Vivre entre deux pays

  • Publié le 27 mai 2026 (Mis à jour le 27 mai 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Byron Lopez, Noe Bonilla et Juan Jose Vasquez.
Photos Médialo- Mélissa Blouin
Byron Lopez, Noe Bonilla et Juan Jose Vasquez. Photos Médialo- Mélissa Blouin

Chaque printemps, depuis plus de vingt ans, Byron Lopez, Noe Bonilla et Juan Jose Vasquez quittent leur village du Guatemala pour venir s’installer à Saint-Jacques. Pendant six mois, ils travaillent à la Ferme maraîchère Jean Forest & Fils Inc, avec un objectif bien précis, celui d’offrir une meilleure qualité de vie à leur famille.  

« Dans notre village, les possibilités d’emploi sont rares, donc lorsque l’occasion de travailler au Québec s’est présentée, nous l’avons saisie », a expliqué Juan Jose en entrevue avec L’Action.  

Byron a commenté, de son côté, que ce changement de vie a apporté de belles opportunités pour ses enfants. Deux d’entre eux ont étudié à l’université et sont respectivement devenus comptable et ingénieur. Ce qui n’aurait sans doute pas été possible sans l’argent amassé dans le cadre de son travail au Québec.  

« Chacun a ses propres objectifs et se fixe un but dans la vie, parce que les années avancent et nous voulons améliorer, petit à petit, l’avenir de nos enfants et de notre famille. L’idée est de bâtir quelque chose pour que, plus tard, nous puissions vivre un peu plus tranquillement », a complété Juan Jose.   

Les trois hommes, maintenant âgés de 44 à 53 ans, se souviennent que, même si la séparation avec leur famille est toujours un peu triste, les départs initiaux étaient plus difficiles. Il s’agissait, pour eux, de la première fois qu’ils quittaient leur pays et leur famille. Ils ont notamment dû s’habituer à cuisiner et à faire l’épicerie eux-mêmes. Les Guatémaltèques ont rigolé en repensant à ce souvenir.  

Au fil des années, les choses ont évolué et les hommes ont créé leur routine. De plus, avec le système de télécommunications qui est nettement plus avancé, ils peuvent parler plus facilement à leur femme et à leurs enfants, tout en les voyant. Maintenant, le Québec fait partie de leur mode de vie. « Tant que nous serons capables de travailler, nous allons continuer de venir », a commenté Noe.  

Juan Jose a renchéri en mentionnant qu’à la fin de chaque saison, ils savent qu’ils seront de retour l’année suivante. « Cependant, quand on pense que ça pourrait être la dernière année, là, il y a de la nostalgie, parce que nous sommes habitués maintenant à vivre entre deux pays. » 

Au fil des saisons 

À leur arrivée, les travailleurs étrangers ont également dû s’ajuster à un climat très différent. Ils ont vu, depuis les dix dernières années, les étés devenir de plus en plus chauds et humides. Dans leur ville du département de San Marcos, Esquipulas Palo Gordo, le climat est plus frais et sec. Ils sont également habitués à être entourés de montagnes, de volcans et de conifères. 

D’ailleurs, l’une des choses qu’ils préfèrent du Québec est d’être témoins des saisons qui se succèdent.  « Quand nous arrivons, les arbres n’ont pas encore de feuilles. Nous sommes là pour les voir verdir et, plus tard, avant notre départ, les feuilles changent de couleur. C’est une belle expérience! » 

Il y a quelques années, ils ont eu la chance de contempler les couleurs de l’automne dans la capitale, alors que leur employeur les a amenés en visite à Québec. Ils ont eu l’occasion de faire d’autres activités, au cours des années, avec la famille Forest. Ils qualifient d’ailleurs leur relation avec leurs patrons, Pascal et Philippe Forest, d’excellente, « ils sont très bons avec nous. C’est comme une famille avant tout! »  

Dans leur temps libre, ils aiment aussi se rassembler pour jouer au soccer. « Nous sommes allés à Saint-Alexis, à Saint-Roch et à Saint-Jacques pour jouer avec d’autres Guatémaltèques qui viennent du département de Chimaltenango. J’ai construit de belles amitiés ici grâce au football », a commenté Juan Jose, qui est un grand sportif.  

Ils aiment aussi passer du temps au Tim Hortons, au McDonald’s, au parc des Cultures et à l’entraide vestimentaire où ils accumulent beaucoup de vêtements qu’ils pourront ramener à leur famille. Ils doivent toutefois se restreindre, puisque leur valise ne peut pas dépasser 50 livres à leur départ du Québec. Ce qui semble difficile pour certains!  

Au total, ils sont douze travailleurs étrangers à œuvrer pour les producteurs de légumes de transformation. Ils ont créé de beaux liens et une belle complicité entre eux. De retour au Guatemala, ils continuent même de se voir. « On se cherche les uns les autres, on va visiter nos maisons et on va au magasin! »  

À noter que les citations ont été traduites dans cet article, puisqu’elles ont initialement été prononcées en espagnol.

À lire également: « Ils sont devenus ma deuxième famille » 

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