Barbecues, terrasses et vacances : comment profiter sans culpabiliser ?

L'été, le barbecue n'est pas forcement votre ennemie. Photo Adobe Stock
L’été, le barbecue n’est pas forcement votre ennemie. Photo Adobe Stock

Entre les terrasses, les barbecues, les vacances et les soirées entre amis ou en famille, l’été rime souvent avec nourriture voire avec excès. Pourtant, c’est aussi une période parfaite pour tenter de prendre de bonnes habitudes alimentaires. Pour répondre à toutes ces questions, nous avons rencontré Karine Gravel, diététiste-nutritionniste, docteure en nutrition et membre de l’Ordre des diététistes-nutritionnistes.

 «C’est l’été, je me mets au régime», ou encore  «Bon cette année, on ne fait pas trop d’excès, car entre l’alcool et les barbecue, je vais encore prendre du poids». Ces phrases, vous les avez forcement déjà entendues voire même prononcées et pourtant, l’été n’est pas une fatalité quand il s’agit de nourriture.

Si certaines personnes veulent compenser les « excès » de la saison en se fixant des règles alimentaires plus strictes, ce n’est pas forcément la meilleure des solutions et encore moins la plus efficace à long terme. « Plutôt que d’essayer de limiter les excès ou de se priver d’aliments qu’on aime, ce serait mieux de comprendre pourquoi on mange au-delà de nos besoins dans certaines situations », explique Karine Gravel.

Selon la spécialiste, les restrictions alimentaires peuvent même favoriser les excès, car souvent s’interdir de manger tel ou tel aliment que l’on apprécie conduit forcement à en consommer plus, une fois les restrictions levées. « Si je me prive de manger des chips alors que c’est un aliment que j’aime, lorsque j’en ai finalement devant moi, je risque d’en manger au-delà de mes besoins. »

Karine Gravel propose donc une chose simple : ne pas culpabiliser, mais s’écouter davantage afin de consommer ce qui nous procure « satisfaction et bien-être », mais dans des quantités raisonnables.

Karine Gravel, diététiste-nutritionniste et docteure en nutrition. Photo gracieuseté
Karine Gravel, diététiste-nutritionniste et docteure en nutrition. Photo gracieuseté

Ne pas perdre ses repères

Si les craintes de trop manger arrivent souvent en été, c’est aussi car la saison est propice aux moments de détente et aux soirées entre amis. Ainsi, on peut rapidement enchainer, party au bord de la piscine, fêtes familiales, barbecues chez les voisins… autant d’occasions de manger gras et de boire de l’alcool.

Mais même dans ces moments de vie sociale bien remplie, prenez du plaisir. C’est en tout cas le bon conseil de Karine Gravel. « Peu importe ce qu’on mange, l’idée est de prendre le temps de déguster et de ressentir la satisfaction. J’appelle ça faire l’expérience des aliments. »

Cette vision s’applique également à l’alcool souvent décrié pour être trop sucrée. « Privilégier la modération. Prenez aussi le temps d’apprécier chaque consommation et d’alterner avec des boissons non alcoolisées lorsque possible et surtout conserver des journées sans alcool au cours de la semaine.»

Mais s’il y a un conseil qu’il faut retenir particulièrement c’est d’écouter les signaux de faim plutôt que de « manger automatiquement aux mêmes heures ou en reproduisant systématiquement les mêmes portions».

Oui le barbecue peut être équilibré !

Parmi les symboles d’un été réussi, nous retrouvons le barbecue. Une tradition sacrée pour les amateurs de viandes mais aussi pour les végétariens. Et contrairement aux idées reçues, si l’on en consomme, la viande n’a pas besoin d’être exclue du menu si l’on veut faire attention à son poids ou à ses habitudes alimentaires.

« Si on aime manger de la viande, on n’a pas à s’en priver. L’idée, c’est plutôt que la viande accompagne les légumes et non l’inverse », continue celle qui suggère simplement de revoir les proportions. En effet, une portion plus modérée de viande accompagnée d’une plus grande quantité de légumes peut être tout aussi rassasiante qu’un gros steak accompagné d’un simple épi de maïs.

Et en parlant de légumes, rien de mieux que la saison estivale pour se faire plaisir avec de très bons produits  locaux. Asperges, radis, laitues, concombres, petits fruits et fraises… autant de choses faciles à trouver et qui, de saison, garnissent actuellement les marchés et les étals des épiceries. « Les légumes de saison sont souvent produits localement. C’est intéressant non seulement pour leur valeur nutritive, mais aussi pour encourager les gens qui les produisent ici. »

D’ailleurs pour découvrir les fruits et légumes disponibles selon la période de l’année, Karine Gravel recommande notamment les calendriers saisonniers proposés par Équiterre et Mangez Québec.

Quant à la cuisson sur le barbecue, la nutritionniste rappelle qu’il faut surtout éviter de trop faire noircir les aliments. Les légumes pouvant notamment être cuits en papillote.

Prévoir des collations lors des déplacements

Autre très bon conseil : prévoir des collations lors des déplacements effectués lors d’une fin de semaine ou pour partir en vacances. En effet, partir bouleverse souvent les habitudes alimentaires et pour éviter de céder à des gourmandises trouvées dans le premier dépanneur, Karine Gravel recommande de prévoir quelques collations. Elle suggère par exemple des fruits frais, des barres de céréales ou d’autres aliments conservés dans une glacière. « Quand on est pressé et qu’on a très faim, ce qui est disponible n’est pas toujours l’option la plus intéressante sur le plan nutritif. »

Le régime : fausse bonne idée

Enfin, quid de l’idée de profiter de l’été pour se lancer dans un régime qui, par définition, sera restrictif ? Pour Karine Gravel, « faire un régime, ce n’est jamais vraiment une bonne idée ». Au moins c’est clair… mais pourquoi ? « Dès qu’il y a de la privation, il y a des limites. Cela peut fonctionner temporairement, mais c’est vraiment difficile à maintenir sur le long terme, car les effets de la restriction finissent généralement par refaire surface.»

Mais ne soyez pas fatalistes car, à l’inverse, l’été peut devenir un excellent moment pour prendre de nouvelles habitudes. L’abondance de fruits et légumes, les journées plus longues et les températures chaudes favorisent l’activité physique et une alimentation plus équilibrée. « Quand on fait un changement, il faut se demander si on pourrait le maintenir à long terme. Il faut que ce soit réaliste et agréable. »

Marcher davantage, cuisiner plus souvent, intégrer progressivement plus de légumes ou encore profiter du plein air : autant de petites choses qui, c’est certain, peuvent faire la différence dans la durée.

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