Un comité Parents-Secours formé à Repentigny

Claude Denis est devenu le premier foyer-refuge de sa ville, au terme de ses démarches entamées durant l'été, en octobre dernier. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Claude Denis est devenu le premier foyer-refuge de sa ville, au terme de ses démarches entamées durant l’été, en octobre dernier. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Le Repentignois Claude Denis réside à proximité du parc des Moissons, sur la rue Beauchesne. Certes, il a l’habitude de voir circuler des enfants près de chez lui, mais deux événements survenus l’été dernier l’ont convaincu de la nécessité de poser un geste pour leur sécurité. Il a relancé un comité Parents-Secours à Repentigny.

« On voit un petit bonhomme, 5-6 ans peut-être. Il passe, il veut aller jouer au parc. Et là, il revient. Tu vois qu’il cherche. On est là et on ne voit pas passer la maman. Pas de papa, pas de frère, pas de sœur, personne. Rien que lui. Ça ne marche pas », raconte Claude Denis, en entrevue avec l’Hebdo Rive Nord. Sa femme et lui, tous les deux retraités, décident de sortir pour s’assurer que tout va bien.

Sur place, ils découvrent que le petit garçon s’était effectivement sauvé en douce de la maison pour aller jouer au parc. « On l’a récupéré et on a appelé la police; ce qu’on devait faire. À partir de là, la maman est arrivée en courant, énervée. »

Peu de temps après, une situation semblable touche une des petites-filles de M. Denis. Habitant non loin du parc, la fillette s’y rend parfois seule pour jouer. Lorsqu’elle décide de rentrer chez elle, toutefois, elle croit son père qui est sorti dans la cour arrière, absent. Elle se dirige donc à nouveau vers le parc pour se rendre chez ses grands-parents. Ils n’y sont pas non plus. « Elle a paniqué […] Comme elle ne trouvait personne, elle pleurait. Une madame l’a vu pleurer et a appelé la police », décrit-il.

Citoyen impliqué

Les deux événements subséquents amènent Claude Denis à se questionner. « Je me suis dit : Parents-Secours, ça existait dans le temps. Pourquoi ça n’existe plus ? J’ai appelé au siège social. » Il apprend alors que le mouvement est bien vivant, mais qu’aucun comité n’est sur pied à Repentigny. Il n’en faut pas plus pour motiver M. Denis à prendre les choses en main.

Bien que retraité, le Repentignois est toujours très actif. Il s’implique notamment avec les Chevaliers de Colomb, la Garde côtière auxiliaire et les pompiers. « Aider les gens, c’est dans ma nature », révèle-t-il. C’est pourquoi il n’a pas hésité à prendre les rênes du comité local de Parents-Secours.

En octobre dernier, au terme des vérifications de sécurité d’usage, la demeure de Claude Denis devenait le premier foyer-refuge de Repentigny. Le citoyen s’est alors entouré de quelques résidents du secteur pour mettre la machine en marche. Depuis, sept autres foyers-refuges ont été officialisés et quelques autres sont en voie de l’être. Une trentaine de citoyens doivent également encore être rencontrés par M. Denis afin de se joindre au groupe.

Repentigny compte actuellement huit foyers-refuges. Plusieurs autres s’ajouteront au fil des semaines. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Une mission à faire connaître

Son comité fraichement lancé, Claude Denis se réjouit de l’engouement que celui-ci suscite. Il sait toutefois qu’il y a encore beaucoup à faire pour couvrir tout le territoire de la Ville de Repentigny. Ainsi, il appelle ceux et celles qui ont à cœur de protéger les enfants à s’impliquer. « Qui ne veut pas d’un quartier sécuritaire pour ses enfants ? » questionne-t-il.

« Plus il y aura de foyers-refuges, plus il y aura de foyers sécuritaires pour les enfants et c’est le plus beau bénévolat que tu peux faire au monde », poursuit-il. Concrètement, les bénévoles de Parents-Secours n’ont qu’à poser leur affiche bien en vue devant leur maison lorsqu’ils sont disponibles. Les enfants et les aînés qui reconnaissent la pancarte rouge peuvent ensuite aller chercher de l’aide s’ils sont perdus, blessés, malades ou s’ils ont peur de quelqu’un ou de quelque chose.

« Le mandat consiste à répondre aux enfants qui viennent cogner. Après, il y a une fiche à remplir. On ne donne rien à manger, on ne connaît pas les allergies. On donne de l’eau et on appelle le 911 », résume M. Denis quant au rôle des Parents-Secours.

Alors que le réseau de foyers-refuges est appelé à grandir graduellement à Repentigny, un défi de taille demeure : celui de faire connaître Parents-Secours à la nouvelle génération. « Les jeunes ne connaissent plus ça, reconnaît Claude Denis. On a besoin de faire parler de nous. » En ce sens, le Repentignois est en contact avec la Ville afin d’obtenir son soutien. En collaboration avec le service de police, M. Denis souhaite notamment faire entrer Parents-Secours dans les écoles afin que de la sensibilisation soit faite.

Claude Denis est responsable du comité Parents-Secours de Repentigny. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

« Normalement, quand j’embarque dans un projet, je pousse à fond pour que ça marche. Il faut que ça marche et pour ça, il faut qu’on soit visible », conclut Claude Denis, qui, on le devine, est prêt à faire des pieds et des mains pour un Repentigny plus sûr pour ses petites-filles, ses jeunes voisins et l’ensemble de la communauté d’enfants et d’aînés.

 

Pour devenir foyer-refuge : repentignyparentssecours@gmail.com.

 

Quelques faits sur Parents-Secours

  • Dans la région de Lanaudière, on compte 4 comités locaux de Parents-Secours à Repentigny, Crabtree, Saint-Lin-Laurentides et Terrebonne.
  • Trois Centres de la petite enfance (CPE) sont également certifiés à Chertsey, Saint-Esprit et Terrebonne.
  • À l’échelle de la province, 169 enfants et aînés ont demandé de l’aide dans un foyer-refuge en 2024-2025.
  • 267 personnes ont également trouvé de l’aide dans un kiosque enfants perdus/aînés secourus organisé par un comité lors d’événements.
  • Le dernier rapport d’activités de l’organisme faisait état de 1758 foyers-refuges à travers le Québec.

Articles les plus consultés

(Photo gracieuseté)
Actualités
Faits divers

Accident | L’A-40 ouest paralysée pendant plus d’une heure

Quinze véhicules sont entrés en collision près de la sortie 106 sur l'autoroute 40 ouest entre Repentigny et L'Assomption.
Pascale Déry, a confirmé qu’elle serait de la prochaine campagne électorale. Photo gracieuseté Émilie Nadeau.
Actualités

Pascale Déry sur la ligne de départ: élection provinciale 

Concernant son avenir politique, Pascale Déry a été très claire sur ce sujet.
Normand Grenier maire de Charlemagne. Photo Médialo Pierre Chartier.
Actualités

Une hausse de taxe de 2,37 % à Charlemagne

Dans l’élaboration de son cadre financier le conseil municipal fait preuve de créativité.