Entrepreneures en construction | Des modèles à L’Assomption

Hardy inc. détient le contrat de restauration de l’oratoire Saint-Joseph depuis 10 ans maintenant. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Hardy inc. détient le contrat de restauration de l’oratoire Saint-Joseph depuis 10 ans maintenant. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Tout comme Jennifer Desmarais et Gaëlle Berthelot, Kathryn Hardy et Amélie Grégoire-Bernatchez sont des femmes entrepreneures dans le milieu de la construction à L’Assomption. Elles prônent toutes les deux la valeur ajoutée de la présence des femmes dans l’industrie.

La première, Kathryn Hardy, représente la troisième génération de Hardy inc., une entreprise de maçonnerie qui s’est spécialisée en restauration de patrimoine en 1998. D’abord passionnée par le journalisme, Kathryn Hardy ne pensait pas suivre les traces de son père. Néanmoins, durant son premier congé de maternité, en 2006, elle vient donner un coup de main à ses parents à la réception. « Je ne suis jamais reparti, lance-t-elle. Je suis restée accrochée. J’étais beaucoup trop curieuse pour me contenter de classer. Je voulais comprendre, je voulais apprendre. »

Sa curiosité pour les vieux bâtiments qui façonnent notre histoire l’a mené à s’investir à fond dans sa nouvelle vocation. « De prendre soin [du patrimoine], peu importe ce que ça deviendra, de le réhabiliter, puis de participer aux solutions plutôt que de raser m’anime et me fait m’impliquer sur des comités techniques, sur différents comités du ministère, puis d’être consultante », poursuit Kathryn Hardy.

Faire sa place parmi les hommes

Aux commandes de l’entreprise depuis 2020, puis officiellement propriétaire depuis 2025, Mme Hardy mentionne avoir dû user de stratégie pour faire sa place dans le milieu de la maçonnerie qu’elle qualifie de « chasse gardée masculine ». « C’est un métier dur », reconnaît-elle.

Toutefois, pour elle, les femmes ont beaucoup à apporter à la profession : « Les femmes vont être plus minutieuses. Les plus beaux murs courbés en maçonnerie que j’ai vus, ce sont des femmes qui les ont faits parce qu’il y a une délicatesse, une finesse, un regard d’ensemble ». De plus, Mme Hardy considère que les femmes ont davantage le sens du bien commun et amène un meilleur esprit d’équipe sur les projets. En ce sens, Kathryn Hardy dit avoir été le plus souvent encouragée et félicitée pour la qualité de sa gestion.

« Ce sont souvent les pairs qui me prennent moins au sérieux, les autres entrepreneurs », nuance-t-elle. Cela se traduit notamment par le fait de se faire couper la parole dans les comités sur lesquels elle siège, indique-t-elle. « Au début, j’étais insulté, mais j’ai cheminé. »

L’expérience l’a mené à développer des méthodes pour se faire entendre : « Je m’assoyais à côté de quelqu’un qui reconnaissait ce que je disais. Cette personne-là a involontairement répété l’idée et l’idée a passée. Parce que ça venait d’un homme, ça passait. J’ai juste été stratégique au lieu de m’obstiner, parce qu’on ne gagne rien avec les poings sur la table », confie-t-elle.

Une vision différente

Pour Amélie Grégoire-Bernatchez, la place des femmes au cœur des projets de construction n’est plus à discuter. Elle est nécessaire, même. « Je trouve qu’on se démarque parce qu’on a une vue complètement différente de la conception d’un projet de construction, de la fonctionnalité des éléments. Ce n’est pas juste de le construire, il faut que ce soit fonctionnel. On le sait comment c’est fonctionnel une salle de lavage, on le sait comment c’est fonctionnel une cuisine », indique celle qui est propriétaire de l’entreprise de rénovation Beraque Construction inc, à L’Assomption.

Si elle a connu certaines embûches, Mme Grégoire-Bernatchez constate une grande satisfaction de ses clients quant au fait de faire affaire avec une femme. Elle rapporte d’ailleurs que les femmes sont très impliquées dans les projets de rénovations résidentielles.

« La majorité du temps, je suis sollicitée par des femmes. Ce sont les femmes qui m’appellent pour des demandes de soumissions et qui gèrent le projet. Ça m’a beaucoup surprise au départ. »

Du berceau au chantier

Bien plus que de devoir prouver sa valeur comme femme dans l’industrie de la construction, Amélie Grégoire-Bernatchez considère la conciliation entrepreneuriat-famille comme le principal défi de sa carrière. « Je n’ai jamais croisé un homme sur les chantiers avec son enfant », explique celle qui est maman trois fois. Pour toutes sortes de raisons, ses enfants l’ont régulièrement accompagné sur les chantiers. « Souvent, c’est la maman qui est le parent principal, comme le parent par défaut, puis ça, je trouve ça difficile, d’être en affaires et d’avoir à gérer cette pression-là de plus [que les hommes] », ajoute-t-elle.

Somme toute, ni Amélie Grégoire-Bernatchez ni Kathryn Hardy ne changeraient leur parcours. Elles se réjouissent de voir rayonner de plus en plus de femmes dans le domaine de la construction et espèrent, elles aussi, inspirer une nouvelle génération de femmes entrepreneures sur les chantiers.

 

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