Vaccination | Les virus respiratoires déjà bien installés dans la région

  • Publié le 20 oct. 2026 (Mis à jour le 20 oct. 2026)
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Dans Lanaudière, 83 vaccinateurs sont mobilisés dans les points de services locaux, les centres hospitaliers et les cliniques de vaccination mobiles pour cette campagne hivernale. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Dans Lanaudière, 83 vaccinateurs sont mobilisés dans les points de services locaux, les centres hospitaliers et les cliniques de vaccination mobiles pour cette campagne hivernale. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Alors qu’on observe une montée précoce de l’activité grippale et que la COVID-19 est déjà bien installée, avec des éclosions actives notamment dans les CHSLD, la campagne de vaccination hivernale débute dans Lanaudière. Cette année, toutefois, des changements importants sont apportés en ce qui a trait à la gratuité des vaccins disponibles.  

« Les clientèles ciblées, ce sont les personnes de 65 ans et plus et les personnes qui sont enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques, donc cardiaques, pulmonaires, les diabétiques, les personnes immunosupprimées », résume la Dre Joane Désilets, coordonnatrice médicale à la Direction de santé publique de Lanaudière.

Contrairement à l’an dernier, les vaccins contre la grippe (influenza) et la COVID-19 ne seront plus administrés gratuitement à la population de moins de 65 ans en bonne santé. Les injections demeurent néanmoins offertes à cette clientèle en pharmacie, moyennant certains frais.

« L’année dernière, le comité d’immunisation du Québec avait dit que les gens qui en bénéficieraient vraiment [de la vaccination] seraient les 75 ans et plus, et idéalement les 65 ans et plus. Mais, le gouvernement avait décidé de l’offrir à toute la population », poursuit Dre Désilets.

Éviter les hospitalisations

Pour la saison 2026-2027, souligne-t-elle, le gouvernement s’appuie sur les recommandations des experts en réservant les investissements aux personnes les plus susceptibles de développer des complications. « C’est là qu’on aurait vraiment une répercussion de santé publique. Ça donnerait vraiment, au niveau populationnel, une diminution des hospitalisations et des décès », précise Dre Joane Désilets.

La coordonnatrice médicale explique ce changement de cap par l’efficacité limitée des vaccins pour prévenir les maladies : « Les gens qui vont se faire vacciner, c’est important qu’ils comprennent que même s’ils se retrouvaient à faire l’influenza, ce que ça va faire, c’est qu’au moins, ils vont rester chez eux, ils ne se retrouveront pas à l’hôpital ».

Si les vaccins offrent aussi une bonne protection personnelle aux plus jeunes, Dre Désilets reconnaît qu’ils soient d’emblée moins sujets aux complications. En comparaison, elle insiste sur l’importance accrue de se prévaloir des vaccins pour les clientèles visées. « On veut vraiment que la population de 65 ans et plus et atteinte de maladies chroniques soit au rendez-vous parce que, déjà, l’activité grippale a commencé quelques semaines à l’avance. L’activité de la COVID est aussi déjà commencée, mais, disons plutôt stable », laisse-t-elle savoir. Ainsi, les personnes à risque gagneraient à se protéger le plus tôt possible, selon elle.

La population au rendez-vous

Rencontrée au CLSC Meilleur de Repentigny, le point de service local pour la vaccination hivernale, 48 h après l’ouverture de la prise de rendez-vous, la médecin affirmait que la population était en rendez-vous.

Jacques Dessureault, coordonnateur de la vaccination, du dépistage et des prélèvements, confirme : « Depuis deux jours, les rendez-vous sont ouverts dans Clic Santé et, ce matin, c’était près de 7 000 rendez-vous qui étaient déjà réservés pour les points de services locaux et pour la vaccination mobile ». Cela sans compter la vaccination dans les CHSLD, les résidences intermédiaires et les résidences pour aînés, qui avait déjà été amorcée.

