Les changements climatiques donnent du fil à retordre aux municipalités

Un glissement de terrain survenu sur le rang du Bas-de-L’Assomption Sud crée une entrave à la circulation.  
(Photo gracieuseté - Ville de L'Assomption)
Un glissement de terrain survenu sur le rang du Bas-de-L’Assomption Sud crée une entrave à la circulation. (Photo gracieuseté – Ville de L’Assomption)

Pour l’année 2024, les villes de L’Assomption et de L’Épiphanie figurent parmi les 10 municipalités les plus touchées par les glissements de terrain au Québec, selon le ministère de la Sécurité publique. L’Assomption atteint le 4e rang avec 13 événements recensés, tandis que L’Épiphanie occupe la 6e place avec 10 événements. Bien que ces villes aient l’habitude de composer avec cette réalité en raison de leur situation géographique qui les expose naturellement au phénomène, toutes deux reconnaissent que les impacts des changements climatiques apporteront leur lot de défis au cours des prochaines années.  

« On sait que, dans les prochaines décennies, on va gérer les impacts des changements climatiques », affirme sans détour le maire de L’Assomption, Sébastien Nadeau. À son sens, il s’agit d’un constat très inquiétant, puisqu’il n’existe pas de moyen de renverser la tendance à court terme. « Même si on change nos habitudes maintenant, on n’aura pas de bénéfices avant [longtemps] », constate-t-il. Ainsi, à l’échelle locale, tout est mis en œuvre pour amenuiser et prévenir le plus possible les conséquences des changements climatiques.

« On a conscience de ces risques-là chez nous. La gestion des milieux humides, c’est à la mode depuis cinq ans, mais nous, ça fait 20 ans qu’on agit en conséquence dans la MRC », expose-t-il. Par exemple, à L’Assomption, la ville est aménagée conséquemment au risque connu de glissements de terrain. Peu de résidences, sinon aucune ne sont exposées.

Aménager des villes résilientes

Si le bilan de la dernière année représente selon lui un résultat attendu pour le secteur, le maire n’est pas étranger au fait que les événements météo extrêmes de plus en plus fréquents, comme la tempête Debby l’an dernier, pourraient faire en sorte que la problématique prenne de l’ampleur dans les années à venir. « Ce qui nous inquiète surtout, c’est qu’on n’a pas le contrôle là-dessus », résume M. Nadeau.

« Dès qu’il y a de plus grands débits d’eau qui arrivent sur une berge, ça vient affaiblir les sols et ça peut provoquer des glissements de terrain. » Or, ces situations où les pluies s’abattent de manière subite et condensée se font plus fréquentes. Inévitablement, une plus grande vigilance est de mise.

Sébastien Nadeau mentionne d’ailleurs être en attente des résultats d’une étude sur les zones inondables menées par la Communauté métropolitaine de Montréal pour tout le bassin versant de la rivière L’Assomption. Les résultats devraient être disponibles en janvier prochain. « C’est sûr qu’on va être très rigoureux dans la gestion des milieux inondables pour ne pas exposer des propriétés.  La rivière ne se déplace pas. C’est à nous de vivre autour de la rivière et non l’inverse », souligne-t-il.

Ces fissures apparues sur les voies de circulation, sur le rue Beauchamp, annoncent un glissement de terrain à venir. (Photo gracieuseté – Ville de L’Assomption)

Des routes vulnérables

Bien que la sécurité des citoyens et de leurs propriétés ne soit pas en jeu, d’autres préoccupations demeurent. L’impact sur les routes et la circulation ainsi que le poids financier des changements climatiques sont au cœur des inquiétudes. En effet, les nombreuses routes longeant les méandres de la rivière sont particulièrement exposées au risque de glissements de terrain. « De mémoire, j’ai quatre dossiers en cours », rapporte M. Nadeau. Certaines situations perdurent depuis plusieurs années.

« Dès que tu parles des cours d’eau, nécessairement, il faut interpeller le ministère de l’Environnement, puis le ministère des Transports quand il s’agit d’une route numérotée. Il faut aussi considérer le ministère des Pêches et Océans Canada parce qu’aussitôt qu’on touche aux berges, il faut analyser s’il y a des espèces protégées ou en voie d’extinction », décrit-il. Seulement pour ce dernier ministère, on doit compter de 12 à 18 mois, souligne l’élu municipal, pour compléter les analyses visant à déterminer les espèces aquatiques qui fréquentent le secteur au fil des saisons. Ces longues périodes d’attente engendrent des entraves et des détours, qui s’ajoutent aux défis de circulation existants.

Enfin, même s’il existe des subventions gouvernementales pour aider les municipalités à s’adapter aux changements climatiques, la pression financière est énorme pour les villes, selon Sébastien Nadeau. « On n’a pas les moyens de faire ça. Ce sont des milliards de dollars qu’il faut investir si on veut s’adapter », déclare-t-il. Même avec les fonds nécessaires, conclut-il, il faudrait des années pour améliorer l’ensemble des infrastructures, de sorte qu’elles puissent recevoir de grandes quantités d’eau dans un court laps de temps et ainsi solutionner un autre grand enjeu; les inondations.

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