Regroupement de corps policiers: fusionner, mais pas à n’importe prix

  • Publié le 21 avr. 2026 (Mis à jour le 22 avr. 2026)
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Nicolas Dufour et Sébastien Nadeau. Photo Médialo Marie-Christine Gaudreau.
Nicolas Dufour et Sébastien Nadeau. Photo Médialo Marie-Christine Gaudreau.

Le conseil des maires de la MRC de L’Assomption annonçait récemment le lancement d’un appel d’offres pour la réalisation d’une étude sur le regroupement des corps policiers de la Ville de Repentigny et de la Ville de L’Assomption. L’Hebdo Rive Nord a rencontré les maires Nicolas Dufour et Sébastien Nadeau afin de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette démarche.

La prémisse est simple. La facture dédiée aux coûts de fonctionnement du service de police gonfle d’année en année, et ce, tant à Repentigny qu’à L’Assomption. D’ailleurs, ce constat est aussi vrai pour plusieurs autres postes budgétaires.

Alors que les citoyens subissent les contrecoups de ces flambées de prix de part et d’autre, les élus se questionnent sur des voies qui permettraient de réduire certaines dépenses. L’étude sur la pertinence et la faisabilité d’un regroupement des forces policières constitue une action en ce sens.

« En bons gestionnaires, on se doit d’essayer de trouver des façons d’offrir la même qualité de service à un prix moindre », a affirmé le maire de Repentigny, Nicolas Dufour. À l’heure actuelle, la desserte policière accapare plus de 15 % du budget municipal à Repentigny et environ 20 % à L’Assomption.

Une opportunité d’outiller la réflexion

Sachant qu’une subvention du Fonds régions et ruralité du gouvernement du Québec était accessible afin de réaliser des études portant sur les regroupements municipaux en tous genres, Nicolas Dufour et Sébastien Nadeau ont vu une opportunité d’obtenir un portrait clair du scénario de regroupement. « C’était intéressant de se dire qu’il y avait une enveloppe pour nous aider à financer ce genre de réflexion là », a expliqué le maire Dufour.

Les deux maires ont ainsi ouvert la discussion avec leurs collègues de Charlemagne et Saint-Sulpice, desservis par leurs services, avant de lancer les démarches. Bien qu’ils aient convenu d’aller de l’avant avec l’étude, les maires Nadeau et Dufour préviennent qu’aucune direction n’est privilégiée à l’heure actuelle. Nombre de questions qu’éclaircira l’étude sont pour le moment en suspens. La décision, à savoir s’il y aura un regroupement ou non, dépendra entièrement des conclusions de cet exercice, ont assuré les élus.

L’autonomie municipale en jeu

Pour L’Assomption, le maire Sébastien Nadeau a signalé qu’il ne s’agissait pas d’une mince réflexion. « C’est un changement qui serait majeur au niveau de l’autonomie municipale », a-t-il exposé. L’élu n’a d’ailleurs pas caché sa réticence face à un regroupement. Il a toutefois reconnu qu’il était de sa responsabilité d’évaluer toutes les possibilités pour protéger le portefeuille des contribuables. « Si on n’a pas un meilleur service et qu’on n’a pas d’économie, on va favoriser le statu quo », a-t-il néanmoins assuré.

Si le conseil des maires cherche de potentielles économies, il jure que celles-ci ne devront pas se faire au détriment de la qualité des services offerts à la population. « Pour nous, ce qui est important, c’est vraiment le sentiment de sécurité des citoyens. La meilleure chose pour augmenter le sentiment de sécurité, c’est la présence policière. Notre intention, ce n’est pas de couper dans la présence policière, dans la visibilité », a soutenu le maire Nadeau.

Ainsi, si un scénario de regroupement est retenu, celui-ci devra minimalement maintenir le niveau de service actuel dans l’ensemble des municipalités desservies et, au mieux, l’améliorer.

Gains d’efficacité

Par ailleurs, outre des économies de coûts, le regroupement des forces policières de L’Assomption et Repentigny pourraient avoir d’autres retombées positives, telles que des gains d’efficacité.

« Il faut savoir qu’une ville comme l’Assomption, qui a 25 000 habitants et qui dessert Saint-Sulpice pour un total de 28 000, on a l’obligation d’avoir un service de niveau 2, qui est normalement exigé aux villes de 100 000 habitants. Donc, on a des requis et des standards qui sont hyper élevés », a détaillé M. Nadeau. En ce sens, une fusion viendrait créer un plus grand bassin de citoyens desservis et permettrait, par exemple, d’éviter le décuplement de certaines unités dont les services sont peu requis dans le secteur.

« Si j’ai une équipe anti-émeute et L’Assomption a une équipe anti-émeute; est-ce qu’on peut avoir juste une équipe anti-émeute qui va couvrir tout le territoire ? Même chose au niveau des équipements, des investissements » a questionné le maire de Repentigny. C’est le type de questions sur lesquelles l’étude se penchera.

En fusionnant, les forces policières pourraient potentiellement conserver un seul camion d’enquête criminelle plutôt que deux ou encore jumeler les troupes pour rentabiliser les investissements en matière de formation. « Pour le moment, on le présuppose. On n’a pas encore de confirmation. C’est ce qu’on veut aller chercher comme information avec les études », a insisté le maire Dufour.

Les réponses doivent venir d’ici 12 à 18 mois. À la suite de quoi, un rapport d’analyse sera rendu public. Les élus assurent enfin que les orientations qui émergeront de l’étude seront soumises à la population afin que la décision finale tienne compte de l’opinion publique.

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