Maître Fu, l’un des plus grands maîtres chinois contemporains du Chen Tai Chi, était de passage à l’Institut Long Feng de Repentigny, afin d’y animer un séminaire du 26 octobre au 1er novembre dernier. Cette visite d’exception marquait la clôture des festivités du 30e anniversaire de l’école de Shifu Steve Carbonneau; Long Yi Wen, de son nom chinois. L’Hebdo Rive Nord s’est rendu sur place le 27 octobre.
Reconnu en Chine comme « L’un des Trois Élus de la porte Chen » et « Les Mains magiques du Sud de la Chine », Maître Fu Nengbin est un héritier de la 12e génération du Tai Chi style Chen. Il se démarque notamment par ces cinq titres consécutifs de champion national de Tai Chi en Chine, toutes catégories confondues, ainsi que ses quatre titres consécutifs de champion du monde de Tui Shou (push hands). Il a fondé plusieurs académies de Tai Chi en Chine.
Shifu Steve Carbonneau a rencontré Maître Fu lors d’un voyage en Chine il y a près de 15 ans. Alors adepte de Kung Fu, Carbonneau cherchait quelque chose dans sa pratique, sur laquelle il n’arrivait pas à mettre de mots. Une connaissance le dirige alors en Chine, vers le maître de maître Fu. « Il m’a montré c’était quoi le Tai Chi. En le voyant bouger, je me suis dit : c’est ça que je veux faire », raconte Steve Carbonneau, en entrevue avec l’Hebdo Rive Nord.
De fil en aiguille, M. Carbonneau rencontre Maître Fu, le meilleur disciple du grand Maître, et commence à s’entraîner régulièrement avec lui. Jusqu’à la pandémie, il voyage en Chine deux fois par année pour enrichir sa pratique de ses conseils.
Jusqu’alors, Maître Fu n’avait toutefois jamais posé les pieds en sol canadien. Le propriétaire de l’Institut Long Feng n’était donc pas peu fier d’enfin pouvoir permettre à ses propres élèves de voir Maître Fu à l’œuvre et de bénéficier de son expérience. En échangeant avec l’enseignant de Tai Chi, on comprend rapidement toute l’admiration qu’il voue à son Shifu. Il parle avec passion de son énergie, de la qualité de ses enseignements, des corrections qu’il parvient à exprimer aux élèves en toute simplicité, de sa technique sans faille et de l’impressionnante force qu’il démontre malgré sa petite taille.
« Ce sont des gens simples, très humains et qui ont un grand cœur », ajoute-t-il au sujet de Maître Fu et de son épouse, Huihui. Ainsi, la contribution de son Shifu aux activités de son école représentait beaucoup pour Steve Carbonneau. D’autant plus que ce dernier considère que les arts martiaux chinois lui ont « sauvé la vie ».
Victime d’un grave accident de voiture en 2000, l’athlète se fait dire qu’il ne pourra plus jamais pratiquer le Kung Fu ou l’enseigner. Un coup de masse pour celui qui carbure à cet art depuis son plus jeune âge.
« Mon maître de l’époque, je lui ai envoyé mon dossier médical, il m’a donné des exercices à faire. Il m’a dit : ça va être douloureux, mais il faut que tu les fasses […] Un mois et demi plus tard, j’étais capable de revenir à l’école et aujourd’hui, je n’ai aucune séquelle », se réjouit-il.
À partir de ce moment, Steve Carbonneau a été motivé plus que jamais à partager et transmettre sa passion pour le Kung Fu et le Tai Chi, ne serait-ce que pour ses bienfaits. En effet, le Tai Chi aurait de nombreux effets bénéfiques sur la santé physique et mentale, en aidant au maintien d’une bonne santé et à la guérison, en favorisant la gestion du stress et des émotions. « Je dis toujours que si tout le monde faisait du Tai Chi, on aurait un meilleur monde. »
Il faut croire que Steve Carbonneau a la passion contagieuse, car son école établie à Repentigny depuis plus de 30 ans maintenant attire de plus en plus d’élèves. Le séminaire qu’il proposait avec Maître Fu affichait d’ailleurs complet toute la semaine.
Sur place, on pouvait constater les regards admiratifs des élèves qui avaient soif de nouvelles connaissances. Ce soir-là, le maître chinois proposait un atelier de Tui Shou ou « poussée des mains »; une technique d’entraînement aux apparences anodines qui surprend par la force qu’elle peut faire émerger.
Enfin, Maître Fu s’est exprimé positivement à l’Hebdo Rive Nord quant à son expérience au Québec. En anglais, il raconte que le Tai Chi est comme une grande famille et qu’il est heureux d’agrandir cette famille en partageant ses connaissances. Il souligne aussi les qualités de Long Yi Wen (Steve Carbonneau), qu’il considère comme un excellent élève et enseignant.
Il n’a également que de bons mots pour l’Institut Long Feng; un lieu complet et accueillant qui se rapproche de ce qu’on retrouve en Chine. Sa femme et lui ont admis avoir été agréablement surpris par l’ambiance qui y règne et qui leur rappelle la culture chinoise. « L’école n’est pas très grande, mais il y a tout ici; l’entraînement, les différents styles, le thé. On peut s’entraîner, relaxer et se faire des amis. »
À la fois fier et heureux, Steve Carbonneau avoue qu’il espère que cette première visite au Québec pour Maître Fu sera le début d’une plus longue collaboration qui le ramènera à l’Institut Long Feng dans les prochaines années.