Des procédures trop complexes le pousse à quitter le Québec

Yves Baronnier, analyste-conseil marketing à la Zone Agtech, en compagnie de Marilou Cyr, directrice générale. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Yves Baronnier, analyste-conseil marketing à la Zone Agtech, en compagnie de Marilou Cyr, directrice générale. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Yves Baronnier est arrivé au Québec il y a environ un an et demi. Le bagage débordant d’enthousiasme et le cœur rempli d’espoir de vivre d’exaltantes aventures avec sa conjointe, l’immigrant français a vu ses ardeurs refroidies dès l’avion posé. Si bien que même si le couple se plaît au Québec et aurait aimé y rester encore plusieurs années, il bouclera plutôt ses valises dans les prochaines semaines.

« Avec ma conjointe, on avait très envie de s’expatrier. On voulait profiter de nos jeunes années sans enfant, explorer le monde. On l’a fait en sac à dos quelque temps, mais on souhaitait surtout aller dans un endroit où on puisse travailler à l’étranger, dans un endroit sécuritaire, potentiellement francophone. Le Québec ressortait beaucoup », explique Yves Baronnier, analyste-conseil marketing à la Zone Agtech. Le couple entame donc les démarches qui le mèneront en sol québécois.

Des bâtons dans les roues dès l’arrivée

Néanmoins, comme Yves avait déjà bénéficié du programme Expérience internationale Canada ainsi que d’un Volontariat international en entreprise, hors Québec, il n’était pas éligible au Programme vacances-travail (PVT). C’est donc sa conjointe qui bénéficie du PVT et ils voyagent tous deux au pays sur son visa.

« J’arrive sur le territoire avec tout mon petit dossier, prêt à passer l’immigration et à demander un visa ouvert de deux ans, rattaché au sien. Malheureusement, la personne à l’immigration nous dit : non, ça n’existe pas. On me tamponne comme touriste pour 6 mois », se rappelle Yves Baronnier.

Or, celui-ci avait des plans, il voulait travailler, certes, et il entretenait d’ailleurs déjà des discussions avec la Zone Agtech afin d’intégrer l’organisme. Découragé, mais encore optimiste, le couple se laisse alors un mois pour trouver une solution, au-delà de laquelle il rentrerait en France.

Le nouvel arrivant parvient de justesse à mettre la main sur un visa de travail, juste avant que le gouvernement canadien mette fin au « tour du poteau ». Après avoir passé la frontière terrestre américaine, on le reçoit aux services d’immigration canadiens pour évaluer son dossier. « J’avais une promesse d’emploi. Ma conjointe avait un travail qualifié aussi. Ça m’a permis d’avoir ce premier visa », raconte Yves Baronnier, qui est titulaire d’une maîtrise en gestion.

Un climat d’incertitude trop lourd

Depuis, Yves et sa conjointe adorent leur vie au Québec. Ils aiment l’environnement; ils s’épanouissent professionnellement. Mais, l’arrivée à échéance de leurs visas dans les prochains mois les oblige à une réflexion sur l’avenir. « Qu’est-ce qu’on fait au bout des deux ans de notre premier visa ? Parce qu’on n’a pas encore la possibilité d’avoir une résidence permanente », se sont-ils demandé.

Ébranlés par leur expérience passée à la frontière canadienne et inquiets des tergiversations autour du Programme de l’expérience québécoise, ils en sont venus à une conclusion. « Par la complexité actuelle et les procédures d’immigration qui sont longues, on a décidé de ne même pas essayer de prolonger notre visa », résume-t-il à regret.

Car, son emploi à la Zone Agtech, Yves l’apprécie sincèrement. Il aurait voulu contribuer à son évolution, y mettre du sien encore quelques années. « La Zone Agtech, c’est vraiment tout ce que j’aime dans une structure. Ce sont des mandats super variés », dit celui qui est tantôt appelé à travailler sur un robot récolteur, tantôt à analyser tout ce qui se fait à travers le monde dans un domaine technologique précis.

Toutefois, les trop nombreux points d’interrogation quant aux démarches qui les attendaient, sa conjointe et lui, ont eu foi de leur amour pour leurs emplois et pour la belle province. Lourdeurs administratives, frais juridiques, liberté compromise; c’en était trop pour eux.

« On voit beaucoup de gens autour de nous qui font leur dossier eux-mêmes et, au final, ce n’est jamais bon. C’est presque utopique de faire son dossier d’immigration seul, donc déjà on intègre des frais d’avocats spécialisés en immigration », détaille Yves Baronnier.

De plus, l’impossibilité de sortir du territoire pour des vacances une fois leur dossier déposé, et ce, sans savoir quand celui-ci aboutirait, constituait un frein supplémentaire. « Toutes ces conditions-là mises bout à bout ne nous convenaient pas. On quittera donc le Québec début avril », annonce-t-il.

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