Témoignage | Quand l’appel de la maternité ne vient pas

Le compagnon à quatre pattes de Karine Jalbert comble son besoin d’amour à donner.  (Photo gracieuseté)
Le compagnon à quatre pattes de Karine Jalbert comble son besoin d’amour à donner. (Photo gracieuseté)

La Lanaudoise Karine Jalbert fait partie de ces femmes qui n’ont jamais eu l’appel de la maternité. À 34 ans, la jeune femme n’a même jamais considéré le fait de devenir mère comme une possibilité. Cela, assure-t-elle, ne fait pas d’elle une personne égoïste ou moins épanouie. Elle a accepté de témoigner.

« Je n’ai jamais eu à me poser la question si j’en voulais ou pas. Je savais que je n’en voulais pas », formule simplement Karine Jalbert. Elle nuance toutefois : elle apprécie les enfants et se considère même particulièrement douée avec eux. « De 19 à 25 ans, j’ai élevé trois enfants qui n’étaient pas les miens », explique-t-elle.

Alors en relation avec un homme plus âgé qui avait déjà des enfants, Karine Jalbert a pris ces petits sous son aile. « Je les ai vraiment élevés comme mes propres enfants », constate-t-elle. Malgré tout, lorsque ce conjoint lui a signifié le désir d’avoir un nouveau poupon avec elle, la jeune femme lui a immédiatement servi une réponse négative.

« À ce moment-là, je me suis dit, je vais le faire pour les autres, mais moi, personnellement, je n’en veux pas pour la vie », élabore Karine Jalbert. Rien dans son vécu n’expliquait toutefois ce ressenti. Pas de traumatisme ni de mauvaise expérience significative. Plutôt, un sentiment tout simple que ce chemin n’était pas le sien.

Pression sociale

Si cette évidence qui s’est imposée tôt dans sa vie n’a pas causé de tollé au sein de sa famille et auprès de ses proches, Karine Jalbert admet quand même avoir ressenti à certains moments une pression sociale par rapport à son choix. « À 34 ans, on s’attend à ce que j’en ai [des enfants] », observe-t-elle. Les questions et les commentaires à ce sujet sont fréquents, admet-elle.

« Souvent, ce que je me suis fait dire, c’est que j’avais un devoir envers la société de faire un enfant. C’est quelque chose que je ne comprends pas parce que je pense qu’on est libre de faire nos choix », dénonce Karine Jalbert. Pour elle, qu’une femme choisisse ou non d’avoir des enfants ne regarde en rien le reste de la société. « Me faire dire que c’est égoïste de ma part de ne pas faire un enfant, je trouve que c’est un jugement qui est trop facile et qui n’a pas sa place », ajoute-t-elle.

Un choix assumé

Tandis que de nombreux enfants se retrouvent dans les centres d’accueil chaque année, Mme Jalbert est d’avis que l’adoption, même si elle ne l’a pas choisi elle-même, devrait une avenue davantage explorée. « À l’inverse, je trouve ça un peu égoïste de faire un enfant quand tu sais qu’il y en a dans le besoin, qui attendent juste d’avoir des parents et d’avoir une famille », répond-elle aux détracteurs qui jugent ses choix de vie.

Fièrement assumée, Karine Jalbert affirme qu’avoir un emploi stable, être épanoui dans sa vie de couple, faire l’acquisition d’une maison, pratiquer des activités qui l’intéressent et penser à elle sont des buts et accomplissements qui la comblent amplement.

« Ça ne me fait pas peur de vieillir seule, tant que je vis heureuse et épanouie, que j’ai pris soin de moi et que j’ai fait des choses que j’aimais. C’est ça qui me satisfait, je pense », conclut-elle.

 

 

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