Les jeunes Lanaudois jonglent bien entre études et travail

  • Publié le 28 mars 2026 (Mis à jour le 30 mars 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Au centre, le chercheur Carl Beaudoin a présenté les faits saillants de l’Enquête sur le travail et les jeunes dans Lanaudière. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Au centre, le chercheur Carl Beaudoin a présenté les faits saillants de l’Enquête sur le travail et les jeunes dans Lanaudière. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Entre juin 2024 et août 2025, 1622 jeunes Lanaudois âgés de 14 à 25 ans alliant études et emploi ont été sondés sur leur profil d’étudiant et de travailleur. L’objectif ? Mesurer les impacts de cette conciliation études-travail sur la réussite éducative.

L’Enquête sur le travail et les jeunes a été commandée par le Comité régional pour la valorisation de l’éducation (CREVALE) et réalisée par le chercheur et professeur en psychopédagogie au campus de L’Assomption de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Carl Beaudoin.

De prime abord, les résultats de l’étude ont démontré que les jeunes Lanaudois se débrouillaient plutôt bien à accorder travail et vie scolaire. De fait, la majorité d’entre eux avaient le sentiment de vivre une relation équilibrée entre ces deux sphères. La plus grande proportion des répondants se considérait également en situation de réussite scolaire. « On a 75 à 80 % de jeunes pour qui ça va bien », a précisé le chercheur Carl Beaudoin.

Moins de 15 heures

De plus, l’étude a révélé que les jeunes étudiants travaillaient en moyenne 14,5 h par semaine, soit une valeur raisonnable en tenant compte de la recherche sur le sujet. « Dans la littérature, on dit déjà qu’à partir de 15 heures par semaine, ça commence à être un peu plus difficile d’avoir une bonne conciliation études-travail », a souligné le chercheur. Bien que la moyenne se situe dans les normes, Carl Beaudoin a prévenu que plusieurs participants à l’enquête dépassaient considérablement les 15 heures de travail hebdomadaire.

D’ailleurs, l’un des éléments ayant attiré l’attention de M. Beaudoin est le fait qu’une centaine d’étudiants âgés de 14 à 16 ans ait avoué travailler plus de 17 h par semaine, soit la limite permise par la loi. « On a des jeunes qui sont stratégiques, c’est-à-dire qu’ils vont travailler à plus d’un endroit pour aller cumuler plus d’heures », a-t-il réussi à établir lors des entrevues qualitatives réalisées auprès d’une vingtaine de jeunes.

Malgré des observations globalement positives, le professeur souligne : « Dans l’étude, on montrait un lien significatif entre le fait de travailler plus d’heures [et les impacts négatifs à l’école]. Dès qu’on dépasse 15, 16, 17 heures, ça a un effet automatique sur le volet scolaire, soit des retards, des présences manquées et des difficultés scolaires en termes de réussite ».

Côtoyant lui-même de nombreux universitaires, M. Beaudoin a remarqué une fatigue accrue et une présence d’esprit plus limitée chez ses étudiants consacrant plusieurs heures au travail chaque semaine.

Précarité et transport

Par ailleurs, l’enquête a mis en lumière que les principales motivations à travailler des jeunes concernaient les dépenses personnelles telles que le cellulaire et les vêtements ainsi que les coûts de transport.

En ce sens, les recommandations découlant de l’étude comprennent une augmentation du soutien financier offert aux jeunes plus vulnérables et le développement d’une offre de transport en commun mieux adaptée à la réalité géographique de Lanaudière. « Dès qu’on va un petit peu plus au nord de Lanaudière, ça ne fonctionne pas. Il faut mettre beaucoup d’argent sur le fait de se déplacer et le transport », a constaté Carl Beaudoin.

À la lumière des résultats mis en évidence par l’enquête, la directrice générale du CREVALE, Ann-Marie Picard, s’est réjouie de constater que les efforts déployés dans la région pour sensibiliser les employeurs à l’importance de la conciliation études-travail, notamment avec la certification OSER-JEUNES, portent leurs fruits.

Elle ne perd pas de vue néanmoins les limites de l’étude et les enjeux observés. « Ce que j’ai retenu, c’est qu’il y a quand même autour de 30 %, où ça va moins bien. » Les résultats de l’étude serviront de moteur pour mieux soutenir les étudiants en difficulté. « On va faire des synthèses pour les intervenants pour les informer et les aider à intervenir de façon [à avoir] un effet plus direct sur les enjeux actuels », a ajouté Mme Picard.

Enfin, Carl Beaudoin et Ann-Marie Picard ont fait savoir que des extensions de l’enquête pourraient être envisagées afin d’établir un portrait plus complet de la situation. En effet, certains secteurs de la région, notamment les MRC de Montcalm et de D’Autray, ont été plus faiblement représentées par la mouture actuelle. De plus, les 20 à 25 ans ont été peu nombreux à participer par rapport aux plus jeunes. Les filles ont également été majoritaires et la présentation des résultats ne distingue pas les données selon le genre.

 

Pour consulter l’étude complète : https://shorturl.at/5gPqA.

 

Les jeunes et le travail : Les chiffres

  • 1622 répondants;
  • 83,3 % étaient âgés de 14 à 19 ans;
  • 62,2 % étaient des femmes;
  • 70,8 % résidaient dans les MRC de L’Assomption et Les Moulins;
  • 93 % résidaient chez leurs parents;
  • 85,8 % se disaient en réussite éducative;
  • La majorité des répondants travaillaient entre 5 et 20 h par semaine;
  • 12,8 % travaillaient plus de 20 h par semaine;
  • 76,6 % se considéraient en équilibre dans la conciliation travail-études

 

 

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