Dans les points de services locaux et les cliniques mobiles organisées dans les municipalités plus éloignées de la région, la campagne s’étale du 20 octobre à la mi-décembre. « À date, ça affiche très complet, mentionne M. Dessureault. On est en train de voir à augmenter les capacités pour les municipalités de Lanaudière. »

Marcelle Giordani Pierre, infirmière vaccinatrice au point de service local de Repentigny, en compagnie de Dre Joane Désilets et de Jacques Dessureault, coordonnateur vaccination; tous deux de Santé Québec Lanaudière. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

La grippe A H1N1 en circulation au Canada

Quant à l’efficacité des vaccins, il est bien sûr trop tôt pour en présumer, admet Dre Désilets. Elle rassure néanmoins : « Même si ce ne sont pas les mêmes souches, on a quand même un certain niveau de protection. De ce qu’on a vu dans les années passées, ç’a été rare que le vaccin ait eu zéro protection ».

Comme à l’habitude, le vaccin contre l’influenza proposé cette année regroupe deux souches de grippe A et une souche de grippe B. Il s’agit toutefois de nouvelles souches comparativement à la saison dernière.

« Souvent, dans les autres hémisphères, l’influenza circule avant nous, donc ils voient ce qui circule et le vaccin est fait en fonction de ce qui circule ailleurs et qu’on suppose qui va arriver ici », expose Dre Joane Désilets quant à la manière dont la composition des vaccins est déterminée. À présent, au Canada, on serait face à des cas de grippe A H1N1. Au Québec, la souche circulante n’aurait toutefois pas encore été identifiée.

En ce qui concerne la COVID-19, la souche du virus en circulation serait toujours un dérivé d’Omicron. Il s’agit d’ailleurs de la souche utilisée pour développer le vaccin contre la maladie. Si les symptômes liés à la COVID se sont généralement atténués, Dre Désilets prévient que le virus est toujours très présent et qu’il cause encore des hospitalisations et des décès chez la clientèle vulnérable.

Une protection contre le VRS

Nouvellement cette année, le vaccin contre le virus respiratoire syncytial (VRS) sera offert gratuitement à la population générale de 75 ans et plus dans le cadre de la campagne de vaccination hivernale. L’an dernier, ce service était exclusivement offert dans les CHSLD et les résidences pour aînés. « On est vraiment contents de pouvoir protéger nos personnes de 75 ans et plus contre le VRS, qui donne des complications de pneumonie, d’hospitalisation », soutient Dre Désilets.

Cette offensive de prévention est rendue possible grâce à un projet-pilote de trois ans pour lequel Québec a reçu une subvention du fédéral. La coordonnatrice médicale espère que le programme d’immunisation se poursuivra au-delà du projet-pilote. Car, chez les nourrissons, une autre clientèle particulièrement vulnérable au VRS, responsable d’un grand nombre de cas de bronchiolites, la prévention fait de petits miracles depuis 2024, expose-t-elle.

« Chez les bébés naissant de moins de 6 mois, on administre un traitement préventif, qu’on appelle les anticorps monoclonaux. Depuis que ce programme est là, on a eu une diminution des consultations et des hospitalisations de plus de 90% », se réjouit Dre Désilets.

 

Prévenir les infections

À l’approche de la saison des rassemblements festifs, Dre Joane Désilets rappelle les conseils d’usage pour se protéger des virus respiratoires dont la propagation connaît souvent des fluctuations durant la période des fêtes de bureaux et des réunions familiales. Le lavage des mains est très important, insiste-t-elle.

Ensuite, du moment qu’il y a des symptômes, l’hygiène respiratoire est de mise, soit tousser et éternuer dans le pli du coude et disposer adéquatement des mouchoirs souillés.

Enfin, en présence de fièvre ou de symptômes importants de rhume ou de grippe, on ne visite pas nos proches en établissement de soins et on évite les rassemblements familiaux. Lorsque les symptômes ont diminué, on porte idéalement un masque pour protéger les autres.

 

Les personnes qui désirent être vaccinées peuvent prendre rendez-vous dès maintenant en ligne, sur Clic Santé, ou en appelant au 1 855 755-3737, entre 8 h et 16 h.

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