Pratique sage-femme | Toujours méconnue 25 ans plus tard

  • Publié le 29 sept. 2024 (Mis à jour le 29 avr. 2025)
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Le 24 septembre 1999, la pratique sage-femme devenait une profession reconnue au Québec. Même 25 ans plus tard, ce type de suivi de maternité demeure méconnu des futurs parents. En effet, un sondage Léger réalisé pour le compte de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) en août 2024 a révélé que seulement le quart des Québécois (26%) savait qu’un diplôme universitaire était requis pour exercer le métier de sage-femme.

À l’occasion de ce 25e anniversaire, la Coalition pour la pratique sage-femme (CPPSF) se réjouit certes de la victoire collective, mais ne peut fermer les yeux sur les défis qui subsistent dans l’accès équitable aux services de sage-femme dans la province.

En effet, le gouvernement promettait en 2015 que 10% des suivis de maternité complets seraient assumés par une équipe de sages-femmes dès 2019. Or, les statistiques révèlent que seulement 4,5 % des femmes et personnes enceintes sont actuellement accompagnées par ces professionnelles de la santé.

Au vu et au su des résultats du récent sondage Léger, la Coalition estime que le manque d’informations transmises à la population n’est pas étranger à la lente progression des suivis sage-femme auprès des futures mères et de leur bébé à naître.

« Le ministère de la Santé et des Services sociaux a la responsabilité d’investir pour le développement de la profession. »

– Amaili Jetté, Regroupement Les sages-femmes du Québec.

Le même sondage mettait en lumière qu’un Québécois sur quatre ignorait que le suivi et l’accouchement avec une sage-femme sont des services couverts par le régime public d’assurance-maladie du Québec. Par ailleurs, seulement 16 % des personnes sondées savaient comment faire pour obtenir un suivi de grossesse et un accouchement avec une sage-femme. « Puisqu’on ne peut pas demander ce qu’on ne connaît pas, cette méconnaissance pèse lourd sur la capacité des familles à demander ce suivi et à connaître ses particularités », mentionne la CPPSF.

Pour sa part, la présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec, Amaili Jetté, rappelle que « le ministère de la Santé et des Services sociaux a la responsabilité d’investir pour le développement de la profession afin de réduire la méconnaissance et les défis d’accès. Après 25 ans de légalisation, il est grand temps que chaque femme ou personne enceinte ait accès à une sage-femme et à des informations complètes et justes pour faire un choix éclairé concernant son suivi de grossesse. »

De plus, au-delà de la méconnaissance du public entourant la pratique, un autre facteur inquiète la CPPSF. Il s’agit de l’accès inégal au service à travers la province. La coordonnatrice du Mouvement pour l’autonomie dans l’enfantement et porte-parole de la Coalition souligne : «de nombreuses régions, en particulier les régions rurales et éloignées des grands centres, ne disposent toujours pas de services de sage-femme, privant ainsi de nombreuses familles de l’approche de soins désirée. »

 

Dans la région de Lanaudière, les futurs parents qui souhaitent bénéficier d’un suivi sage-femme peuvent s’adresser à la Maison de naissance de Lanaudière, située à Repentigny. L’établissement a ouvert ses portes en mai 2021.

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