Dany Doiron, Jason Santos, « parlait fort » sur la terrasse vers 1 h 45 - 2 h et elle a dit en avoir été indisposée.

« C'était peut-être dans sa nature, il n'était pas nécessairement agressif, mais en travaillant dans les bars, je sais que ça peut indisposer des clients et potentiellement mener à des conflits. Je suis rentrée à l'intérieur pour continuer ma soirée », a-t-elle expliqué.

Puis, elle aurait vu un « tiraillement » sur la terrasse et aurait été « accostée » par un ami de Dany Doiron lui mentionnant qu'il venait de « se tirailler » et qu'il avait quitté la terrasse.

Elle serait allée le rejoindre dans le stationnement de l'établissement et lui aurait demandé « si ça valait vraiment la peine » avant de lui dire de « prendre de l'air » et de s'expliquer plus tard.  

Christina Arcoite a affirmé qu'elle et Dany Doiron ont su six heures plus tard, via un ami, que le décès de Jason Santos avait été constaté. Des policiers se sont par la suite rendus chez elle et ont arrêté Dany Doiron, qui a été accusé d'homicide involontaire.

Le jeune homme compte plaider la légitime défense dans le cadre de son procès qui doit se poursuivre demain avec son témoignage.