Une première saison exaltante en course automobile pour Alexis Baillargeon

Alexis a participé à la Série Challenge Canada au volant du Nissan Sentra. (Photo gracieuseté)
Alexis a participé à la Série Challenge Canada au volant du Nissan Sentra. (Photo gracieuseté)

Les années passent, mais son succès ne tarit pas. Rien d’impressionnant puisque le pilote de L’Épiphanie, Alexis Baillargeon, ne s’assoit pas sur son talent. Année après année, il repousse ses limites afin de progresser dans son sport et de s’ouvrir de nouvelles portes. Cette saison n’a pas fait exception. L’adolescent tout juste âgé de 15 ans témoigne de son été marqué par l’essai de nombreux nouveaux bolides en entrevue avec l’Hebdo Rive Nord.

Kart à vitesse (DD2), Nissan Sentra, Formule 4, Radical; ces engins, Alexis Baillargeon les a tous pilotés au cours des derniers mois. Il va sans dire que le mot d’ordre de cette saison fut « adaptation ». Alexis explique : « Je finissais une fin de semaine en kart, j’allais en voiture. Il fallait que je m’adapte tout le temps. C’est vraiment différent la conduite. » Habitué au kart dont la tenue de route est beaucoup plus sportive et réactive, le jeune pilote avoue avoir eu l’impression de conduire un « gros bateau » lors de ses premiers essais en voiture de course.

Il n’a pas moins apprécié l’expérience pour autant. Depuis tout petit, Alexis Baillargeon a un rêve en tête : la Formule 1. Et il n’en déroge toujours pas. C’est pourquoi le pilote saisit toutes les opportunités qui se présentent à lui pour apprendre, se faire remarquer par l’industrie et se rapprocher de son ultime objectif.

Et les efforts d’Alexis paient. Sa saison a débuté en lion alors qu’en mai, il a été remarqué par le gérant de la Série Challenge Canada lors d’un essai automobile à Sanair, puis par l’équipe de Mercedes-Benz Canada qui lui a octroyé une bourse.

Alexis Baillargeon trace tranquillement son chemin vers so rêve, la Formule 1. (Photo gracieuseté)

En voiture à 14 ans

L’offre de l’équipe de la Série Challenge Canada a permis au pilote de L’Épiphanie de courser à bord d’une Nissan Sentra. Une expérience qui, au dire de l’adolescent, a été riche en apprentissages. « Il y a eu beaucoup de hauts et de bas », admet Alexis Baillargeon, qui comprend maintenant que les défaites, les pépins mécaniques et les abandons forcés font inévitablement partie des disciplines motorisées.

D’entrée de jeu, la place d’Alexis au volant de la Nissan Sentra n’était pas garantie, malgré l’offre du promoteur. Il n’avait que 14 ans et évidemment pas de permis de conduire. « Il y a eu des dérogations. Des gens haut placés ont dû se parler », révèle la mère d’Alexis, Dominique Fagnant. En raison de son jeune âge, le parcours du pilote a été scruté à la loupe. Il a également dû aller suivre un cours pour obtenir sa licence de compétition de sport automobile.

Fidèle à lui-même, l’adolescent a laissé son audience pantoise. « Le monsieur là-bas a beaucoup d’expérience et il a dit qu’il n’avait jamais vu un garçon avec autant de talent brut », rapporte Mme Fagnant.

Un premier GP3R marquant

Licence en main dans un temps record, Alexis Baillargeon a pu entamer sa première saison de course automobile. Après avoir signé deux 2e places consécutives lors de sa première fin de semaine à Mosport, en Ontario, le pilote a vécu d’autres moments forts lors du Grand Prix de Trois-Rivières (GP3R) en août dernier. À sa deuxième course, Alexis a récolté la troisième place. « J’étais le plus jeune pilote à faire un podium au Grand Prix de Trois-Rivières », se réjouit-il.

Son enthousiasme fut toutefois de courte durée puisque dès la course suivante, le jeune pilote vit son premier accident. « Il y a une voiture qui a perdu le contrôle en avant de moi. Elle m’est rentrée dedans, puis ça a tout brisé », raconte Alexis. S’il s’est heureusement sorti indemne de cette collision, sa voiture, elle, a subi beaucoup de dommages.

Le père d’Alexis, Mathieu Baillargeon, se rappelle d’ailleurs une anecdote cocasse. « Quand il y a eu l’accident, RDS est venu m’interroger. Ils m’ont dit : « Il va y avoir beaucoup de travail pour l’équipe cette semaine. » J’ai regardé autour. L’équipe? Je suis tout seul. Il n’y a pas d’équipe. C’est moi et lui », mentionne le mécanicien de métier.

Deux semaines les séparaient alors de la prochaine course, mais des engagements en karting étaient prévus pour cette période. De sorte que M. Baillargeon n’a disposé que de quelques jours pour faire des miracles avec la carcasse abimée.

Faire beaucoup avec peu

« On réussit à performer avec des petits budgets », résume la mère d’Alexis. Elle expose que dans les sports motorisés, le financement est toujours le nerf de la guerre. Les saisons sont très dispendieuses et bien qu’ils ne soient pas fortunés, Dominique et Mathieu innovent chaque année pour que l’argent ne devienne pas un frein à la progression de leur fils.

Grâce à la débrouillardise de son père qui a remis le véhicule à l’ordre dans un temps éclair, Alexis a pu enregistrer sa première victoire au volant de sa Nissan Sentra sur le circuit ICAR, à Mirabel, à la fin août.

 

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