« L’immigration dans Lanaudière se porte très bien, tant au niveau de la mobilisation que de la concertation régionale », déclare Doudou Sow, directeur du service de régionalisation de la main-d’œuvre immigrante chez Lanaudière Économique. En entrevue avec L’Action, il souligne que la région se démarque par cette grande collaboration et qu’elle est un modèle qui est cité en exemple.
Soulignons que depuis 2019, Lanaudière Économique se veut un organisme pivot en matière de régionalisation de l’immigration. « L’augmentation de l’immigration en région est un acquis. Il existe aussi des tables de concertation locales dans chaque MRC pour aborder les divers enjeux. »
Selon le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, en janvier 2023, Lanaudière comptait 3,5 % de la population immigrante admise au Québec de 2012 à 2021.
En 2022, dans Lanaudière, le nombre de travailleurs étrangers temporaires était de 1795. « La régionalisation a fait des pas de géant et on a vu une évolution positive concernant les facteurs de socialisation et d’épanouissement. La présence de ces travailleurs étrangers aide à la vitalité du territoire. L’immigration est un atout dans un contexte de dénatalité, de vieillissement de la population et de pénurie de main-d’œuvre. »
Doudou Sow a réagi à l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui crée de l’incertitude au sein des étudiants étrangers et des travailleurs temporaires pour qui ce programme constituait une voie vers la résidence permanente.
« Le Québec et les régions sont accueillants. Le respect de la parole donnée est une valeur québécoise. On peut établir des critères et des seuils d’accueil, mais là, le gouvernement vient tout changer en cours de route. »
Doudou Sow explique que la fin du PEQ signifie que des familles devront quitter leur employeur et leur projet de vie. « Il s’agit aussi d’une perte de main-d’œuvre pour les employeurs. »
De plus, il dénonce que les efforts de francisation vont être récupérés ailleurs au Canada. « Le gouvernement est en train de mettre dehors les travailleurs qu’il est lui-même allé chercher et qu’il a formés. La meilleure intégration, c’est lorsqu’on vient travailler ou étudier ici. Le gouvernement a recruté pour combler sa propre pénurie de main-d’œuvre et là, les gens doivent retourner dans leur pays d’origine ou ailleurs au Canada. »
Pour Doudou Sow, la chose à faire aurait été d’accorder un droit acquis aux personnes qui sont déjà engagées dans le processus d’immigration. « Au-delà des enjeux économiques et de diplomation, il y a des questions éthiques. »
Il se réjouit toutefois que la médiatisation des enjeux liés à la fin du PEQ ait amené une véritable mobilisation des élus et de la population qui se sont levés pour défendre cette main-d’œuvre étrangère. « Je n’ai jamais vu autant d’amour envers les travailleurs étrangers. »
En terminant, Doudou Sow rappelle que l’intégration est une responsabilité partagée. « Il y a eu de bonnes avancées et il ne faut pas reculer. Au contraire, nous devons travailler pour le vivre ensemble et concilier les différents aspects, qu’ils soient économiques ou identitaires. »
Les dix premiers pays d’origine des personnes immigrantes admises de 2010 à 2019 et résidant dans Lanaudière en janvier 2021 étaient Haïti, Algérie, Cameroun, France, Maroc, Tunisie, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, États-Unis et Colombie.
Immigration permanente admise par MRC 2018-2022
D’Autray 112
Joliette 580
L’Assomption 556
Les Moulins 896
Matawinie 123
Montcalm 231
Immigration permanente admise en 2022 dans Lanaudière
Immigration économique 467
Regroupements familiaux 277
Réfugiés et personnes en situation semblable 90
Autres immigrants 21
Total 855