Incertitude concernant l’accueil de réfugiés

Parmi les différentes catégories d’immigrants qui arrivent au Québec et dans Lanaudière, il y a ceux dont l’immigration n’était pas planifiée, mais pour qui elle devient vitale, soit les personnes réfugiées et les demandeurs d’asile. De nouvelles orientations ministérielles viennent toutefois générer une période trouble dans la prise en charge de ces gens à la recherche d’une vie décente.

Le Comité régional d’éducation pour le développement international de Lanaudière (CRÉDIL) est né, en 1976, de la volonté de citoyens de mettre les enjeux de solidarité internationale en lumière. D’ailleurs, le 50e anniversaire de l’organisme sera célébré lors de la Fête interculturelle qui se déroulera le 23 mai prochain.

Cela a fait 30 ans, en novembre dernier, depuis que le CRÉDIL accueille et accompagne des personnes réfugiées prises en charge par l’État. En effet, Joliette fait partie des 14 villes au Québec qui ont reçu ce mandat du ministère fédéral de l’Immigration. Les personnes réfugiées accueillies par le CRÉDIL proviennent de divers pays, dont le Venezuela, le Burundi, la République démocratique du Congo et la Syrie.

Carl Thériault, directeur général, souligne que l’organisation vit toutefois une grande période d’incertitude en raison des nouvelles orientations provenant du Ministère. Ces changements ont entrainé la réduction de 70 % de la cible d’accueil des réfugiés pris en charge par l’État. Le nombre de réfugiés accueillis par le Québec chaque année passera donc de 1700 à environ 500. « Nous n’avons pas encore beaucoup d’informations au sujet de cette refonte, alors nous vivons beaucoup d’inconnu au niveau des services que l’on rend à la communauté. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. On ne sait pas dans quelle mesure nous serons impactés ni comment nos budgets seront affectés, mais nous craignons des pertes d’emplois et des bris de services », confie M. Thériault.

Le CRÉDIL accueille annuellement quelque 71 personnes réfugiées (de 10 à 15 familles). Sylvain Thibault, coordonnateur du volet immigration, explique que ce nombre est établi en fonction de la réalité de la ville hôte. À titre de comparaison, la ville de Québec accueille environ 300 réfugiés.

« La réduction de 70 % s’inscrit dans un contexte mondial où il y a de plus en plus de besoins pour des réfugiés d’être réinstallés ailleurs. Le nombre de 1700 n’était déjà pas beaucoup. Cette décision va aussi à l’encontre des valeurs du peuple québécois », témoigne M. Thibault.

De son côté, Carl Thériault regrette qu’actuellement, une guerre de chiffres se déroule sur la place publique concernant l’accueil des réfugiés et il craint que cela ne se termine en campagne de peur. « Au-delà des chiffres, ce sont des personnes et c’est notre devoir en tant que pays riche de faire notre part, surtout qu’une grande partie de notre abondance nous vient justement de ces gens. »

 

Transmettre l’expertise

Au fil des années, le CRÉDIL a développé une grande expertise concernant l’accueil de personnes immigrantes et les enjeux interculturels. Ainsi, Christian Dooh, chargé de projets, mentionne que l’organisme peut maintenant venir en appui aux entreprises qui embauchent des travailleurs étrangers temporaires et aux différentes organisations de Lanaudière.

« Nous offrons de l’accompagnement pour l’intégration des travailleurs étrangers temporaires et des personnes immigrantes. Il est très important d’éviter l’enjeu de l’isolement, alors nous aidons à l’intégration de l’individu dans sa société d’accueil et dans les différentes sphères de sa vie. Nous avons produit des guides et nous offrons aussi des formations, dont à Repentigny depuis quelques années. Il y a une volonté d’avoir des connaissances qui vont au-delà du travailleur, mais qui aident à comprendre l’humain. »

Christian Dooh explique que la présence de travailleurs étrangers temporaires sur le territoire a explosé de 2021 à 2026. Certains préjugés persistent au sujet du fait que les emplois assurés par des travailleurs étrangers pourraient plutôt être offerts à des Québécois qui sont sur le chômage. « Il y a une mécompréhension des enjeux. La réalité est que le bassin de postes disponibles n’est pas en adéquation avec les qualifications des chercheurs d’emplois. Sans la présence de travailleurs étrangers, ceux-ci ne pourraient tout simplement pas être comblés. Si les entreprises pouvaient embaucher de la main-d’œuvre locale, elles l’auraient fait », conclut-il.

Articles les plus consultés

(Photo archives)
Actualités
Faits divers

Fabrication d’armes à feu | Un homme arrêté à Repentigny

Une perquisition sur la rue Lévesque, à Repentigny, a permis de saisir une arme à feu imprimée en 3D et de procéder à une arrestation.
Le territoire surnommé Ceinture verte par les citoyens représente une bande de terrains, longeant le boulevard Le Bourg-Neuf, entre la piste cyclable et les terres agricoles. (Photo gracieuseté)
Actualités
Environnement

Une consultation publique dédiée à l’avenir de la Ceinture verte demandée

Le groupe Citoyens pour un projet collectif à Repentigny souhaite la tenue d'une consultation publique dédiée à la Ceinture verte.
(Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Actualités
Éducation

À 32 ans, Vincent Beauregard vise la médecine

Au tournant de la trentaine, Vincent Beauregard réalise qu'il n'est pas allé au bout de ses rêves. Il espère aujourd'hui faire sa médecine.