À 32 ans, Vincent Beauregard vise la médecine

(Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
(Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

La jeune trentaine, marié, père de deux enfants, en démarrage d’entreprise; tout allait pour le mieux pour Vincent Beauregard. Jusqu’à ce que le vent tourne et que la maladie s’invite dans le petit corps de son aîné, renversant avec elle tout ce qui existait de certitudes. Donnant naissance, même dans la plus grande adversité, à un renouveau, une envie de croire, d’accomplir et de déplacer des montagnes.

Parce que la vie est courte et qu’il n’est manifestement jamais trop tard pour la vivre sans se soucier des « peut-être » et des « si jamais », Vincent Beauregard est retourné sur les bancs d’école à 31 ans, dans l’ambitieux objectif de faire sa médecine.

Une décision peu banale compte tenu du fait que M. Beauregard ne détenait même pas les préalables du secondaire exigés pour être admis en Sciences de la nature au Cégep à L’Assomption.

Pire encore, entré au cégep sans but précis en janvier 2012, Vincent Beauregard a quitté l’école lors du printemps érable sans se soucier d’annuler ses cours. Résultat : sa cote R, élément primordial pour une éventuelle admission à l’université, se trouvait au plus bas.

Le pas à franchir pour ne serait-ce qu’oser rêver à son plan d’avenir d’envergure était donc immense. Mais, alors que son fils se battait pour sa vie et que Vincent observait, impuissant, le personnel médical fourmiller autour de lui, une évidence l’a frappé. Il voulait aider à son tour. Il se voyait dans cette blouse blanche, peut-être depuis longtemps au fond de lui, mais sans jamais avoir cru que ce destin aurait pu lui être réservé.

Prêcher par l’exemple

Il voulait surtout devenir un modèle pour ses enfants. Porter le message que tout est à notre portée si on choisit d’y croire. « J’aime l’idée que mes enfants voient leur père retourner aux études même s’il ne le sait pas si ça va fonctionner, parce que si tu ne prends pas de risque tu ne le sauras jamais », expose-t-il.

C’est ainsi qu’il s’est inscrit au cégep tout en complétant ses cours préalables de chimie, physique et mathématiques, il y a un an et demi. Conscient du chemin à parcourir, il n’a pas lésiné sur les efforts, trimballant ses cahiers de l’école, à la maison, à l’hôpital, au chevet de son garçon, pour performer et s’ouvrir les portes des facultés de médecine.

« Ça faisait 12 ans que je n’avais pas mis le nez dans un bouquin », raconte celui qui a travaillé plusieurs années comme agent frontalier avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. « Des techniques d’étude, je n’en avais pas. J’en ai arraché au début. Ce qui a rendu ça plus facile, je pense, c’est l’objectif. L’objectif est plus grand que l’inconfort que tu vas vivre temporairement », relativise-t-il.

Miser sur soi

En effet, depuis qu’il a ce plan en tête, Vincent Beauregard n’en déroge pas. Intéressé par les sciences, empathique, altruiste et toujours avide de plus de défis; la médecine était un choix qui lui collait à la peau. « Le jeune Vincent ne s’enlignait pas par-là », reconnaît-il néanmoins. Son passé familial difficile, le chahutant de la résidence familiale au foyer d’accueil, l’avait mené à croire qu’il ne pourrait jamais accomplir de grandes choses.

L’étudiant sait toutefois maintenant que rien ne lui est impossible, puisqu’il a la volonté de persévérer et le désir profond de se voir franchir la ligne d’arrivée. Surtout, il s’est engagé dans ce marathon pour lui-même et pour le bien de sa famille. « J’ai vécu de l’adversité toute ma vie. Ce que je fais aujourd’hui, je ne le fais pour personne », explique-t-il. Alors, si certains l’en pensent incapable, il sait dire que ça lui est égal. Car, il a choisi de miser sur lui.

Maintenant que son parcours collégial tire à sa fin, qu’il s’est prouvé qu’il pouvait surpasser ses limites, que son fils sera bientôt officiellement en rémission de son cancer et que sa famille est plus soudée que jamais, Vincent Beauregard retient son souffle. Il a déposé ses demandes d’admission dans toutes les universités québécoises offrant le programme de médecine. Avec un dossier scolaire exemplaire et une cote R digne de mention, son rêve semble à portée de main. Si tout se déroule comme il l’espère, Vincent Beauregard pratiquera la gastro-entérologie d’ici 10 ans.

Une longue route l’attend encore, certes, mais il est prêt à affronter chacun des défis qui le séparent encore de son but. Pour lui, pour sa conjointe Zoé et leurs deux fils, pour faire une différence dans la vie de tant d’autres par la suite et, qui sait peut-être, pour en inspirer certains à suivre leur voie qu’importe l’âge, les normes sociales ou l’opinion d’autrui.

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