Samara Landry | Réussir coûte que coûte

(Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
(Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

À 18 ans, Samara Landry obtiendra en juin son diplôme d’études secondaires. Bien que parsemé d’obstacles, son parcours lui rappelle à chaque instant les efforts déployés pour parvenir à son but. Elle n’y changerait rien. Modèle de persévérance au sein de la communauté scolaire, l’étudiante au Programme Vente-Conseil du Centre de formation professionnelle des Riverains (CFP), à Repentigny, animera bientôt le Gala de la persévérance scolaire. Elle raconte son histoire.

« À partir de ma 5e année du primaire, j’ai été placée en classe d’adaptation scolaire. Ç’a toujours été amour/haine, ma relation avec l’école », confie Samara Landry. Changée d’école, éloignée de ses amis, la jeune fille se demande alors ce qu’elle a bien pu faire pour mériter un tel sort.

« Ce n’est pas un parcours normal, on s’entend. Ça fait mal au cœur parce que tu es tellement différent des autres. » C’est de cette manière qu’elle décrit les sentiments qui l’animaient alors. Car, au fond d’elle-même, Samara Landry aimait l’école. Elle aurait voulu exceller comme la plupart de ses amis. Or, malgré le travail acharné, les récupérations régulières le midi, les professeurs privés les fins de semaine et les cours de rattrapage l’été; rien n’y faisait. Samara se butait inévitablement à des échecs.

Virage nécessaire

Elle comprendra plus tard que sa transition vers l’adaptation scolaire, un parcours de formation adapté aux élèves en difficultés d’apprentissage, était nécessaire pour lui donner une chance de réussite. C’est donc le chemin qu’elle poursuivra jusqu’en 3e secondaire, avant de tenter un retour en classe régulière.

« Le cheminement de cette classe-là ne m’intéressait pas, je ne me voyais pas là », résume-t-elle. En effet, après 15 ans, le parcours d’adaptation scolaire amène les jeunes vers la Formation préparatoire au travail ou la Formation menant à l’exercice d’un métier semi-spécialisé (FMS).

Dans ce deuxième parcours, les élèves de 15 ans et plus terminent leurs matières de base de 1ère et 2e secondaire, tout en faisant deux jours de stage par semaine en milieu de travail. Les jeunes peuvent ainsi être amenés à pratiquer des métiers semi-spécialisés tels que préposé à l’entretien ménager d’édifices publics, aide-cuisinier, aide dans un atelier spécialisé dans les vitres d’automobile, aide dans un salon de coiffure, etc.

Ne jamais abandonner

Encore une fois, malgré toute sa bonne volonté et ses efforts, Samara Landry a vite réalisé que le programme régulier de secondaire 4 ne lui convenait pas. C’est donc à contrecœur qu’elle se tourne vers le FMS, où elle vit finalement une belle expérience. Pas question cependant pour elle de s’arrêter-là. Elle décrochera son diplôme, coûte que coûte.

« Je me suis toujours dit : je veux prouver que même si on va en adaptation scolaire, si on a des difficultés, on peut réussir », affirme-t-elle. C’est dans cet esprit de détermination qu’elle entreprend donc ensuite une Attestation de spécialisation professionnelle en Lancement d’entreprise, tout en poursuivant son secondaire au CFP des Riverains.

Après quoi elle découvre le Programme Vente-Conseil, un programme en concomitance destiné aux jeunes à risque de décrochage, offrant une dernière chance d’obtenir leur diplôme d’études secondaires. Elle y complète ses crédits obligatoires de 4e et 5e secondaire, tout en suivant un DEP en Vente-Conseil. Un modèle qui lui plaît et qui lui permettra de crier haut et fort : mission accomplie!

Réussir : un mot, mille définitions

Rayonnant d’une sagesse forgée au gré de son parcours, Samara voit l’ensemble de ses expériences scolaires comme des occasions de « remplir son bagage ». « Ç’a peut-être été plus long, mais toutes les choses que j’ai acquises sur mon chemin sont des choses que j’ai de plus que les autres sur un parcours normal », se plaît-elle à analyser.

À quelques mois de sa double graduation pleinement méritée et à quelques jours de son animation du Gala de la persévérance scolaire, Samara Landry souhaite inspirer et redonner espoir. « J’ai pensé que je n’y arriverais pas. Un moment donné, tu perds espoir en toi-même, mais il faut que tu croies en toi et que tu continues de te battre », lance-t-elle. Il n’y a pas, selon l’étudiante, de parcours qui se valent plus qu’un autre.

« Je pense qu’on se démarque, les personnes qui ont de la misère, mais qui réussissent. C’est nous qui brillons encore plus au final. La persévérance c’est de donner tout ce que tu peux, même si c’est difficile », ajoute-t-elle, les yeux pétillant de fierté.

Maintenant que sa route au secondaire s’achève, Samara Landry assure que ce n’est pas la fin. Elle compte aller encore plus loin. Si elle n’a pas de plan précis pour le moment, elle confie que le milieu de l’éducation l’attire. « J’ai toujours voulu redonner ce que j’ai eu. C’est probablement une voie, mais à voir… », dit celle qui s’estime choyée d’avoir été soutenue par sa famille, ses amis, mais également tout le personnel scolaire qu’elle a côtoyé au fil des ans.

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